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Analyse rétrospective

Histoire du Cinéma Français – Rétrospective

Analyse rétrospective sur l’histoire du cinéma Français des Lumières à la Nouvelle-Vague Française.

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Aujourd’hui, lorsque nous parlons de Cinéma Français, de nombreux exemples de films nous viennent en tête. Des essais de films Fantastiques Français comme dernièrement Seuls (2017) de David Moreau, les comédies Françaises populaires ou les drames / thriller plus sombres, le cinéma Français connaît un essor, une hausse croissante des moyens financiers permettant à l’hexagone de bénéficier d’un plus grand panel de possibilités artistiques. Mais aujourd’hui j’aimerais revenir avec vous sur les origines et l’histoire du cinéma Français. Car avant un business lucratif, le cinéma Français est passé par de multiples stases historiques qui l’ont fait perpétuellement évoluer. Attardons-nous sur la période qui se situe des tout-débuts du Cinéma Français jusqu’à la fin de la nouvelle vague portée par de nouveaux cinéastes de l’époque (Godard, Truffault, Chabrol…), faisons l’illustration complète de l’évolution de notre cinéma durant une grande partie du Xxème siècle.

Le cinéma, ce n’est plus un secret, naît officiellement en 1895 sous la coupe des Frères Lumières. Inventeurs du cinématographe en fin d’année 1894 (descendant officiel du kaleidoscope de Thomas Edison), le Lumières sont les véritables géniteurs du cinéma tel qu’on le connaît aujourd’hui. C’est dès le 28 Décembre 1895 que commencent les premières projections cinématographiques publiques. Les films projetés sont diverses et variés mais sont essentiellement composés à 98 % d’un cinéma très descriptif et documentaire. Des films comme « Sortie d’une usine », « Repas de bébé » ou encore « Baignade en mer » sont des documentaires empreints d’une technicité assez classique, à savoir l’utilisation de travellings panoramiques et de plans fixes contemplatifs. Cette nouvelle technologie qu’est le cinéma provoque l’effervescence des foules. Tous considèrent l’art des Lumières comme une attraction spectaculaire notamment avec le film « L’arrivée du train à La Ciotat », long-métrage qui filme un train sous un angle optique qui nous laisse suggérer que ce dernier traverse l’écran. Les spectateurs sont les premiers surpris de ces effets de représentation du réel grâce au 7ème art.

Si les Lumières ont engrangé et permis l’essor du cinéma, Georges Méliès (1861) est celui qui a su expertiser encore plus le métier. À ses débuts, Méliès était un magicien et un illusionniste. C’est un talent que le réalisateur tentera de faire coïncider avec les leitmotivs de ses propres longs-métrages. Particulièrement attentif aux progrès techniques de l’image animé, Méliès assiste le 28 Décembre 1895 aux premières projections du cinématographe des Lumières. Négociant activement avec ces derniers pour tenter de le racheter mais sans succès, Méliès finit par inventer sa propre caméra, le kinématographe, en 1896. Il tourne dans la foulée son premier film, « Une partie de cartes » (1896).

Ce film lance littéralement le début de l’industrie Méliès. Ce dernier rachète un studio à Montreuil où il y établit son atelier de prises de vues. Friand des mécanismes magiques d’apparition/disparition, Méliès fait installer dans son studio des trappes et diverses cachettes permettant d’effectuer des apparitions magiques. Il souhaite que ses films prennent une dimension de tours de magies fantastiques à grand spectacle. Ainsi, des films comme « Escamotage d’une dame » (1896) est fondé sur la surimpression et le laisser-penser à de multiples hypothèses interprétatives ou encore « Le locataire diabolique » (1909) fait coïncider fantastique et farce théâtrale grâce à la grande mobilité des décors et des personnages (On le rappelle que les décors de Georges Méliès sont souvent des toiles ou du carton, ce qui permet d’obtenir des arrières-plans mobiles).

Mais c’est évidemment le plus célèbre des films du réalisateur, « Le voyage dans la lune » (1902) qui sera le premier grand triomphe du cinéma populaire et le géniteur primaire de la science-fiction. Produit par la Starfilm (société de production de Georges Méliès créée en 1896), le court-métrage est inspiré de plusieurs histoires comme « De la Terre à la lune » de Jules Verne ou encore « Autour de la Lune » de H.G Wells (notamment en ce qui concerne les personnages des Sélénites). Pour la figuration de son court, Méliès emploie Bleuette Vernon (une chanteuse de music-hall), des danseurs à corps du châtelet et, pour les Sélénites (monstres lunaires), des acrobates des folies bergères. Il prend le soin de n’appeler que des professionnels du monde du spectacle, comme lui dans un sens. Plus de 18 décors et 29 tableaux sont nécessaires pour l’enchaînement des actions, qui passent des toitures d’une ville où sera lancée la fusée pour la lune à notre satellite lui-même où se trouve les Sélénites en passant par le tribunal où se joue la scène initiale du voyage dans la Lune, porté par un Méliès aussi acteur, grimé en professeur Barbenfouillis. Dans ses techniques de réalisation, le cinéaste utilise principalement le plan d’ensemble mais aussi des cadrage plus ciblés comme par exemple celui de l’obus. Malgré ces réussites et ces succès, la Starfilm arrête ses productions en 1912.

