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Blockbusters Hollywoodiens – Vous pouvez en attendre plus que ça !

Face à la réception de notre critique sur Power Rangers (2017), nous souhaitons vous exposer plus précisément notre conception du Blockbuster Hollywoodien et détaillé notre méthode d’analyse du film Power Rangers.

Blockbusters Hollywoodiens – Vous pouvez en attendre plus que ça !
Blockbusters Hollywoodiens – Vous pouvez en attendre plus que ça !

Les Blockbusters Hollywoodiens sont souvent un sujet qui fâche dans le carcan cinématographique général. Parfois adulés, parfois dénigré mais souvent déconsidérés comme des angles obtus du cinéma général. Toujours assis entre deux chaises, nous spectateurs, constatons que le cinéma propose souvent deux visions disjointes du grand écran en termes de Blockbusters à savoir ceux dits « intelligents » avec un contenu culturel soit mis en exergue soit mis en arrière-plan, soit des Blockbusters seulement là pour faire marcher le lucratif business Holywoodien.

Le voyage dans la lune – Georges Méliès (1902)

Là où nous voulons en venir, c’est vous montrer que derrière des objets filmiques particulièrement axé sur le divertissement sans prises de têtes, se cachent très souvent des partis-pris techniques ou des toiles narratives de fond qui densifient l’aspect extérieur du film quel-qu’ils soient. Au contraire, d’autres, comme soulevé en introduction, veulent enhardir le côté commercial du cinéma. Même si chacun peut avoir son propre avis sur la question et sur les films qu’il regarde (Nous précisons au passage que notre avis sur Power Rangers n’est qu’un avis comme tant d’autres, et qu’il ne régit pas votre choix de voir ou non ce film comme celui de juger si vous l’avez aimé ou pas), il faut savoir ce que l’on regarde au cinéma et surtout savoir ce que l’on nous vend. Avant d’être une colossale machine à rapporter du fric, le cinéma c’est de l’art. Au travers de Méliès, Vigo, Renoir, Welles, Kurosawa, le cinéma s’est bâti autour d’une véritable volonté de créer. C’est ensuite que la notion de divertissement est née. Divertir un spectateur c’est trouver tous les artifices nécessaires pour lui faire apprécier le cinéma et lui donner envie d’y revenir. Méliès le fait par exemple très bien. Au travers d’artifices de décors mobiles et une vivacité dans sa scénographie (CF : Le locataire diabolique – 1909), il est l’un des premiers à divertir le spectateur. Bien entendu, nous sommes en 2017 et l’entreprise cinématographique à évolué. Sauf que ce n’est pas non plus une raison pour se permettre de prendre le spectateur pour quelqu’un d’idiot avec des longs-métrages d’une bassesse incroyable.

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Alexandre Astier, pendant l’un de ses passages plateau sur Morandini a insisté, lorsqu’il s’est permis de critiquer la télé-réalité, sur cette question en précisant : « qu’il ne faut pas confondre le fait d’essayer de voir quelque chose de brillant et celui de se prendre la tête ».

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Cet amalgame dégage lui-même un fait inaliénable, un divertissement peut réussir à concilier intelligence et amusement. Dans le cas où ce fait n’est pas possible, deux choix s’appliquent alors : Où le Blockbuster visé rattrape sa dimension « pop-corn décérébré » par un travail graphique de grande qualité, soit, dans un cas extrême, il devient alors l’illustration même de l’Hollywood obnubilé par l’argent. Pour résumer, au sein d’un Blockbuster plusieurs choses sont évidemment possibles (nous aborderons le cas Power Rangers à la fin).

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  • Les Blockbusters dits « intelligents » par leur simple cohérence, le propos en arrière-plan ou leur langage visuel.
  • Les Blockbusters principalement présents pour le grand spectacle décérébré mais bénéficiant d’un arrière-plan qui densifie la storyline aux premiers abords, trop simple.
  • Les Blockbusters aux propos narratifs totalement fous mais qui ont une patte technique qui les démarquent des autres.
  • Les Blockbusters commerciaux sans aucun enjeux intéressants.

Abordons la première catégorie.

Batman V Superman : L’aube de la justice de Zack Snyder (2016)

Blockbuster ne veut pas forcément dire que ce ne sera pas intelligible. Un blockbuster (en anglais, littéralement « qui fait exploser le quartier ») est un film, une pièce de théâtre et parfois un jeu vidéo appelé à un grand succès populaire, et ayant généralement bénéficié d’un gros budget. On a tendance aujourd’hui à uniformiser ce propos autour de TOUT ce qui sort, provoquant un amalgame complet entre des films comme La Nuit au Musée, Batman V Superman ou Ben-Hur (2016) parce que aujourd’hui le terme s’applique à beaucoup trop de films, car certaines comédies peuvent atteindre notamment jusqu’à 90 millions de dollars de budget. L’exemple typique se voit avec La Vie rêvée de Walter Mitty de Ben Stiller (2014) qui, malgré son budget exorbitant, est un anti-blockbuster, une comédie familiale déjantée qui possède son lot de finesses scénaristiques et visuelles là-aussi.

