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[INTERVIEW] Histoire du manga moderne

Le manga demeure le second secteur en terme de vente de livres BD en France. Il dépasse les comics américains en quantité de vente. Pourquoi ce phénomène est-il si bien implanté en France et ce, depuis les années 1990? Rencontre avec un spécialiste du genre, Matthieu Pinon, un des auteurs de « Histoire(s) du manga moderne » et rédacteur freelance à « Coyote mag ». Entretien pour mieux comprendre les raisons de cette tendance, dans un marché du livre BD en pleine mutation. Analyse d’un genre avec ses séries mainstream, auteurs reconnus internationalement mais aussi ses marges ou produits dérivés…

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Le manga demeure le second secteur en terme de vente de livres BD en France. Il dépasse les comics américains en quantité de vente. Pourquoi ce phénomène est-il si bien implanté en France et ce, depuis les années 1990? Rencontre avec un spécialiste du genre, Matthieu Pinon, un des auteurs de « Histoire(s) du manga moderne » et rédacteur freelance à « Coyote mag ». Entretien pour mieux comprendre les raisons de cette tendance, dans un marché du livre BD en pleine mutation. Analyse d’un genre avec ses séries mainstream, auteurs reconnus internationalement mais aussi ses marges ou produits dérivés…

Vous êtes rédacteur à COYOTE MAG, vous tirez à combien d’exemplaires chaque mois?

Je suis avant tout freelance, ce qui implique que je collabore avec de nombreux magazines. Coyote, donc, mais aussi AnimeLand, Japan Live et j’en passe… Ne faisant pas partie de ces sociétés en tant qu’employé, je suis mal placé pour communiquer sur le tirage de chaque magazine.

Selon les rapports de l’ACBD, le secteur manga est le second en terme de chiffre de vente dans le monde de la BD en France, vous expliquez cela comment?

Tout simplement parce que deux générations ont été élevées aux dessins animés japonais (depuis Goldorak en 1978 à J-One et Wakanim aujour’hui), qui sont les cousins germains des mangas : 7 séries animées sur 10 au Japon sont adaptées d’une BD nippone, donc d’un manga.

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Afficher l'image d'origineA Coyote mag, vous faites tous les festivals mangas en France?

Non.

Le secteur manga a explosé depuis ces dernières années, tant artistiquement qu’en volume, quelles sont les grandes thématiques et tendances qui se sont faits jour année après année, d’après votre livre « histoire(s) du manga moderne ».

Il est difficile de répondre à votre question en quelques lignes, d’autant que vous ne précisez pas s’il s’agit du marché japonais ou français.Mais dernièrement, nous vivons une crise du shônen manga, à destination des jeunes adolescents masculins, qui tournait en rond. Si l’on excepte « Naruto » (terminée depuis) et « One Piece », peu de séries se détachaient du lot. Avec des titres comme « One Punch-Man » ou « My Hero Academia », un nouveau souffle se fait sentir, les auteurs n’hésitant pas à s’affranchir des codes habituels du genre pour mieux le redynamiser.

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Le manga comme toute forme artistique possède sa culture mainstream et ses marges ; quelles sont ses marges selon vous ?

Elles sont tellement nombreuses ! Beaucoup sont totalement ignorées du lectorat français, d’ailleurs. Il suffit de se rendre au Comiket pour s’en rendre compte. L’événement, qui se tient deux fois dans l’année, regroupe les créateurs de fanzines, BD indépendantes (et donc pas du tout dans le cadre de publication mainstream) : ils sont des dizaines milliers de visiteurs à se presser pour acquérir les oeuvres proposées par des centaines, voire milliers, d’amateurs. Certains professionnels profitent même de l’occasion pour vendre leurs travaux sans passer par un éditeur, directement « du producteur au consommateur ».

Peut-on toujours lier culture mangas et geeks en France?

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Bien sûr, même si c’est difficile de tenir ce raisonnement « simpliste ». D’une part parce que le terme « geek » est galvaudé. D’autre part parce que certains ne lisent et n’auront lu qu’UNE seule série manga dans leur vie (Naruto, Dragon Ball, One Piece…). Mais la BD japonaise se déclinant en dessins animés et en jeux vidéo, on ne peut nier l’inclusion de la culture manga à la culture geek. Comme pour les comics.

