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L’Éternel débat autour du MCU : Est-ce du vrai cinéma ?

C’est une question qui revient assez souvent dans les débats entre cinéphiles. Certains considèrent que non, le MCU et Marvel ne sont pas du cinéma tandis que d’autres trouvent leur compte cinématographiquement parlant dans les films du super-héros. Les anti-Marvel sont souvent assez incisifs. Le film de super-héros (sauf quelques rares exceptions) est un Blockbuster. Et pour beaucoup, blockbuster rime avec facilités scénaristiques, divertissement assumé et explosions à tout va. Les films du MCU, les Transformers, X-Men, Expendables, les franchises pour enfant comme les films Lego et one-shots comme Détective Pikachu, Tenet, Logan, Interstellar et bon nombre d’autres longs-métrages sont des Blockbusters.

Par définition, un Blockbuster est un film à gros budget, bénéficiant d’une énorme campagne publicitaire. C’est un terme aujourd’hui largement galvaudé et rendu péjoratif dans la culture du cinéma. Voir un Blockbuster signifie maintenant voir un film à gros budget, sans aucun bagage cinématographique important. Terme déjà faux aux premiers abords, puisque des Blockbusters offrant une plus-value au cinéma existent bel et bien (Les exemples les plus flagrants sont Mad Max Fury Road en 2015, Logan de James Mangold en 2017 ou encore la Planète des Singes Suprématie, lui aussi en 2017).

Pourquoi le MCU souffre-t-il de ce débat ?

Le cinéma c’est un groupement de codes visuels, scénaristiques et techniques. Une imbrication entre musique, prises de vues, scénario, jeu d’acteur… Il serait sans intérêt ici de redéfinir ce qu’est le cinéma tant il s’agit d’une liste importante de procédés complètement différents et qui ont participé historiquement, depuis les Frères Lumières, à ce qui correspond au cinéma aujourd’hui. Notre article sur l’histoire du cinéma Français, Georges Méliès et Ray Harryhausen pourront vous apporter quelques éléments cultes qui ont façonné le pourtour technique et artistique du cinéma. 

Le problème qui réside dans la déconsidération que certains aficionados du cinéma portent au MCU est simple. Beaucoup considèrent qu’une oeuvre cinématographique doit apporter une plus-value parce que le cinéma est un art (à juste titre). De ce point de vue-là, ces personnes qui déconsidèrent le MCU associent souvent un cinéaste, un film ou une saga à un style particulier. Tarantino a changé l’histoire du cinéma par son approche du film d’action, Gaspard Noé le change aussi car il tente de procurer, à chaque fois, des émotions viscérales au spectateur, s’amusant à exploser les cinq sens de ce dernier pour le rendre dépendant de l’histoire qu’il regarde. Noé fait très souvent fi de son scénario pour s’axer sur ce souhait. La colorimétrie de Lux Aeterna, l’ambiance de Climax, changent littéralement notre préhension d’un long-métrage traditionnel. Même si ces cinéastes là sont actuels, on associe toujours des saillances artistiques à des auteurs cultes du cinéma Français ou international. 

Méliès est le premier cinéaste à fournir des trucages dans ses films, de part l’utilisation de l’arrêt sur image et de la profondeur de champ. Louis Feuillade, a amené la technique du film découpé en plusieurs parties avec Les Vampires (1915), Bunuel frappe les spectateurs avec de l’expérimental dans “Un chien andalou” (1928). Des films qui restent quasiment inégalés aujourd’hui. La Grande Illusion de Jean Renoir (1937) restant notamment un must-see du cinéma de part sa capacité à construire des personnages richement servis par un scénario impeccable, et une façon dynamique de filmer des scènes de dialogues. Ce qui n’était auparavant que des films muets ou des moyens-métrages qui expérimentaient encore les techniques de champ-contre-champ ou de plongée/contre-plongée, que Renoir a réussi à complètement magnifier dans La Grande Illusion. Si nous prenons comme exemple le cinéma Français en particulier, c’est que les codes Américains restent quasiment les mêmes. Tout ça pour dire que l’association du “faux” cinéma avec le MCU vient essentiellement de là. Le cinéma est un art, et cet art doit apporter une plus-value ou faire “aussi bien” que les films qui ont façonné le cinéma (pour une partie du public).

En ce sens, beaucoup égratignent le cinéma contemporain et ses “dérives du Blockbuster abscon et cliché”, jugé moins impactant que celui du XXème siècle. Pourtant, comme toute période, toute époque, tout le monde peut trouver à boire et à manger dans chacun des styles, des thèmes du cinéma actuel. Mais vivons avec notre temps ! L’évolution de la société transforme les habitudes, les envies, les loisirs de la plupart des gens. Marvel Studios a vu juste au travers d’un besoin nouveau des gens : le divertissement. Même l’art le plus “élitiste” qu’était dès lors le cinéma pouvait accueillir le divertissement. Le problème dans tout cela c’est qu’on ne considère pas de la même façon un Armaggeddon d’un Michael Bay qu’un Seul sur Mars de Ridley Scott par exemple, alors que les deux reprennent le même style et les mêmes codifications cinématographiques. 