Dès lors s’éveille l’éclosion d’un homme, Charles Pathé (1863-1957). Il s’agit du premier homme qui fait du cinéma une industrie (dont l’industrie existe, d’ailleurs, toujours aujourd’hui). Ils construisent (avec l’ingénieur Henri Joly) un appareil permettant d’enregistrer et projeter des films qu’ils nomment « Eknétographe ». La « société » n’est encore qu’embryonnaire avec un capital de départ de 40 000 francs avec des ateliers de production à Vincennes. Soutenu par Grivolas, un financier, et une banque, la société Pathé-Frères naît officiellement le 28 Décembre 1897 avec un capital d’environ un million de francs. Pathé construit des usines de pellicules (1901 à 1904) et permet, sur la même période, l’arrivée de premières succursales à l’étranger (notamment Berlin, Vienne, Milan, Londres, New-York…) Il s’agit dès lors, des prémices de l’exportation commerciale du cinéma tel qu’on la connaît actuellement. Exportations que réalise toujours aujourd’hui la société Pathé, notamment avec la diffusion de Raid Dingue (2017) de Dany Boon en Chine. En 1900, Charles Pathé engage Ferdinand Zecca comme directeur artistique qui permettra la création de 70 films en 1901, 350 en 1902 et 500 en 1903. L’année 1905 est une année charnière puisque Zecca engage Max Linder, qui révolutionne le comique muet du cinéma d’autrefois. Dans « Le chapeau de Max », court-métrage de sa création sorti en 1913, Max Linder se met en scène dans un burlesque à la Charlie Chaplin. Le film est muet et est composé de plans fixes avec des apartés narratifs comme peut le faire Louis Feuillade quelques années après. S’engage alors, dans le rythme du film, un effet cyclique avec des enchaînements de gags qui se répètent perpétuellement. Le personnage de Max est un mondain catastrophique, souvent ivre mais toujours digne.

Lors de la période des années 1908 jusqu’au années 20, le cinéma muet est un théâtre du silence. Les personnages peuvent s’exprimer par le biais de gestes, il propose la polysémie des images. Chez Feuillade, la parole est remplacée par des sous-titres qui ont une fonction narrative (comme dans « Les vampires » et « Juve contre Fantomas »). D’ailleurs, les leitmotivs de Feuillade se répercutent dans ce dernier film cité. « Juve contre Fantomas » est composé principalement de sous-titres ou un cadre correspond à une action avec des plans discursifs assez longs. C’est un film policier avec la même scénographie que « Les vampires ». Les personnages principaux sont souvent au centre du cadre. Les coins de l’image sont obscurcis pour concentrer l’image dans la focale. Cette période est aussi une période où l’on s’ancre beaucoup plus dans le réel avec de légères colorations fantastiques. C’est notamment le cas avec l’émergence du film policier Fantastique porté des cinéastes comme Léonce Perret ou Victorin Jasset. Louis Feuillade dans « L’art du vrai » (1911) annonce notamment que « Ces scènes veulent être et sont des tranches de vie ».

Mais avec la première guerre mondiale, le cinéma subit la guerre de plein fouet (notamment à cause de la fermeture de succursales par Pathé ou l’engagement dans l’armée de Max Linder). On assiste en même temps à la naissance de films patriotiques tout en même temps que l’émergence de cinéastes tels que Louis Delluc, Abel Gance avec « Mater dolorosa » (1917) ou Marcel L’herbier (1918) avec « Vendémiaire ».

Dans les années 20, le cinéma Français vit une renaissance globale. On assiste au démantèlement global de l’usine Pathé-Frères. Quand à Gaumont, la société réussit à s’en tirer grâce à la série « Pax » (1918) et les films de Marcel l’Herbier. Devant le mastodonte Américain qui émerge, le cinéma Français devient plus commercial. Des cinéastes comme Delluc, Dulac et Epstein sont les portes-paroles d’un cinéma authentique dégagé du théâtre et des mauvais scénarios historicos-littéraires. Tout en restant dans cette optique d’authenticité, Jean Renoir émerge à son tour en fin de période du cinéma muet et, avec « La fille de l’eau » (1924), s’échappe du carcan de production commercial standard. Il est tout aussi notable de souligner qu’en 1923-1924 émerge aussi un surréalisme et un esprit dada avec notamment « Un chien andalou » de Luis Bunuel (1928) que tente de reproduire Man Ray ou Ferdinand Léger.