Vos derniers coups de coeur en séries, auteurs BD ou personnages mangas?

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Jabberwocky, mélange improbable de « La Ligue des Gentlemen Extraordinaires » et de « Hellboy » version manga.En auteur, je reste un fan absolu de Mitsuru Adachi, qui a su traiter comme aucun autre des relations adolescentes.

Vous vous êtes rendus plusieurs fois au Japon?

Oui.

La culture manga, une culture essentiellement étrangère? Comme les comics…

Oui

Avez-vous des retours de lecture de lecteurs de votre « histoire(s) du manga moderne »?

Oui, grâce à la page Facebook et à l’adresse mail fournie dans les premières pages du livre.

Question subsidiaire: Les maths et la physique ne vous manquent-ils pas trop?

Non. Même si le thème a changé (mangas et non plus sciences), il s’agit avant tout de pédagogie. La seule différence est que je m’adresse à un public attentif désormais.

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MARVEL FUTURE FIGHT : INTERVIEW DES DEVS SUR LA MISE À JOUR DE CAPTAIN MARVEL

Les retours des développeurs suite à nos questions pour la mise à jour de février

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Fort d’une volonté à vouloir toujours mieux satisfaire sa communauté de joueurs, NETMABLE MONSTER nous a proposé un interview par mail suite à la dernière mise à jour, nous permettant de poser directement nos questions aux développeurs de Marvel Future Fight.

Voici les réponses qui ont été apporté par les devs suite à nos questions, parfois rapportées par les joueurs eux-mêmes. Nous prendrons soin pour la prochaine occasion de relever les questions éventuelles directement auprès de la communauté française de Marvel Future Fight.

Enjoy !

 

Q1 : Pourquoi n’avez-vous pas ajouté le Leader de la Starforce en jeu, malgré sa place importante dans le film ? S’agit-il d’un problème de gameplay que le personnage aurait pu causer ?

R : Nous sommes évidemment conscients de ne pas avoir pu ajouter tous les personnages du film au jeu. Quand Marvel Future Fight a une mise à jour inspirée du film, nous essayons d’y mettre notre propre interprétation qui ne nuit pas au divertissement du film. Nous essayons également d’offrir une autre forme de plaisir aux joueurs à travers le jeu. Nous choisissons de nous concentrer sur les personnages qui ont les caractéristiques uniques du MCU. Nous ferons de notre mieux pour continuer à mettre à jour les personnages afin que les joueurs puissent être satisfaits.

 

 

 

Q2 : Avez-vous prémédité l’utilisation de Captain Marvel comme personnage spécialisé dans le combat d’arène (pvp) ou s’agit-il simplement d’un gameplay remarqué et exploité par la communauté ?

R : Grâce à cette mise à jour, nous avons essayé de montrer le vrai pouvoir et les capacités de combat de Captain Marvel, car elle a de grandes capacités d’attaque et de défense dans tout son contenu. Sa compétence Photon Combo est particulièrement puissante en PVP, car elle lui permet attaquer les personnages avec l’effet « ignore ciblage ». Ce genre d’habileté et de technique a été prémédité dès le début, et nous espérons que les joueurs apprécieront un Captain Marvel plus fort dans cette mise à jour.  

 

 

 

Q3 : Où avez-vous trouvé l’inspiration pour les animations des compétences d’attaque des personnages (comme RONAN, MINN-ERVA, ou KORATH) ? Vous êtes-vous aussi inspiré des comics ?

R : Nous nous inspirons à la fois des films et des bandes dessinées, car nous essayons de satisfaire à la fois les fans de Marvel films et de Marvel Comics. Lorsque nous avons des mises à jour inspirées par les films, nous travaillons en étroite collaboration avec Marvel. Et bien sûr, nous nous inspirons beaucoup des films de MARVEL STUDIOS, mais nous n’exprimons pas tout à partir du cinéma. Nous essayons de mettre le style unique de Marvel Future Fight dans le jeu afin de pouvoir offrir différentes formes de plaisir aux joueurs.