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Pas de cinéastes d’auteur chez Marvel ?

C’est le reproche qui fuse assez souvent, et qui est assez infondé. Beaucoup argueront que Marvel et Disney obstruent la vision des cinéastes engagés sur chaque films. Il n’y a qu’à le constater : Edgar Wright a été viré d’Ant-Man pour être remplacé par Peyton Reed, Derrickson est parti de Doctor Strange 2, mais pourquoi prendre pour constat seul deux faits isolés ?

En vérité, Marvel a toujours laissé place nette à ses auteurs. Thor (2011) de Kenneth Branagh, c’est du Kenneth Branagh, point. Avec Bill Condon, Branagh est l’un des cinéastes qui accorde le plus de crédit aux costumes et aux décors dans ses films. Une passion et un axe primordial où le cinéaste peut articuler son langage cinématographique qui n’est pas venu au hasard. Branagh a en effet commencé sa carrière au théâtre vers les années 1983 jusqu’à fonder sa propre compagnie baptisée la Renaissance Theatre Company. L’axiome de Thor se fondait vers la découverte d’un paysage totalement fictif (“Asgard”) avec une civilisation aux coutumes et aux costumes différents de nous. Et cela se marie particulièrement bien avec les centres d’intérêt de Branagh. Il n’y a qu’à voir le reste de sa filmographie pour le constater (Cendrillon, Le crime de l’Orient-express, Artemis Fowl, Hamlet, La flûte enchantée) ne sont que des films où les costumes sont un élément capital pour le réalisateur. 

James Gunn est aussi une preuve que les films du MCU peuvent comporter des regards d’artistes en marge. Si les Gardiens de la Galaxie vol.1 et vol.2 comportent le même schéma de successions des événements que bon nombres d’autres Marvel hors-Avengers, son regard sur ce versant super-héroïque n’est pas à disjoindre complètement de sa filmographie. Par exemple, la tonalité du film Super (2011) est assez semblable aux Gardiens de la Galaxie, même si l’expression de la satire par Gunn a connu un léger embargo, dû à la volonté de Marvel de garder des films PG-13 pour son MCU

Inutile ensuite de dire que Ryan Coogler (Black Panther) et Taika Waititi (Thor : Ragnarök) ont su imposer leur vision cinématographique sans difficulté dans ce MCU. Concernant le traitement de Thor, Marvel aurait pu capitaliser sur un futur du personnage dans la lignée des deux premiers films assez moyens sur le dieu du tonnerre, mais a finalement pris le risque de prendre un virage à 180° qui aura finalement payé. Et si Thor : Ragnarök n’aura pas été une transcendance visuelle (il faut d’ailleurs arrêter de critiquer des films parce qu’ils n’ont simplement pas de travellings DE OUF ou des plans-séquences DE MALADE), il aura marqué de son empreinte le MCU et le cinéma contemporain à sa façon : En proposant une satire du super-héros archétypal et en ayant eu la folie de déconstruire totalement un personnage présent dans son univers depuis plusieurs années. 

Donc si le terme “cinéaste d’auteur” paraît peut être un peu excessif, il y a de vrais créateurs chez Marvel, qui ont changé les choses à leur façon.

De toute façon, c’est un peu le risque dans une saga cinématographique. Si on associe un cinéaste à une empreinte, une particularité, un style (Neill Blomkamp par exemple, avec sa shaky-cam, sa photographie très jaunâtre, sa particularité à mettre au coeur de son intrigue la diversité en marge des autres dans les films District 9, Elysium ou Chappie), il paraît évident que la pléthore de cinéastes qui se sont succédés dans le MCU ne peuvent pas tous mettre en avant une patte artistique commune, ou trop différente des films établis auparavant. 

Ne serait-ce que par ces différents exemples, on pourrait déjà conclure sur tout un pan de ce débat, qui reste assez vague. Beaucoup d’éléments différents peuvent être invoqués par attaquer ou défendre Marvel. Mais que cela ne plaise ou non à certains, le Marvel Cinematic Universe a réussi à marquer son temps en proposant une nouvelle façon de consommer le cinéma et certains des auteurs de cette saga ont malgré tout réussi à inscrire leurs productions dans une vision cohérente si l’on regarde chacun leur filmographie. L’enjeu de savoir si Marvel va tuer ou non le cinéma est ensuite propre à chacun. Le MCU fait donc partie du cinéma, même si il en propose une porte d’entrée qui diffère des autres. Et le propre dans une société où chacun peut se construire et évoluer à sa guise, c’est que l’on peut tout autant consommer des films dits “élitistes” qui ont marqué l’histoire du cinéma et ne pas déprécier le divertissement. 

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