C’est le 6 octobre 1927 avec « The Jazz Singer » d’Alan Crossland que l’on a le premier film parlant. Léon Gaumont travaille ainsi sur un procédé de sonorisation qui permet à Gaston Ravel de proposer le 22 Octobre 1929, le tout premier film parlant Français : « Le collier de la reine ». Selon Henri Clerc, cette évolution du cinéma est due au fait que « trop de films ne sont qu’un théâtre photographié ». C’est à ce moment que des cinéastes choisissent de dépasser ce théâtre filmé. Sacha Guitry avec « Ceux de chez nous » (1915) intègre du parlant à son film tout en montrant un mépris écrasant pour cette évolution technique qui n’a pas encore eu lieu. Le cinéma Français des années 30 tombe ensuite dans un réalisme trop austère ou la plupart des scénarios et des mises en scène sont considérées comme étant insuffisantes. Entre 1933 et 1934 émerge toutefois « L’atalante » de Jean Vigo. Ce dernier tourne le dos à la veine littéraire qui triomphera dans le meilleur du cinéma de l’avant-guerre.

Mais cette période est aussi l’émergence de Jean Renoir qui connaît l’apogée de sa carrière avec « La grande illusion » et « La règle du jeu » (1939). « La grande illusion » regroupe des artifices techniques intéressants car Renoir joue différemment avec les travellings, les plans rapprochés et les plans fixes qui réussissent à capter différents personnages dans un même plan. La différence des dialogues et du jargon est aussi une spécialité de Renoir qui axe ses parti-pris de réalisation autour de trois axiomes :

  • La longueur relative des plans pour rendre compte de la complexité du réel. Les plans allient action et dialogues.
  • La profondeur de champ
  • Le polylinguisme (comme soulevé précédemment).

« La grande illusion » joue aussi très souvent sur le hors-champ ou sur les plans iconiques. La confrontation entre Boldieu et Ruffenstein en extérieur avant que ce dernier ne lui tire dessus en est l’exemple le plus représentatif grâce à un jeu de plongée/contre-plongée couplé à un champ contre champ qui dynamise ces échanges et ces dialogues entre les deux protagonistes du film de Renoir. « La règle du jeu » quand à lui, préfigure le basculement du monde vers le chaos de la seconde guerre mondiale puisque les fourberies de la classe bourgeoise conduisent à la mort tragique d’André Jurieux, le personnage central du film.

Sous l’occupation Allemande de la seconde guerre mondiale, le cinéma Français se veut en danger mais continue de fonctionner néanmoins. Après un gel du cinéma, le 26 Octobre 1940 naît le Comité d’organisation des industries du cinéma (COIC) qui encadre désormais les films (et qui deviendra le CNC en 1946). Les films servent en effet à Vichy à diffuser les valeurs de la Révolution Nationale. On assiste dès lors à une fuite des talents Français (Renoir, Clair, Duvivier…) ainsi qu’à une projection de films acceptés par la censure de Vichy. Ce sont des cinéastes comme Guitry, Pagnol et Gance qui garantissent la continuité d’un cinéma Français même sous le joug Allemand. Mais certains films basculent néanmoins dans la polémique avec notamment « Éternel retour » (1943) de Jean Delannoy qui est accusé d’idéaliser les jeunesses Hitlériennes. En revanche, Jacques Becker, proche de l’équipe de Renoir reste sous Vichy et débute sa carrière cinématographique en 1942 avec des films comme « Derniers Atouts », « Goupi mains rouges » ou « Falbalas ». En fin de guerre, Clouzot avec « Les corbeaux » (1945) signe une œuvre polémique qui dénonce le dédain et le mépris des médecins par le biais d’un écrivain de lettres anonymes. Corruption et enquête sont au cœur de ce film qui dénonce les dérives d’une classe plus aisée que les autres.

On a ensuite un objectif de reconstruire le cinéma après la guerre. Désormais, le CNC encadre le cinéma sur le plan législatif et réglementaire sous l’autorité d’un ministre. Le 28 Mai 1946, l’arrangement Blum-Byrnes permet d’acter des alliances entre pays pour la pérennité du cinéma. Les cinéastes les plus importants de cette période restent des cinéastes confirmés comme Pagnol, Renoir avec son « french Cancan » (1954), Clair avec « Le silence est d’or » (1946) et Duvivier avec « Pot-Bouille » (1957). Cette période permet aussi l’émergence de nouveaux cinéastes comme Jean Cocteau ou Jacques Tati avec « Jour de fête » (1949) qui impose un comique Keatonien avec des jeux de géométries.