 

 

 

Q4 : Certains membres de la communauté regrettent l’absence d’un personnage Skrull : y avez-vous vu un intérêt ?

R : Bien que les Skrulls ne soient pas des personnages jouables, vous pouvez toujours les rencontrer à travers le Combat Légendaire : Captain Marvel. En tant qu’agent du S.H.I.E.L.D, vous pouvez combattre Talos et ses Skrulls. Nous pensons aussi que ces derniers sont des personnages attrayants, et nous espérons en faire des personnages jouables dans le futur.

 

 

 

Q5. D’un ton plus comique, beaucoup de joueurs regrettent aussi l’absence d’une technique d’attaque Nick Fury – Captain Marvel uniforme – avec Goose comme dans le film : l’avez-vous évitée afin de ne pas diffuser de spoilers éventuels ?

R : Comme mentionné précédemment, nous ne prenons pas tout du film. Nous nous en inspirons et essayons d’avoir nos propres interprétations. Je sais que beaucoup de joueurs ont attendu Nick Fury comme nouveau personnage. Vous pourrez rencontrer à la fois le jeune Nick Fury comme dans le film et Nick Fury avec le fameux bandeau pour les yeux noirs de la version Comics.

 

 

 

Q6 : Minn-Erva – Uniforme Captain Marvel – dispose d’un gameplay beaucoup plus proche d’un personnage de type vitesse : quelles étaient les motivations pour l’intégrer au type combat ?

R : Dans le film Captain Marvel, Minn-Erva est une héroïne dotée d’un corps puissant et de mouvements rapides, ainsi que d’une grande habileté à l’explosion d’énergie. Ainsi, bien que Minn-Erva soit du type combat, cette dernière est conçue pour avoir un mouvement léger, rapide et élégant, comme attaquer un ennemi avec un fusil de sniper à distance ou attaquer un groupe d’ennemis avec toute une armada Kree.

 

 

Merci à MIN-KYUN KIM – development director pour ses réponses

Merci à l’équipe de la direction des comptes de Netmarble pour leur sollicitude.

 

À bientôt pour un nouvel interview et bonne chance sur les champs de bataille, agent !

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GEEKSLANDS : INTERVIEW DU CAPTAIN POPCORN

Le Captain nous donne de son temps pour répondre à quelques questions

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Connu sur Youtube pour ses analyses poussées sur de célèbres séries, films et autres vidéos sur l’univers cinématographique, le Captain Popcorn compte aujourd’hui pas moins de 232.000 abonnés. Game of Thrones, The Walking Dead, en passant par le Bureau des Légendes, sans oublier Marvel et DC Comics, le Captain traite une large gamme d’œuvres sur sa chaîne et s’illustre comme un passionné, et démontrant notamment un véritable savoir et savoir-faire à travers ses nombreuses vidéos.

Entretien avec Sylvain, alias « Captain Popcorn »

→ On te connaît sous l’identité Captain Popcorn, mais as-tu une identité secrète que tu pourrais nous dévoiler ?

Absolument ! Sylvain, chasseur de démons en banlieue parisienne et né au 9ème siècle dans le royaume de Suède.

 

→ D’où t’es venu l’idée et l’envie de commencer une aventure sur Youtube ?

Je me suis lancé en solo suite à une première expérience sur la chaîne TheGrandTest. Cette chaîne appartenait à l’entreprise dans laquelle j’étais salarié. J’ai commencé à y parler de Game of Thrones notamment. Après s’être quittés en bons termes avec ses patrons, je me suis dit que j’avais peut-être ma place sur YouTube en continuant de parler de culture pop.

 

→ Jusqu’où remonte ta passion pour les comics et l’univers super-héroïque ?

Alors… ça remonte à l’enfance tout simplement, avec les comics, surtout les Marvel. Après, il y a eu la série d’animation Batman aussi. Ces personnages m’ont fasciné dès la première fois où j’ai posé les yeux sur eux.

