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Le cas Richard Jewell : Eastwood de retour au zénith

⭐⭐⭐⭐⭐

« Un film tout bonnement exceptionnel »

Il n’est clairement plus nécessaire de devoir présenter l’immense Clint Eastwood. 89 ans, une cinquantaine de films à son actif, réalisation et jeu d’acteur confondus et surtout, un nombre incalculable de chef-d ‘œuvres du cinéma contemporain (Mystic River, Million dollar Baby, Gran Torino, Invictus, American Sniper…). Après s’être clairement perdu avec les très en deçà « 15h17 pour Paris » et « La Mule », il revient avec une histoire très peu connue du grand public, celle de l’adaptation de l’affaire Richard Jewell.

Cette affaire se centre autour d’un homme, Richard Jewell, aspirant policier qui n’est qu’agent de sécurité lorsqu’il découvre une bombe dans le parc du Centenaire, à Atlanta, en 1996. Il est alors propulsé au rang de héros national, mais son passé intéresse grandement le FBI et les médias Américains qui y voient un coupable idéal alors que Jewell est complètement innocent. Cette rocambolesque affaire médiatique est le cœur de ce long-métrage porté par Paul Walter Hauser (BlakKklansman), Sam Rockwell (Three Bilboards) et Kathy Bates (Ma vie avec John F.Donovan). De la même façon qu’a pu l’être l’histoire de Chesley Sullenberger dit « Sully », l’héroïque pilote de ligne qui a fait atterrir un avion dans l’Hudson à New-York, « Le cas Richard Jewell » transpire de sincérité, de réussite et surtout d’un vibrant hommage à un homme persécuté à tord par le gouvernement et les journalistes de son propre pays.

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Le cas Richard Jewell est un vrai exemple de maestria technique, scénaristique et un véritable modèle de cohérence dramaturgique. Film complet en tous points, il marche à merveille puisque le protagoniste central bénéficie d’une longue mais nécessaire exposition pour que l’on soit pleinement derrière lui dans la suite des événements. La présentation anticipée de l’avocat joué par Sam Rockwell fait que l’on croit directement à l’alchimie du duo. Le film fonctionne grâce au jeu triangulaire de Paul Walter Hauser, Sam Rockwell et Kathy Bates, qui monopolisent l’écran en étant toujours d’une justesse rare. Le film de Clint Eastwood transpire d’émotion, sait gérer ses moments denses et éprouvants avec d’autres moments plus légers. 

Le ton ouvertement dramatique du film est en effet parsemé de quelques légers moments d’humour. L’incroyable scénario de Billy Ray, qui se rattrape après les infâmes scénarios proposés dans Overlord (2018) et Terminator Dark Fate (2019), y est pour beaucoup. Jamais de fausses notes ne sont à déplorer, ni de manques de crédibilité dans les jeux d’acteurs.

Le cas Richard Jewell prend clairement à contre-pied l’erreur monumentale de Spielberg dans Pentagone Papers. Eastwood traite ici l’acharnement médiatique et le « complot » sous un prisme profondément humain, ce qui manquait clairement dans le film de Spielberg (2018). Au niveau de la réalisation, assez simpliste et modeste, il n’y a pas grand chose à dire. Le film s’accorde plus sur la densification des émotions de l’humain, ce qui nécessite donc une pléthore de plans assez serrés sur les visages des différents protagonistes. Pour le reste, le côté très docu-fiction de la photographie et des prises de vues renforcent notre immersion dans l’histoire. 

Comme répété précédemment, l’alchimie du trio entre Jewell, son avocat et sa mère fonctionne à merveille, ce qui laisse lieu à des scènes profondément touchantes et authentiques (notamment les scènes de disputes, qui sont plus des scènes où chacun essaient d’expier ce qu’ils ont sur le cœur plutôt que des vraies scènes de tensions). Intime, authentique et vrai, ces trois adjectifs pourraient qualifier à eux seul le film de Clint Eastwood, qui est tout bonnement un chef d’œuvre du cinéma contemporain.

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