Pouaaaaah, cette chronique est trop longue !

Attardons-nous sur « Jour de fête ». Petite révolution dans le cinéma comique, le film de Tati regorge d’ingéniosités techniques. Variant entre les plans fixes et les travellings, le film de Tati se construit sur une scénographie structurée. Dans un même cadre, on peut réussir à capter deux personnages qui sont distancés. On a aussi la présence d’un jargon villageois propre au style de Renoir mais reconduit aussi, une superposition des dialogues qui font vite s’enchaîner les quiproquos en même temps que le flux de l’image grâce à de rapides cuts de plans pour dynamiser les avancées du facteur. « Jour de fête » joue aussi grandement sur plusieurs types de comiques : Le comique de situations (drapeau ou lors du plan fixe du facteur avec le tuyau d’arrosage), de gestes (maison du mort) ou de parole avec l’omniprésence du jargon campagnard. Il y a aussi un jeu d’apparitions/disparitions dans le cadre. Le héros de « Jour de fête » est inspiré par la méthode productiviste Américaine. On a une représentation du système de Taylorisation, la modernité dans la société Française. Le facteur s’apparente au Don Quichotte (Il joue sur la raideur et la souplesse du personnage). On obtient une critique du facteur fonctionnaire, souvent simple d’esprit.

Vient ensuite à partir de 1958, la nouvelle vague. On constatait que le cinéma vieillissait. Les Renoir, Guitry, L’Herbier n’étaient plus tout jeune, il fallait la nécessité d’une relève. Les cinéastes de la nouvelle vague ont libéré le cinéma de plusieurs contraintes :

– Ils l’ont libéré des difficultés financières, tournant parfois avec peu de revenus.

– Ils se sont libéré des multiples censures.

– Ils se sont libéré des studios pour tourner essentiellement en extérieur.

Par exemple, Alain Resnais avec « Hiroshima mon amour » est la mémoire incandescente de la guerre. On retrouve l’horreur du feu nucléaire et la douleur intime et longtemps inavouable d’une jeune Française coupable d’avoir aimé un soldat Allemand. Jean-luc Godard lui aussi désagrège toutes les conventions normalisées du cinéma. Il table déjà l’histoire d’ « A bout de souffle » dans un arc temporel linéaire sur trois jours. Le film est un véritable succès populaire mais se distingue par du renouveau technique. Le tournage déjà, a seulement eu lieu en 21 jours. Le film a été réalisé comme un reportage. On a pas de travellings sur rails, exit le professionnalisme d’antan on tombe dans du traditionnel caméra à l’épaule pour accentuer l’impression de réalité. D’ailleurs, Godard privilégie les décors naturels au profit des studios. On a aussi une absence de bande-son, Godard maximisant la présence de bruits du réel pour rendre le tout plus authentique. Quand aux cuts sur un même plan, ils remplissent diverses fonctions :

1. Produire un raccourci dans les films

2. Accélérer le rythme du film

3. Prendre en charge une certaine pudibonderie (notamment pendant les scènes de sexe qui sont censurées).

Godard a aussi recours a de longs plans-séquences (notamment celle de la scène entre Michel et Patricia dans la chambre d’hôtel) pour illustrer la longueur de la séquence, la faute a un dialogue de sourd entre les personnages. L’argot du film est, quand a lui, non retravaillé, mais Godard exploite la gouaille de Belmondo. Il utilise le franc-parler de l’époque et des mauvais jeux de mots (« Maintenant je fonce Alphonse »).

Dans un registre similaire, Truffaut porte attention à un réalisme attentif et est sensible aux émotions de l’adolescence et aux petits drames du désamour comme dans « Tirez sur le pianiste » en 1960. Avec des films comme « L’Enfant Sauvage », Truffaut bascule dans un cinéma plus didactique. Enfin, Claude Chabrol avec « Les Cousins » (1959) rit et dénonce les méandres d’une société mondaine en la tournant en ridicule.

Ainsi, nous voyons que le cinéma Français est passé par de multiples stases évolutives. Le cinéma tel qu’on le connaît aujourd’hui, on le doit à ces figures. Guitry, Méliès, Renoir… Tous ont fait évolué le 7ème art vers des cinéastes actuels tel que Luc Besson ou Eric Lartigau, qui perpétuent aujourd’hui l’art cinématographique Français.

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Analyse rétrospective

Franck Dubosc – Une fin de parcours inévitable ?

Analyse : Un itinéraire en chute libre ?

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Frank Dubosc
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Tout le monde (ou presque) connait Franck Dubosc. Né le 7 Novembre 1963, il est le maître étalon du stand-up Français entre les années 2000 et 2010 avec d’autres humoristes comme Jean-Marie Bigard ou Gad Elmaleh. Se lançant aussi dans le tournage de plusieurs grosses productions Françaises de comédies populaires, il devient un acteur important du milieu. Ses prestations sont toutefois assez souvent décriées (comme les films où il tourne de façon générale) mais tous ses premiers long-métrages cartonnent chez le public familial.