 

→ Comment gères-tu ta notoriété sur Youtube ?   

Rien de spécial à gérer pour l’instant si ce n’est de temps en temps des gens qui me disent des trucs sympas dans la rue ou à la salle de sport. C’est évident que ce n’est pas le même délire quand on devient très très connu je suppose, mais j’en suis bien loin.

{youtube}esgEEP5oEQM{/youtube}

 

→ Que penses-tu, en général, du Marvel Cinematic Universe ?

Je pense que, malgré quelques films un peu faibles, genre deux ou trois, dans l’ensemble c’est une incroyable réussite, un exemple de construction d’univers cohérents au cinéma. Pour moi, c’est toujours un grand plaisir de m’y replonger, aucune lassitude de mon côté.

 

→ Qui est ton personnage de super-héros préféré et pourquoi ?

C’est toujours très limitatif de choisir un seul personnage. En plus tout dépend de quelle version on parle, car ce ne seront pas les mêmes dans les comics ou les films. Ceci dit, j’adore Batman, Daredevil, Hulk, Wolverine ou encore le Captain America du MCU.

 

→ Le film estampillé Marvel qui t’a le plus marqué ?

Captain America The Winter Soldier. J’ai adoré la dynamique entre Bucky et Cap, entre Cap et Natasha, les combats, le scénario, le message. Pour moi c’est un modèle.

 

→ Que penses-tu du Shyamalan Cinematic Universe ? (Incassable → Split → Glass)

J’ai adoré Incassable et bien aimé Split. J’attends de voir Glass pour porter un jugement d’ensemble. Je suis à la fois très impatient et circonspect car Shyamalan est un réalisateur incroyablement irrégulier.

 

→ Que penses-tu en général du film « Avengers Infinity War » ?

J’ai beaucoup apprécié Infinity War, même si j’aurais préféré que quelques touches d’humour soient retirées par-ci par-là pour lui laisser ne tonalité nettement tragique. Quelques soucis de cohérence aussi et de logique dans les niveaux de puissance des personnages, mais c’était un film très dur à réussir et pourtant ils l’ont fait.

 

→ Comment parviens-tu à créer des vidéos concernant des théories sur Avengers 4 ?

En lisant des tas de théories sur le net, en réfléchissant aux versions qui me semblent plausibles en termes de cohérence scénaristique et en croisant les sources.

 

→ Le rachat de la FOX par Disney : Bonne ou mauvaise idée ?

Pour l’industrie du divertissement dans l’ensemble, certains avancent le risque d’un monopole, mais je pense qu’on est encore loin d’une telle situation en réalité. Ceci dit, il est clair que cela fera de Disney un véritable géant. Je n’ai pas la défiance envers Disney qui semble régner sur les réseaux sociaux notamment. Je pense qu’ils ont parfaitement conscience que la diversité créative sera la clé de leur réussite et je ne crois absolument pas à l’existence de la « recette Disney » que certains adorent inventer pour la critiquer. Le point le plus négatif, c’est clairement les licenciements que ce rachat risque de provoquer. Le positif pour moi, c’est la possibilité pour Marvel de récupérer des personnages pour en proposer un meilleur traitement.

 

→ Joues-tu aux jeux vidéo ? Si oui, lequel ?

J’y jouais un peu, mais je n’ai presque plus le temps. Juste très vaguement à Dragonball Fighter Z. Mon genre favori reste, de loin, le RPG, sachant que de base je suis un grand fan de jeu de rôle classique sur table, mais aussi parfois en grandeur nature.

 

→ Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Une bonne santé, plein de superbes films et séries à commenter et qu’on me file enfin des super-pouvoirs pour que je remette un peu d’espoir dans le cœur de l’humanité. Des trucs simples quoi 😉

 

 

Drôle, amical et surtout passionné, c’est ce que nous retiendrons du Captain Popcorn ; un fan tout ce qu’il a de plus normal qui partage sa passion pour l’univers cinématographique à travers des vidéos, critiques et reviews avec une communauté toujours plus grandissante qui le suit inlassablement. Critiques construites, reviews approfondies, avis ou encore débats de sujets, il y en aura forcément pour chacun.

