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SHE-RA et les princesses au pouvoir. Un reboot comme on les aime

Diffusée depuis le 13 novembre 2018 sur Netflix, She-Ra et les princesses du pouvoir avait tout pour repousser les fans de la série d’origine de l’époque, perdre la nouvelle génération dans son imbroglio de princesses aux pouvoirs magiques et autres créatures, et affichait un visuel trop enfantin pour être prise au sérieux de prime abord. La curiosité et une grande dose de nostalgie ont aidées à y regarder de plus près.

Le ton est parfois vraiment cartoonesque…

Après avoir ravalé les aprioris (et sous la forte pression des enfants de la maison), le visionnage de la série se révèle largement moins poussive que prévue. Les 3 saisons disponibles actuellement s’enchainent avec un plaisir allant crescendo au fil d’une trame narrative qui passe de la gentille histoire de princesse à une vraie quête, pleine de ramifications et abordant des thèmes sociaux actuels d’une manière subtile, sans jamais verser dans la morale grasse et indigeste.

Fière et forte, la parfaite Badass de bonne famille.

L’histoire de base reste inchangée. La planète Etheria vit sous l’oppression de la Horde, un empire galactique conquérant. Sur cette planète vit Adora, enlevée peu après sa naissance par le leader de la Horde, Hordak. Elle fut élevée pour devenir capitaine de ses forces armées, afin d’anéantir la rébellion dirigée par un groupe de princesses et régner sur Etheria. Lors d’une mission, elle fait la découverte d’une épée magique qui la transforme en la puissante guerrière She-Ra.

Il faut avouer que ça à mal vieilli…

Malgré quelques détails l’éloignant de la série d’origine, ce reboot fonctionne par le soin apporté à l’histoire et ses personnages. Loin de la volonté de vendre du jouet à licence comme à l’époque où les dessin-animés étaient créés dans le seul but d’accompagner et promouvoir une gamme d’action figure et autres comics. Cette nouvelle version se devait d’avoir quelque chose à raconter, car reconnaissons-le, la She-Ra des 80’s n’avait pas grand-chose à dire et passait ses épisodes à se sortir de guet-apens foireux à grands coups de tatanes, et retournait se relaxer dans son grand château une fois la menace écartée. Une époque où les scénaristes n’avaient pas à se soucier de l’impact de la violence des situations, ni même de la portée morale que véhiculaient les personnages. Ils étaient surpuissants, il y avait des gentils, des méchants, et les gentils gagnaient toujours en explosant les méchants. Une simplicité qui ne fonctionnerait plus à l’heure actuelle, surtout lorsque l’on cherche à relancer une licence à la renommée mondiale.

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GIRL POWER!

Ici le traitement scénaristique est la clé qui maintient l’ensemble dans une réelle harmonie, à condition bien sûr d’y adhérer. Les thèmes et les personnages sont abordés de manière à rendre le monde de She-Ra idéal, avec une réelle équité, et un rapport homme/femme sain, et ce malgré son féminisme flagrant. La série aborde certains thèmes très ciblés pour le public adolescent comme: la jalousie, l’amitié et les premières trahisons, mais également des thèmes plus adultes comme la guerre, le colonialisme et le génocide. La série affiche surtout une énorme représentation LGBTQ sans pour autant en faire une apologie nauséabonde.

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Les points les plus faibles résident ici, dans l’apparence globale de la série et son manque de rapprochement avec la série dont She-Ra est le spin-off : He-Man/Musclor et les maitres de l’univers. Bien que ce fait soit une volonté des créateurs de la série, dans le but de permettre à leur héroïne de poser ses bases sans être parasité par la présence de son frère Musclor, et laissé ainsi Adora se découvrir seule et assoir dans le même temps son statut d’icône féministe. Le choix était audacieux mais s’avère payant tant la série est réussie et ne nécessite pas de l’appui de l’univers étendu pour fonctionner.

Une amitié mise à dure épreuve au fil des épisodes.

L’inspiration visuelle très moderne et japanisante déroutera les plus anciens téléspectateurs, rappelant Steven Universe ou même Sailor Moon. Habitués à une She-Ra très, voire trop, sexuée. A mi-chemin entre Wonder Woman et les personnages féminins de Conan le barbare dessinés par Barry Windsor-Smith. On se retrouve ici face à une version adolescente en pleine construction émotionnelle. Construction qui, encore une fois, parvient à esquiver les poncifs mièvres du genre en faisant des personnages de vrais héros et méchants en devenir. Mention spéciale pour Catra, qui se trouve être un excellent anti-héros dans une relation sœurs-ennemies vraiment convaincante.

MOTU bientôt de retour…

Bien que la série ne soit pas sans défaut, c’est un excellent reboot que propose Noëlle Stevenson et les studios Dreamworks Animations, avec une She-Ra tout aussi babas qu’à l’époque. Un retour gagnant qui permet à la nouvelle génération de spectateur de découvrir un univers étonnamment riche et varié, et aux anciennes générations, de replonger en enfance dans une version rafraichie et redynamisée. De quoi rassurer pour le retour prochain de Musclor et les maitres de l’univers: Révélation.

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