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Invisible Man : Blumhouse sur courant alternatif

NOTE

⭐⭐

Invisible Man est sorti en France depuis le 26 Février 2020. Carton financier et critique à l’international (plus de 100 millions de dollars de recettes enregistrées pour un petit budget de 7 millions), le film est ultra-rentable et respecte toujours la politique économique chère à Jason Blum à savoir conserver un micro-budget sur chacun de ses longs-métrages mais en s’assurant une maxi-rentabilité. Cette minimisation du budget va permettre de recentrer l’intrigue dans quelques lieux simples et confinés, donner un salaire assez bas aux acteurs avec un intéressement éventuel sur les recettes et amoindrir l’apport des effets visuels.

Si le film s’avère plutôt être une réussite critique (7,5/10 sur IMDB ; 91% sur Rotten Tomatoes), nous nous situons plus sur un sentiment mitigé, voire une déception. 

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Après l’affreux Nightmare Island, on s’attendait à ce qu’Invisible Man soit une réussite (Blumhouse arrivant toujours à rebondir derrière chaque film d’horreur pour ados qu’ils proposent) mais se feint dans d’innombrables clichés. Si le film est porteur d’un fort et louable message d’émancipation de la femme d’un mari tyrannique, tout est amené avec de trop grosses ficelles. Les personnages sont assez caricaturaux et l’on comprend direct qui est l’antagoniste malgré tout ce que l’on tente de nous faire croire. On suit une montée en pression qui va crescendo mais le climax n’arrive jamais tant Leigh Wannel ne parvient pas à ponctuer correctement l’instauration de son point d’orgue de toute la tension accumulée depuis le début du film.

Au final, c’est la révélation de la véritable nature de l’homme invisible le climax ? Le combat de fin ? La scène censée clôturer l’intrigue ne nous apporte pas tant de réponses que cela. Le film se charge de ne jamais trop répondre correctement à nos questions. 

Point positif, le film n’adopte pas trop la tendance qu’à Blumhouse pour les jumps-scares, privilégiant une vive montée en tension bien encadrée par le mixage son de Benjamin Wallfish (Blade Runner 2049 ; It chapter 2). Aussi, nous ne sommes pas aussi incisifs que cela puisque la réalisation technique demeure correcte, mais on a le sentiment que Whannel n’arrive pas à rendre percutant le scénario initial qui est, à notre avis, le cœur du problème. Trop de clichés, de redites avec des films d’horreur du même acabit, trop de dialogues et de situations mal-amenées, convenues et décevantes. Invisible Man perd vraiment en crédibilité de ce point de vue là, ce qui est dommage car la relecture du mythe de l’homme invisible sous le prisme contemporain des violences conjugales est vraiment intéressant. 

Toutefois, la prestation d’Elisabeth Moss est intéressante même si elle semble singer la prestation de Claire Foy dans « Paranoia » de Steven Soderbergh (2018). Leigh Whannel semble, d’ailleurs, très inspiré par certains faits techniques utilisés précédemment par Soderbergh, à savoir les gros plans sur les personnages, pour densifier leurs émotions. La caméra se bloque sur les visages pour souvent suivre la chute d’un personnage, ou ses déplacements.

Invisible Man est assez décevant. Si la relecture contemporaine du mythe était remplie d’audace, le film se perd dans un scénario trop cliché et un dénouement trop attendu. Il reste toutefois mieux que le Dark Universe abscons et loupé que La Momie (2017) avait tenté de mettre en place.

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