Rejoignez le Captain sur Youtube! → c’est ici

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INTERVIEW DE STEVE MCMARTY, LE CREATEUR DE SPECIMENS COMICS

L’interview exclusive de Steve McMarthy, le créateur de Spécimens Comics !

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Steve McMarty, ce nom vous dit quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, sachez qu’il est, entre autres, le créateur et scénariste de Specimens Comics, le prochain comics français qui commence actuellement à se dévoiler avec une certaine pudeur sur les réseaux sociaux . Malgré un emploi du temps surchargé, Steve a accepté cette interview que je lui ai proposé, tout en fournissant, en exclusivité pour les lecteurs de Geeks Lands, une planche non dévoilée jusque là, tirée du script numéro 1 de Specimens Comics.

 

Bonjour Steve et merci de nous accorder un peu de ton temps précieux. Tu es le fondateur de Specimens Comics. Peux-tu nous expliquer la nature exacte de cet ambitieux projet ? S’agit-il d’un seul numéro de comics, d’une collection de comics ou bien est-ce encore autre chose ?

Bonjour Jay, c’est un immense plaisir pour moi de passer un moment avec vous, ça me semble tout aussi précieux. J’ai effectivement créé Specimens Comics qui est un projet de comics tournant autour de treize super-héros principaux, aux styles différents. C’est bien plus qu’une collection, c’est une timeline, chaque personnage aura son lot de numéros qui s’inscrit dans cette ligne de temps, c’est illimité ! C’est d’ailleurs de cette manière que j’ai organisé mon site internet, une timeline.

 

Timeline, un mot que j’apprécie particulièrement. Depuis combien de temps exactement travailles-tu sur ce projet ?

Je porte ces personnages en moi depuis mon plus jeune âge, c’est pour moi un exercice d’écriture thérapeutique. En 2006, j’ai écrit un essai de roman que j’ai envoyé à une maison d’édition mais sans succès, j’ai laissé ça de côté pour travailler dans le domaine dans lequel j’étais formé, en tant qu’électricien. Puis en 2011, j’ai voulu prendre une revanche sur le français que je maîtrisais mal et me sortir de cette étiquette que j’avais sur la tête : électricien. Alors j’ai repris des études de scénariste, et il se trouve que pour l’examen final, je devais présenter un scénario de science-fiction, j’ai donc ressorti le projet de 2006 et l’ai considérablement amélioré. Tout a véritablement commencé ici, car depuis, je ne me suis plus arrêté de créer pour Specimens Comics.

 

De tels investissements personnels et professionnels sur de nombreuses années sont de réels gages de qualité pour un projet, sans compter, j’imagine, les sacrifices qui vont avec. J’ai d’ailleurs cru comprendre que tu avais récemment vendu ta BMW (un très beau modèle) contre une Peugeot 107 afin de pouvoir continuer à financer Specimens Comics. C’est une initiative qui mérite d’être hautement saluée, est-ce vrai ?

Merci, c’est effectivement la raison qui me pousse à m’engager très personnellement dans ce projet, je ne me contente pas de dessiner avec mon niveau limité pour sortir quelque chose de « passable », ayant un récit mûrement construit, ce serait dommage. Alors je m’entoure de professionnels du dessin, des artistes talentueux qui pourront faire ressortir le meilleur de mon univers. Faire une BD coûte cher, et pourtant, j’ai eu un certain nombre de promesses de dons si je démarrais une campagne de financement participative. J’ai fais le choix de ne pas passer par là pour les premières étapes de mon projet, il est important pour moi de montrer mon engagement justement en finançant mon projet moi-même. Je ne peux pas demander un tel effort a des inconnus si je n’en fais pas aussi, alors ça passe par la vente de ma voiture. Plus qu’un sacrifice, c’est une nécessité, un mal pour un bien j’ai envie de dire.