Disco (2008) : C’est 2 435 000 entrées !

C’est le succès phénoménal de Camping, de Fabien Onteniente (5,5 millions d’entrées) et son rôle désormais culte de Patrick Chirac, qui le propulse sur le devant de la scène. Il participera ensuite au fiasco critique du film Astérix aux jeux olympiques qui totalisera 6,8 millions d’entrées en France. S’enchaîneront ensuite les petits succès d’estime de Disco et d’Incognito (1,3 millions d’entrées). Franck Dubosc tutoie donc toujours les sommets et le succès qui vont avec même si ses performances d’acteurs sont toujours un fil rouge de critiques que l’on retrouve sur Allociné, Senscritique et des magazines plus professionnels.

Mais Camping, avec la sortie du second volet en 2010, se dévoile assurément comme le matelas de sûreté du comédien. Le second volet cartonne une nouvelle fois (4 millions d’entrées) malgré des critiques qui tirent à boulets rouges sur le long-métrage, une nouvelle fois mené par Fabien Onteniente.

All Inclusive : Les prémices d’une fin annoncée.

La période post Camping 2 permet à Franck Dubosc de multiplier les films avec un certain succès à la clef : Bienvenue à Bord (2011, 1.5 millions d’entrées) ; Les seigneurs (2012, 2.9 millions d’entrées) ; Boule et Bill (2013, 2 millions d’entrées) ; Fiston (2014, 2 millions d’entrées) ; Barbecue (2014, 1.6 millions d’entrées) ou encore, Bis de Dominique Farrugia (1.5 millions d’entrées). Les succès se multiplient, jusqu’à un accident critique notoire…

Camping 3 : Vers la fin d’une « immunité » ?

Camping 3 est sorti en 2016, toujours sous la houlette de Fabien Onteniente avec Franck Dubosc dans le rôle titre de Patrick Chirac. Etant donné qu’il n’y a pas de scénario comparé aux deux premiers volets, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir vous résumer ce qui s’y passe d’intéressant. Camping 3 s’est pris une violente claque critique. Le succès à toutefois été au rendez-vous (3,2 millions d’entrées), mais le film a causé polémiques sur polémiques.

Présenté en avant-première au Marrakech du rire, plusieurs spectateurs sont choqués de l’humour vaseux de certaines scènes et quittent la salle en pleine projection. Le film se voit au final frappé d’une interdiction aux moins de 16 ans au Maroc. La presse ne tarit pas de critiques aussi sur le film. Elles reprochent son absence abyssale de scénario, les blagues douteuses faites sur les homosexuels et les handicapés ainsi que des gags et des punchlines complètement beaufs, dépassées et même plus drôles.

Chez Geeks Lands, on s’inscrit dans cette logique là. Le cinéma d‘Onteniente, selon notre propre avis, n’a jamais été un grand cinéma. Il s’agit toujours pour le réalisateur de mettre en scène le basique, avec rien de neuf, et une dimension technique proche du téléfilm. Il est certain que Camping 3 n’apporte strictement RIEN à cette « trilogie » puisque on ne raconte RIEN. Sauf qu’au cinéma, si rien n’est fait pour accrocher le spectateur, alors le spectateur s’ennuie. Onteniente tentera de récidiver sa thématique artistique (film dans un club de vacances) avec All Inclusive (2019) qui se prendra un méchant tollé, cette fois-ci commercial.

Déroute éclatante pour « Toute ressemblance » (2019) : 108 000 entrées.

A la suite de la déroute Camping 3, Franck Dubosc enchaîne les déconvenues à gros budget. Boule et Bill 2 cumule 483 000 entrées, qui fait du film un échec commercial compte tenu de son budget de 15,4 millions d’euros. All Inclusive se rate aussi avec 814 000 entrée (5,8M de recettes pour un budget lui aussi de 15,4M). Enfin, Toute ressemblance est lui aussi un collatéral loupé.

Enfin, pour une raison toute particulière, rien ne semble perdu pour l’acteur et humoriste.

Tout le monde debout (2018) : Vers un changement de casquette ?

Succès critique et commercial important pour son premier film comme réalisateur.

Tout le monde debout, c’est le premier film de Franck Dubosc avec la double casquette d’acteur réalisateur. Voici le résumé :

Égoïste et misogyne, Jocelyn, un homme d’affaires à qui tout réussit, tombe sous le charme d’une voisine de sa mère, Julie. À la suite d’un malentendu, il est amené à utiliser un fauteuil roulant et à se faire passer pour une personne handicapée afin de la séduire. Le gros souci, c’est quand celle-ci lui présente sa sœur Florence… elle-même paraplégique.

