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TOMB RAIDER : NOTRE CRITIQUE

Notre verdict pour le nouveau Tomb Raider avec Alicia Vikander

TOMB RAIDER : NOTRE CRITIQUE
TOMB RAIDER : NOTRE CRITIQUE
A première vue, l’annonce du long-métrage Tomb Raider, adapté du jeu vidéo reboot de Crystal Dynamics et Square Enix de 2013, inspirait une certaine perplexité face au nom du réalisateur : Roar Uthaug. C’est à lui que nous devons le médiocre Dagmar : L’âme des Vikings, malgré le correct The Wave. En revanche, l’annonce du nom d’Alicia Vikander pour le rôle de Lara Croft avait rééquilibré la balance, en particulier chez les cinéphiles. En effet, après avoir livré d’authentiques prestations dans Pure, Royal Affair, Anna Karenine, Le Cinquième Pouvoir et Agents très spéciaux : Code UNCLE, elle incarnait avec puissance et justesse un cyborg dans l’excellent Ex Machina, avant d’apparaître dans le magnifique The Danish Girl, qui lui a valu un Oscar à seulement 27 ans. Elle a ensuite enchaîné les tournages sur Jason Bourne, Une vie entre Deux Océans et Tulip Fever. Aujourd’hui, l’actrice suédoise, qui est sans conteste l’une des plus prometteuses de sa génération, sans parler de ses 50 récompenses en 16 ans de carrière, a l’honneur d’interpréter le rôle culte et mythique de la nouvelle Lara Croft. Cependant, cette nouvelle adaptation est-elle à la hauteur du talent de la comédienne ? Verdict.
 
 Le coach Magnus Lygdbäck et Alicia Vikander
 
Après un court prologue narré par l’excellent Dominic West (Chicago, Le Sourire de Mona Lisa, Sur écoute, The Affaire, The Square) incarnant Richard, le père de Lara Croft, le long-métrage nous plonge dans le quotidien londonien de cette dernière. D’un brutal entraînement de MMA à une course clandestine à vélo, en passant par son retour dans le fameux manoir familial, le premier arc se montre on ne peut plus efficace, permettant un réel ciblage sur la psychologie du personnage, agrémenté de courts flash-backs. C’est dans ces 25 premières minutes que nous apercevons Madame Kristin Scott Thomas. Le scénario suit son cours, emmenant Lara à Hong Kong, nous montrant au passage une parfaite course-poursuite à pied avant de rencontrer le trop rare Daniel Wu (Into the Badlands, World of Warcraft, Wang Jiao Hei Ye, New Police Story.) Cap ensuite sur l’île périlleuse qui a fait disparaître Richard Croft, dont le voyage s’avère, bien entendu, catastrophique. Sur cette île, nous rencontrons enfin l’antagoniste du film, interprété par l’authentique Walton Goggins, grand adepte de la Méthode Stanislavski, qui, avant d’apparaître dans Les 8 Salopards, nous livrait la magnifique interprétation riche en évolution du fameux Shane Vendrell dans l’inoubliable série The Shield, sans oublier son puissant rôle de prostituée transgenre dans Sons of Anarchy. Nous apprécions d’ailleurs l’écriture du personnage, taillée pour Goggins, qui lui permet de se démarquer des classiques bad guys que l’on trouve à foison dans les blockbusters.
 
 
L’une des qualités du film réside d’ailleurs dans son éloignement des grosses adaptations. En effet, jusqu’à la conclusion, Tomb Raider ne suit pas certains codes de l’entertainment, privilégiant un traitement authentique bien que faible scénaristiquement, sans tomber dans la facilité de l’utilisation excessive d’effets spéciaux que l’on trouve désormais dans la majorité des longs-métrages à gros budget peuplés de fonds verts. Si le film n’est pas exceptionnel, il a le mérite de tracer son propre chemin qui déroutera les amateurs de blockbusters, mais comblera probablement les cinéphiles et les spectateurs lassés de ce que nous offre le cinéma grand public depuis de trop nombreuses années. Que ce soient les courses-poursuites, le court mais efficace combat dans la boue et la pénombre, les phases d’exploration et de survie, tout en passant par une scène émotive, le film nous emporte gentiment avec lui tout en nous montrant son envie de négliger la poudre aux yeux, loin de la grande prétention des adaptations, malgré une structure scénaristique et narrative convenue, à l’exception d’un twist plus que bienvenu. Le seul point réellement décevant est le travail de Tom Holkenborg alias Junkie XL. Le compositeur ayant habitué le public à de magnifiques scores, nous étions en droit d’attendre des compositions du même acabit, ce qui n’est pas le cas. Il nous livre ici un score toutefois efficace, à défaut d’être inoubliable.
 
 
Ce que nous retiendrons surtout du film est la parfaite performance de l’intégralité de la distribution, Alicia Vikander en tête. En plus de s’être investie physiquement dans le personnage, grâce à un entraînement mêlant musculation, cardio, escalade, boxe anglaise et MMA pendant 7 mois lui ayant permis d’acquérir une prise de muscles de 5 kilos grâce au fameux coach Magnus Lygdbäck (l’entraîneur personnel de Ben Affleck sur Justice League et d’Alexander Skarsgard sur Tarzan), Alicia Vikander nous livre une performance d’une grande justesse, balayant l’interprétation certes plaisante mais caricaturale d’Angelina Jolie. Dans une scène de course à pied, d’escalade ou de tir à l’arc, les mouvements de la comédienne, qui a effectué elle-même près de 90 % des cascades de Lara dans des conditions parfois extrêmes, sont appréciables, car crédibles et authentiques pour les plus observateurs, contrairement à de nombreuses comédiennes choisies uniquement pour leurs physiques avantageux dans d’autres films d’actions, se contentant « simplement » de manier une épée et une arme à feu sans réels muscles et entrainements intensifs. Bon nombre de longs-métrages devraient prendre exemple… Nous avons dans ce film une réelle action woman en plus d’avoir une véritable Lara Croft au caractère bien trempé qui crève l’écran, se montrant émotive (mention spéciale aux scènes de souffrance parfaitement retranscrites grâce au jeu d’Alicia), téméraire, intrépide, badass, curieuse, attendrissante… en un mot : humaine.
 

En conclusion : une honnête adaptation qui s’éloigne des codes traditionnels du blockbuster pour nous livrer un petit film d’origines plus riche en sobriété, bien que tombant souvent dans la facilité scénaristique. La véritable force de ce reboot est sa distribution de qualité, notamment grâce à Walton Goggins, Dominic West et bien sûr Alicia Vikander. Voir enfin une véritable Lara Croft à l’écran est un pur moment de plaisir et de soulagement, bien que le contraire aurait été étonnant, compte tenu du talent et de l’implication d’Alicia Vikander sur chacun de ses longs-métrages. La conclusion du film nous rend impatients de savourer la suite. Croisons donc les doigts pour les retours et les résultats du box-office, afin qu’un second opus puisse voir le jour. Privilégiez bien entendu la vost si vous le pouvez, afin de savourer pleinement les performances des comédiens, caricaturés par le doublage français qui enlève toute saveur en ne rendant aucunement hommage aux talents du casting (en particulier Walton Goggins), comme nous le montraient les doublages des bandes-annonces. À noter que le très court teaser du jeu vidéo Shadow of the Tomb Raider vous attend à la fin du générique.
 
7,5/10
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