Et bien je me sens moins seul, car c’est exactement ce que j’avais fait pour Bady Trash, financer de ma poche la totalité de la première saison en tournant le dos aux financements participatifs, une initiative qui est parfois incomprise par certaines personnes comme tu l’as probablement constaté parmi ton entourage. A ce propos, rémunères-tu les professionnels qui t’entourent, ou travaillent-ils bénévolement comme pour une websérie ? Et comment les as-tu recrutés ?

Quel plaisir de pouvoir constater, notamment avec Bady Trash, que c’est une décision qui n’empêche pas d’avancer. Sans l’exclure totalement pour autant, je pense qu’un jour, pour mon projet, il sera nécessaire que je l’envisage. En ce qui concerne les collaborations, et bien non, il n’est pas question de bénévolat, je paie mes collaborateurs aux prix qu’ils définissent, je ne négocie jamais un prix. Je préfère renoncer à une collaboration, ou la remettre à plus tard, plutôt que de négocier le prix qu’un artiste trouve juste pour le travail qu’il fournit. J’ai un réseau d’amis sur Facebook d’une richesse incroyable, des artistes aux styles et domaines tout aussi différents les uns que les autres. Pour certains, je vois leur fil d’actu et m’y intéresse, d’autres viennent vers moi en voyant ce que je publie, DeviantArt est une super plateforme également pour ça. Dans un premier temps, c’est très informel, ce que je n’aime pas, préférant avant tout le feeling, puis ensuite on parle contrat. Pour les personnes qui veulent s’essayer à mon univers, j’ai très récemment ouvert la possibilité à la publication d’éventuels fan arts sur ma page Facebook, avec lien de redirection pour la publicité de l’artiste.

 

Blackmatter

Et au niveau de la progression du processus de création, où en êtes-vous ? Combien de pages sont terminées ? Et qu’est-ce que cela représente, en terme de pourcentage par exemple, sur le « plan complet » du projet ?

J’aimerais avoir la possibilité de définir un pourcentage concernant le projet, seulement il y a tant à faire. Par exemple, nous sommes sur l’élaboration du premier numéro en ce moment, je développe également mon site internet et on peut déjà y voir qu’il y a potentiellement trente-et-un numéros de prévus. Tout en gardant à l’esprit que toutes les informations ne sont pas encore sur le site et que c’est sujet à modification. Ce que je peux dire à l’heure qu’il est, c’est que le script du premier numéro est bouclé, qu’il y a déjà quatre planches de dessinées sur les vingt-deux écrites. A une moyenne d’une planche tous les trois jours, on peut imaginer que ce sera réalisé très rapidement mais il y a toujours des imprévus auxquels faire face. J’envisage une traduction sans tarder, ce numéro sera disponible dans un premier temps en français et en anglais. En étant optimiste, très optimiste, j’ai l’espoir de finaliser la version digitale d’ici fin septembre 2018 mais je ne serais pas étonné de devoir pousser à la fin de l’année. Ce qui est certain, c’est que rien ne sera bâclé donc si pour une raison X ou Y cela devait déborder sur l’année qui suit, j’y suis prêt.

Excellente initiative pour une traduction anglaise d’entrée de jeu. Savoir également qu’un créateur et scénariste exige avant tout une lente avancée afin de ne rien négliger est une chose rassurante pour le public, et assez rare ces dernières années comme on peut le voir chez les grandes maisons d’édition telles Marvel et DC, qui exigent parfois des délais très serrés sur certains récits au point de taillader la créativité de leurs artistes. J’imagine que tu te concentres sur le moment présent et la version digitale, mais s’il y avait une chance qu’une version papier voit le jour par la suite, comment l’envisagerais-tu ? Auto-édition, création d’un label pour l’occasion ou recherche de maisons d’édition ? Ou souhaites-tu tout simplement rester sur une version digitale ?