Le film se veut profondément touchant et émouvant. Petite comédie romantique sans prise de tête, la réalisation s’amuse des clichés et s’en détache aisément. Franck Dubosc fait une caricature de lui-même et ne s’épargne pas au travers de son personnage, preuve d’une auto-dérision qui est bien présente. Le film véhicule d’autant plus, un beau message. Tout le monde debout est donc encourageant pour la suite des événements et peut être que le comédie devrait effectivement penser à changer de casquette, puisque celle de réalisateur semble lui aller à ravir (même si, après un seul long-métrage à son actif, il est encore trop tôt pour juger…)

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Top 10 films 2019 d’un membre de la rédaction

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Un membre de la rédaction vous propose son top 10 films de 2019. N’hésitez pas à proposez votre point de vue sur ce top en commentaire ainsi que le vôtre !

Outsiders : Avengers Endgame des Frères Russo et Bienvenue à Marwen de Robert Zemeckis

En soi, Avengers Endgame marque la fin du MCU tel qu’on l’a connu. Et même si le film prend cent fois moins de risques qu’Infinity War, ce retour dans le passé fait beaucoup de bien. Un divertissement grand spectacle efficace. Pour ce qui est de Bienvenue à Marwen, c’est un peu plus difficile à expliquer. Il s’agit d’un film qui prend à contrepied le message véhiculé par les trailers. C’est un long-métrage très pessimiste, très douloureux, mais qui est d’une beauté organique tellement extraordinaire. Là aussi, Zemeckis semble livrer le condensé de toutes ses précédentes œuvres…

Notre critique d’Avengers : Endgame est ici. Vous pouvez retrouver mon avis détaillé sur Bienvenue à Marwen !

10 – Xmen : Dark Phoenix de Simon Kinberg (5 Juin)

Fracassé par les critiques, remonté à la va-vite, humilié au box-office… Ce dernier film sur les mutants campés par Michael Fassbender, Jennifer Lawrence ou encore James McAvoy a unanimement été qualifié d’échec artistique et commercial. Pourtant, la noirceur du récit et la tension omniprésente qui entoure nos héros se révèle hyper efficace. On a le sentiment que personne n’est à l’abri. La mise en scène léchée et la musique soignée nous permettent de ressentir cette dernière aventure des Xmen comme un « jugement dernier ». Seul les antagonistes un peu bidons font perdre de l’impact à ce long-métrage, où la méchante aurait dû être uniquement Jean Grey.

9 – À couteaux tirés de Rian Johnson (27 Novembre)

Forme de Cluedo grandeur nature, Rian Johnson livre un petit film à la mise en scène sobre et efficace, avec un suspens haletant qui ne cesse de surprendre son spectateur au travers de détours dramatiques et de secrets narratifs complètement fous. Le tout est porté par une pléiade d’acteurs formidables (Daniel Craig, Chris Evans, Ana de Armas, Toni Collette, Michael Shannon, Christopher Plummer pour ne citer qu’eux). 

8 – Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino (14 Août)

Surprenant puisque Quentin Tarantino a une mise en scène et une manière de penser et concevoir ses films assez radicale. Cela ne plait pas à tout le monde (encore moins à quelqu’un comme moi). Pourtant, et cela semble être la grande mode cette année, lui aussi se permet de créer une fresque rétrospective de son cinéma, cumulant les références avec intelligence, maturité, soin et maestria. Le cynisme et l’humour densifient la réussite du scénario dont les grandes envolées lyriques des différents personnages ne servent pas juste qu’à mépriser le spectateur. Du très grand art, oui carrément. Notre critique ici !

7 – Edmond d’Alexis Michalik (9 Janvier)

Une surprenante réussite ! A partir d’un sujet casse-gueule qui ne peut pas plaire à tout le monde, Alexis Michalik livre une œuvre décapante et fidèle à la retrancription de l’époque d’Edmond Rostand. Le réalisateur parvient à rendre le tout dynamique en modernisant l’humour. Thomas Solivérès livre une performance remarquable et remonte la pente après un désastreux « Spirou et Fantasio ». Avec « Le mystère Henri Pick », Edmond prouve que la comédie Française peut réussir à être fraîche, divertissante tout en étant intelligente. 

Résumé : Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ». 

6 – Joker de Todd Philipps (9 Octobre)

Joker de Todd Philipps, c’est probablement l’OFNI qui aura marqué de son empreinte l’année 2019. Plus un film psychologique qu’un film de super-héros, il propose une vision d’auteur époustouflante sur l’origin story du Joker. Grand favori pour la course aux oscars, Joker est aussi à couvrir de louanges pour l’énorme performance de Joaquin Phoenix. Mon avis en vidéo est à retrouver ici !

