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Cinéma

Wonder Woman 1984 : Misandrie Mythologique

Ce second volet cinématographique des aventures solos de la super Amazone de l’univers DC qui se sera fait attendre longtemps sur nos écrans pour finir sa course le 7 avril directement en DVD et Bluray, triste destin pour le blockbuster de la Warner mais la situation économique due à la pandémie mondiale pousse les studios à changer leur stratégie pour minimiser les pertes. De nombreux spectateurs sont parvenus à voir le film par des moyens plus ou moins légaux, et les retours sont pour le moins mitigés quant aux qualités du second volet des aventures de la princesse Diana. Notre retour n’est pas plus tendre.

De beaux effets, sans effet.

Le film prend la suite des événements du premier opus, avec Patty Jenkins aux commandes, qui persiste et signe un film bien trop moralisateur, aux valeurs castratrices trop présentes pour être ignorées et fait de son personnage, figure de proue du Girl Power assumé mais équilibré, une pleureuse arrogante et un peu stupide. Cette version du personnage est devenue tout ce qu’elle dénonce et combat. Si combattre le feu par le feu peut être efficace, on ne combat pas la misogynie par la misandrie. L’Homme est ici montré comme une figure négative sous toutes les facettes. Benêt et maladroit mais suffisamment candide pour éveiller l’amour de l’héroïne pour Steve Trevor interprété par Chris Pine parfait dans le rôle du gentil couillon de service. Arrogant et autoritaire pour Maxwell Lord interprété par l’impeccable Pedro Pascal qui nous livre un personnage qui n’est pas sans rappeler un président américain bien connu pour son arrogance et son assurance déplacée. Tous les personnages secondaires masculins subissent le même traitement du méchant mâle, pervers, belliqueux, soit neutralisé totalement en étant relégué au rang de gentil clochard inoffensif.

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Maxwell Lord, ou le sosie parfait de Donald Trump.

Les femmes sont mises en avant de manière pataude et maladroite, ce qui alourdit ce brûlot anti-homme qui échappe du naufrage total grâce sa réalisation efficace, beaucoup plus dynamique que le premier volet, et un casting investi et impliqué, Kristen Wiig et Pedro Pascal en tête. Si Pedro Pascal tient le pavé tout du long du métrage en nous servant un Maxwell Lord imbuvable, tout en arrogance, le personnage de Kristen Wiig est déséquilibré en grande partie par des effets spéciaux parfois cartoonesques lorsqu’elle devient Cheetah, ce qui est vraiment dommage car son alter ego humain, Barbara Minerva, est relativement bien construit et développé. Ce qui lui laisse, par moments, l’impact que devrait avoir Wonder Woman. On en arrive à plus s’attacher aux “méchants” de l’histoire qu’à l’héroïne qui apparait pour le coup trop “bossy” et arrogante face aux hommes qui l’entoure, alors que le seul qui trouve grâce à ses yeux, Trevor, est dépeint comme un attardé complet.

La vraie Wonder Woman du film.

Le comble revient aux dialogues qui sont d’une bêtise sans nom et se permettent même d’emprunter une réplique à “Working Girl“, film typique des 80’s, ouvertement phallocrate et mysogine, dans lequel Mélanie Griffith, en bonne secrétaire soumise à l’ancienne propose sottement à la force patronale masculine: “Thé, café, Moi?” se comparant de fait à une simple boisson chaude. Ici, les rôles sont inversés mais l’effet est autrement plus nauséabond et lourd car la réplique est prononcé par un homme envers Wonder Woman en personne.

Simplet et Blanche Niaise.

Tout comme les récentes volontés d’inclure à tout prix les différentes minorités ethniques, culturelles et sexuelles, l’envie de bien faire et de transmettre un message progressiste et consensuel sans y mettre plus de forme ni de contexte, rend ce même message indigeste, et lèse plus qu’il ne sert la vocation première du personnage, qui se prend les pieds dans le tapis de sa propre bonne volonté. Ce qui est bien pour elle ne l’est pas forcément aux yeux de tous, et ce n’est pas en l’imposant de manière décousue et grossière que le message sera entendu. Forcer la tolérance tiens plus ici de l’endoctrinement de masse que de l’éducation élémentaire poussant au respect des autres.

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Oh, les méchants hommes!

Si le message est le gros point noir de ce film, il n’en demeure pas moins un assez bon divertissement, dynamique et coloré, à l’image d’Aquaman ou Justice League. Les scènes d’action sont tour à tour brouillonnes et très détaillées, et certaines incohérences scénaristiques sont allègrement balayées sous le tapis sans donner aucune justification (Diana n’est pas sensée s’entrainer avec les Amazones, et dès le flashback de début c’est cette même Diana, un bout de chou 8/10 ans, qui met une pilule à l’ensemble des guerrières…mouais, fuck la logique), l’utilité concrète du jet invisible, à part faire de jolis effets?

LA scène du film inutile.

Certes les films super-héroïques sont une forme de divertissement pure, s’affranchissant bien souvent de toutes logiques et cohérences derrière l’écran du “c’est magique, cherches pas et admires!”, mais faudrait pas prendre le public que pour un con sous prétexte que l’audience ciblée est relativement jeune, bien au contraire. Volonté du studio ou de la réalisatrice, le féminisme et le progressisme sont acceptables, à la condition que ce soit bien fait, ce qui n’est malheureusement pas le cas ici. Un pop-corn movie ronflant, à voir une fois, mais qui ne fait en aucun cas honneur à son personnage.

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