Merci, c’est une réelle envie de le traduire, il y a pas mal d’anglophones dans mes fans Facebook, et pour le coup, je m’en voudrais de ne pas le leur rendre accessible, sans parler du marché qui est plus important bien entendu. Il s’agit là en tout cas d’une auto-édition car je veux un contrôle absolu de mon univers, quoi dire, quoi montrer, quoi faire, tout ceci m’appartient, aucune directive ni aucune censure. D’abord parce que je suis quelqu’un de très indépendant, je ne veux pas de contraintes qui me pousseront soit à bâcler, soit me limiter, soit à tenir des délais insupportables ou à suivre une ligne qui s’écarte de l’originalité du projet. Mais également parce que, comme je l’expliquais, c’est un exercice personnel proche de l’autofiction qui fait que c’est un besoin pour moi de le gérer librement. C’est un raisonnement qui a mis du temps à venir car j’ai fait des démarches de recherches de maisons d’édition il y a quelques temps et à plusieurs reprises, beaucoup de refus, déjà pour le projet en lui-même qui semble trop ambitieux, mais aussi parce que l’on m’a dit qu’une équipe de super-héros ne marcherait pas… Des réponses qui ne m’ont tout de même pas empêché d’en arriver là où j’en suis aujourd’hui avec le projet, de plus en plus concret, un intérêt progressif et même une réelle attente auprès des passionnés, c’est ça que je garde comme message. Les éditeurs ne font pas tout aujourd’hui, avec cette espèce d’hyper-liberté qui ne connait plus de frontières grâce à internet, que ce soit les réseaux sociaux et les forums de partages, les vidéos didactiques et j’en passe. Il s’agit là d’une opportunité offerte à quiconque de gérer un projet dans son ensemble et de se voir un jour récompensé par son travail, j’entends par là de pouvoir en vivre, pas sans prise de risque, mais je dis toujours que le plus gros risque, c’est de ne pas avoir essayé. Pour en finir, oui je l’imprimerai et c’est peut-être là que je ferai une campagne de financement participative, c’est en réflexion en tout cas.

 

Planche inédite en exclusivité

 

Concernant les récits de chaque super-héros, auront-ils leurs propres ambiances, leurs propres codes ? Par exemple un côté cosmique pour untel, un côté psychologique pour un autre, etc ? Ou cela évoluera t-il dans un même ton global ?

C’est primordial, et en même temps une promesse à mes lecteurs. Disons qu’il y aura une ligne générale, celle qui regroupera les péripéties des 13 super-héros principaux, puis des axes annexes pour approfondir le vécu de chacun des héros dans leurs histoires personnelles. Et je porte un intérêt profond dans la manière de raconter chaque histoire dans un univers étendu comme Specimens, avec des personnalités riches et variées, la diversification est importante, tant dans l’écriture que dans le dessin. Arkiel, l’un de mes personnages, est un exemple très concret. Quand j’ai créé ce personnage, je voulais pour lui une influence d’un genre que je ne connaissais pas vraiment, le manga. J’ai confié l’écriture de son histoire à Max, un ami d’enfance, passionné de manga tout en suivant des règles propres à mon univers pour ne pas faire de Arkiel un manga pur et dur. Je peux vous dire que ce mélange est plutôt détonnant, j’ai hâte de mettre son histoire en images. Pour les autres, ça se passe autrement, bien que ce ne soit pas si différent dans le fond. J’ai ce qu’on appelle une personnalité caméléon, cela me sert grandement pour diversifier mes personnages. Tout ceci combiné à l’imagination et aux différentes collaborations avec des artistes incroyables, permet de proposer quelque chose de riche et varié.

 

Arkiel (Jardel Cruz)

 

Peux-tu nous présenter brièvement deux de tes super-héros ? Par exemple un background, une psychologie, des traits caractéristiques.