5 – Music of my life de Gurinder Chadha (11 Septembre)

Typiquement le genre de feel-good movie qu’il faut voir si vous êtes dans une mauvaise passe. « Music of my life » vous pousse à la créativité, à la joie de vivre et à l’unique ambition d’être heureux. La réalisation détonne et se dévoile au rythme des musiques rocks de Bruce Springsteen. Un super film à voir de toute urgence ! Critique ici !

Résumé : 1987, Angleterre.
Javed, adolescent d’origine pakistanaise, grandit à Luton, une petite ville qui n’échappe pas à un difficile climat social. Il se réfugie dans l’écriture pour échapper au racisme et au destin que son père, très conservateur, imagine pour lui. Mais sa vie va être bouleversée le jour où l’un de ses camarades lui fait découvrir l’univers de Bruce Springsteen. Il est frappé par les paroles des chansons qui décrivent exactement ce qu’il ressent. Javed va alors apprendre à comprendre sa famille et trouver sa propre voie…

4 – Green Book : Sur les routes du sud de Peter Farrelly (23 Janvier)

Vainqueur à l’unanimité des Oscars 2019, « Green Book » mérite amplement ce titre. Porté par deux acteurs exceptionnels, ce film est une vaillante comédie qui parvient à émouvoir et à captiver son spectateur autour de son duo de personnages, tout en distillant de précieux messages contre le racisme et pour l’amitié ! Une réussite totale !

Résumé : En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité. Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.

3 – Creed II de Steven Caple Jr (9 Janvier)

Il est peut être moins puissant émotionnellement que celui sorti en 2016 mais reste terriblement galvanisant. Creed 2 délivre un message très costaud sur les difficultés de la vie et offre une réalisation prenante où le parcours d’Adonis Creed peut résonner avec chacun d’entre nous. Le long-métrage permet aussi une sortie de route en douceur pour notre bon vieux Rocky. Diablement efficace ! 

2 – Hors Normes d’Eric Toledano et Olivier Nakache (23 Octobre)

Il est de mon humble avis que le duo de réalisateurs Français vient de frapper encore plus fort qu’Intouchables. Humain, modeste, poignant, authentique, fort, bien joué, terriblement actuel et réel… Le long-métrage est un regard important sur notre société. Une fresque héroïque de ceux qui œuvrent au quotidien pour que tout le monde puisse vivre dignement. L’une de mes plus grosse claque de la décennie de la part du cinéma Français. 

Le résumé : Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.  

1 – Proxima d’Alice Winocour (27 Novembre)

Un film riche, personnel, touchant, profondément bien joué, extrêmement bien réussi et dont la modestie des moyens se marie parfaitement avec le sublime scénario. Un film qui aura marqué à vie ma vision du cinéma. Proxima est à courir voir si vous ne l’avez pas encore vu. Eva Green livre une performance renversante tout comme la jeune actrice Zélie Boulant-Lemesle.

Le résumé : Sarah est une astronaute française qui s’apprête à quitter la terre pour une mission d’un an, Proxima. Alors qu’elle suit l’entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d’hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans. 

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Analyse rétrospective

Gros doss’ – Pourquoi La vie rêvée de Walter Mitty est un film qui fait du bien…

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La vie rêvée de Walter Mitty (The Secret life of Walter Mitty en V.O) est un film réalisé par Ben Stiller et sorti le 1er Janvier 2014. Petit succès critique et commercial d’estime (188M de dollars de recettes pour un budget initial de 90M et 970 000 entrées en France), le film à depuis, très vite disparu des radars. Basé sur le livre initial de James Thurber, « La vie rêvée de Walter Mitty » raconte l’histoire de Walter Mitty, un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Il doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il va embarquer alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.


L’unique souhait de revenir sur ce long-métrage assez ancien désormais (qui va avoir quasiment 6 ans) est sans équivoque. A l’instar du film « Beauté Cachée » de David Frankel, que nous avons précédemment traité sur notre site, « Walter Mitty » reste, à un degré moindre du film porté par Will Smith, profondément mal-aimé et profondément oublié, alors que tout le halo positif qui règne à l’intérieur de ce long-métrage mériterait à juste titre de plus grandes louanges.

Durendal, youtuber cinéma, dans son avis sorti en 2014 sur le film « Walter Mitty » a profité de son large audimat pour qualifier le film de « merde » qui nous vend du rêve avec du « basique ».

Orson Welles, au contraire, disait ceci :

« Ce qui est merveilleux au cinéma, ce qui le rend tellement supérieur au théâtre, c’est qu’il possède beaucoup d’éléments qui peuvent nous vaincre mais aussi nous enrichir, nous offrir une vie qui ne vient de nulle part ».