C’est un exercice qui n’est pas si évident mais qui me plaît, le faire sans spoiler est un véritable défi ! Je peux sans doute parler de L’Aigle Noir, le leader des Specimens. Il prend très rarement part aux affrontements mais le fait quand cela devient nécessaire. Il a véritablement un œil sur toutes les activités liées à son groupe car il est ultra-connecté avec un arsenal de drones rapaces, mais pas que. Il a su composer avec des personnalités totalement différentes pour monter le projet Specimens. Ce projet est composé de deux équipes de six êtres qui ont su se distinguer ou qui ont un potentiel non exploité. Les Specimens chassent véritablement ceux qui peuvent nuire à l’équilibre, même si tout ne se passe pas toujours comme prévu. Dans l’une des équipes, il y a le Géant d’Arondar, un personnage qui mesure pas loin de 3,08m pour 330 kg. Un colosse, je pourrai même dire un monstre car il porte en lui une partie du mal de ses ancêtres et pourtant, il peut être un véritable « nounours » dans ses phases posées et a une certaine notion de ce qui est bon. A l’inverse, il est facile de savoir quand ça ne va pas, le duvet de poils le recouvrant s’épaissit et se fonce, virant presque au noir quand il ne se retient plus. Il a été très difficile pour L’Aigle Noir de le rallier à la cause des Specimens. Je veux insister sur la notion d’équilibre, du bien et du mal, car ce qu’il faut savoir, c’est que ces super-héros peuvent aussi faire le mal. L’Aigle Noir et ses Specimens répondent au SCP (Stellar Council Protectors) qui lui, est seul juge de ce qui est bon ou mauvais dans les actions à mener. Pour donner un exemple simple, Azadith, l’un des super-vilains de mon univers a tendance à faire pencher l’équilibre vers le mal, il est donc en tête de liste du SCP. A l’inverse, Europe, la princesse de Tyr, une super-héroïne (qui n’est pas dans le groupe Specimens), a tendance à faire pencher la balance dans l’autre sens et se trouve également en tête de liste du SCP.

Merci d’avoir su répondre à cette question, je sais à quel point un auteur peut être frileux pour dévoiler certaines choses quand un projet n’est pas encore sorti. Pour conclure, peux-tu nous parler de tes préférences dans le monde des comics ? Et avec quel(s) récit(s) ou adaptation(s) as-tu découvert le 9ème art américain ?

C’est un peu la question que je redoutais en étant tout à fait honnête, mais je suis quelqu’un de totalement transparent et je ne vous cacherai pas que je suis un peu l’auteur qui n’aime pas lire. Ce qui fait que je n’ai pas un référentiel énorme en réalité, mon intérêt pour le 9ème art est venu hyper tard. Pour autant, je baigne dans les super-héros depuis toujours mais sur un tas d’autres supports : animations, séries, films. C’est quand je vivais au Canada que j’ai eu le plaisir de découvrir cet univers, j’ai pour la première fois mis les pieds dans une véritable boutique de comics, mes yeux se sont écarquillés ! J’ai commencé avec un Green Arrow en V.O qui ne m’a pas exalté, puis étant un fan de Superman, je me suis orienté vers ce personnage avec des Superman Saga suivi par Batman Saga… J’ai encore beaucoup à découvrir et pas mal de travail à faire pour enfin réussir à être pleinement pris par un livre. En attendant de rattraper mon retard, j’imagine avec plaisir que cela me donne une sorte de liberté créative, très peu influencé finalement, ce qui me donne une opportunité de faire de la nouveauté.

 

Le Géant d’Arondar (Jardel Cruz)

Atypique en effet. Comme tu le dis, cela évite les influences, ce qui peut être d’autant plus enrichissant pour tes futurs lecteurs. Et bien, Steve, merci beaucoup de t’être rendu disponible pour cette interview. Au nom de Geeks Lands et personnellement, je suivrai avec intérêt l’évolution de Specimens Comics. En attendant, je te souhaite bonne chance pour la continuité de son développement.

C’est moi qui vous remercie, ce fut un plaisir de communiquer davantage sur cet univers qui se met en place. J’enverrai le premier numéro à Geeks Lands lorsqu’il sortira. Et si vous me le permettez, j’aimerai remercier Diego Albuquerque qui fait un travail remarquable sur le dessin ainsi que les futurs intervenants mais également Aurélie ma compagne et Sebastien, Aurore, Max ainsi que tous ceux qui suivent le projet pour leur soutien. A très bientôt Jay, merci.

 

Infos pratiques concernant Specimens Comics :

La page Facebook : https://www.facebook.com/SpecimensComics/

Le site Internet : https://specimenscomics.com/

 

 

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