En soi, cet avis sur Walter Mitty pourrait se résumer à cette unique tirade de Welles. Parce qu’en soi, la trajectoire de vie emprunté par le personnage de Walter Mitty pourrait sortir de nulle part. Dans la vie de tous les jours, qui pourrait tout laisser tomber et partir à la poursuite de quelqu’un autour du monde pour un souci professionnel ? Le film cherche à montrer un état de fait tout simple. Si l’on est enfermé dans une routine qui nous assaille par sa pénibilité, il suffit de se donner les moyens de plonger dans l’inconnu et de saisir toutes les opportunités qui se présentent à soi. Le cheminement du personnage est en quelque sorte une toile de fond symbolique dans la vie de chacun. Timide et rêveur, c’est un personnage qui, au fur et à mesure de l’avancement du récit, commence à prendre des décisions insensées, juste poussé par son désir de contredire une sentence profonde de son esprit qui est « Je suis bien dans mon confort, je ne veux rien changer ». A de multiples reprises, Walter se retrouve dans une situation où deux choix s’offrent à lui : Prendre une décision importante ou renoncer et rester dans son état de confort du moment (Lorsqu’il hésite à partir sur les traces du photographe, à prendre l’hélicoptère avec le pilote bourré, à sauter au milieu de la mer…) Tout est fait en concordance avec notre vie de tous les jours.

Le cinéma que propose Ben Stiller au travers de cela est clairement un cinéma construit pour essayer de nous enrichir. Bien enraciné dans les carcans du feel-good movie, Ben Stiller essaie de nous montrer que nous sommes la seule barrière à la réalisation de nos rêves, et qu’en saisissant toutes les opportunités destinées à nous enrichir, on peut sortir d’une vie routinière et casanière.
Alors oui, concrètement, le choix de privilégier un long-métrage avec comme message symbolique : « vivez vos rêves, c’est trop cool » c’est forcément simple, et beaucoup de films savent le faire (The Greatest Showman pousse à la création artistique et les feel-good movies en règle générale s’accordent sur ce choix) mais « La vie rêvée de Walter Mitty » le fait avec plus de légèreté, voire de naïveté qui te pousse à voir les choses différemment. Le ridicule potentiel de certaines scènes (la scène où Walter s’imagine avec sa collègue de boulot vieux, assis sur un banc) s’accorde simplement avec une réalité que chacun à déjà pensé dans sa vie.

Simplement, Walter Mitty fait appel à l’enfant et la naïveté enfoui en chacun de nous, et les longues stases contemplatives du personnage qui déambule en vélo et en skate-board dans les décors magnifiés d’Islande sont juste présentes, non pas pour effectuer du remplissage, mais pour se faire écho en chacun de nous sur la possibilité de réaliser ses rêves et surtout montrer de l’instantané changement de cadre dans notre vie si l’on défausse la barrière invisible du « Je ne peux pas le faire pour x raisons ». Notre vie est, certes, régie par des obligations professionnelles, sociales, familiales, mais ce n’est que nous-même qui nous assujettissons à ces doléances. En un coup de vent (et une ellipse d’un jour à peine environ dans le film), Walter Mitty se retrouve loin de son petit chez lui, dans un avion en direction du Groenland. C’est ce message que Ben Stiller tente de faire passer.
C’est pourquoi, avec cette volonté forte de nous faire ressentir ce message poignant et légèrement naïf sur notre vie de tous les jours, Ben Stiller ne nous vend pas du « basique » mais bien une vie « sortie de nulle part » qui peut s’accorder avec la nôtre.
En dehors de cela, c’est un film profondément réussi dans sa direction artistique. La palette de musique empruntée par Theodore Shapiro (Du Of Monsters and Men, du David Bowie, du Jose Gonzalez) participe à cette atmosphère qui cherche à te faire évacuer de ton quotidien le temps d’une heure et demi, pour te montrer que tout est possible si tu t’en donnes les moyens.

Hormis le fait de vivre ses rêves, le long-métrage aborde toujours d’autres pistes, et montre que faire tomber ses propres barrières mentales permet aussi d’effectuer bon nombre de choses différentes (comme rester insoumis face à l’autorité abusive et déraisonnable ; aborder quelqu’un pour qui on ressent de l’amour sans paraître ridicule ou que cela paraisse malvenu…).

Loin de vendre du rêve avec du basique, « La vie rêvée de Walter Mitty » cherche avant tout à vendre une autre réalité qui, si l’on arrive déjà à outrepasser le versant gentillet et naïf de la ligne conductrice du récit, peut permettre de nous enrichir sur une vision de la vie qui est à notre portée.
Emouvant, touchant et rempli de vie, « La vie rêvée de Walter Mitty » est clairement un film à ne pas manquer si vous ne l’avez pas encore vu…

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