Mad Max Fury Road de Georges Miller (2015)

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Les Blockbusters intelligents sont, malgré les opinions générales, TOUS bénéfiques en un sens pour le public qu’ils visent. Ce n’est pas parce qu’on vise la jeunesse que l’on peut être contre-productifs et offrir des objets filmiques sans queues ni tête. En guise d’exemples sans s’attarder au cas par cas, Mad Max Fury Road (2015) est un festival graphique avec une pléthore de prouesses visuelles mixé à des choix scénaristiques excellents (comme celui de traiter la place des femmes dans un monde post-apocalyptique). Il en reste un tourbillon d’ingéniosités à ne pas mettre devant les yeux certes, mais il montre qu’avec le budget équivalent de celui de Power Rangers, que l’on peut révolutionner un cinéma de divertissement au contraire de Power Rangers qui provoque sa dégénérescence.

Exodus : God and Kings de Ridley Scott (2014)

Les exemples sont très nombreux, que ce soit Chronicle (2012) et son acerbe critique du jusqu’au boutisme d’un ado obnubilé par le pouvoir et la vengeance (Alors que le film vise un public adolescent), le décrié Batman V Superman (2016) qui traite un combat de supers-héros sous une forme plus idéologique que visuelle (Alors que la aussi le film vise la même tranche d’âge quasiment que Power Rangers à savoir les 15-16 ans), A la poursuite de demain (2015) qui traite du monde idéal est aussi un argument de poids qui démonte totalement Power Rangers. Ce film vise en effet un public beaucoup plus jeune (8-10 ans) et mixe scènes d’actions, d’humour un peu facile avec un propos en arrière-plan qui fait réfléchir (l’avenir de notre planète, la question du pouvoir et de la créativité…). La saga de la Nuit au Musée en est aussi un exemple, la chronique complète sur la saga est disponible sur le site depuis longtemps. Ainsi, Blockbuster ne veut pas forcément dire anti-divertissement s’il contient une once d’intelligence ou de cohérence (on l’a vu avec ces exemples) mais beaucoup subsistent encore (Avatar).

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Captain America : Civil War d’Anthony et Joe Russo (2016)

Le Marvel Cinematic Universe, alors qu’il s’adresse au même public que Power Rangers, a le mérite derrière tous ses films à gros budget, d’avoir instauré une cohérence et un univers assez riche grâce à tous ses films. Ils se permettent même des apartés et messages intéressants (Le danger de l’intelligence artificielle dans l’ère d’ultron – 2015 ou la prise de responsabilités des héros au sein de conflits politiques dans Civil War – 2016). Et puis même en dehors du Marvel Cinematic Universe, regardez Logan, Xmen Days of Futur Past… Ce sont des films qui ne visent pas forcément la même tranche d’âge pour certains, mais, malgré leurs défauts, réussissent à capter l’importance d’une imbrication positive et méliorative du cinéma mêlant l’ « intelligent » et le « divertissant ».

Elysium de Neill Blomkamp (2013)

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Autre possibilité, les blockbusters abscons de prime abords, mais denses quand on regarde leur arrière-plan. Là encore, pléthore d’exemples peuvent être donnés mais ce sera plus bref car ces films peuvent être reliés avec la première catégorie. Que ce soit Elysium (2013) pour les raisons évoquées dans une chronique sur le présent film retrouvable aussi sur le site, San Andreas (2015) qui évoque dans un bref discours le travail ardu des sismologues sous ses dessous de film crétin et abject ou, pour un public plus adolescent, les Vaiana (2016) et Miss Peregrine (2016), ils contiennent, malgré leur budget stratosphérique, des subtilités que n’a pas au fond Power Rangers.

Dernière possibilité pour énoncer les blockbusters « positifs », ceux qui se démarquent au niveau du visuel. Là encore, grand choix de possibilités. L’exemple le plus typique est la saga Transformers de Michael Bay (2007-2017). En dépits de ses choix narratifs simples, la saga pose à certains moments des questions plus sérieuses, et la réalisation de Michael Bay est une réalisation qui lui est personnelle.

Passons dorénavant à Power Rangers. Avec certains films comme Ben-Hur (2016), God of Egypt (2016) ou la suite de 300 (2014 – Noam Murro) ils participent de plein pied au cinéma qui veut simplement être commercial. Power Rangers est en soi un catastrophique tollé. Il ne fait que retranscrire la pastiche simple du credo de l’univers Power Rangers et ça, d’accord, il le fait bien mais en tant que spectateurs, ne sommes nous pas en droit d’attendre plus de ce genre de long-métrage ? Israelite qui vante avoir une esthétique semblable de Chronicle malgré son projet Almanac plus que médiocre promet monts et merveilles avec son Power Rangers mais la mayonnaise ne réussit pas à prendre tant rien de fou n’est contenu dans le scénario et le langage visuel de l’œuvre ! Le considérer comme divertissement reste d’autant plus discutable tant le long-métrage veut démystifier ses personnages en leur offrant un large arc descriptif qui, justement, est loupé car il ne présente que des stéréotypes de genres. « L’amusement » à coups de déluges d’effets spéciaux se fait à 20 min du dénouement.

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Cela laisse tout à fait transparaître que non, divertir à grand coups d’explosions les spectateurs ‘était pas le but initial d’Israelite. Le film va déboucher sur une saga. L’enjeu était donc de primordialement introduire les personnages pour la suite de leurs aventures comme ils l’ont fait avec Warcraft le commencement de Duncan Jones (2016) sauf qu’ici, comme soulevé dans notre critique c’est manqué, pour un tas de raisons que nous vous avons soulevé précédemment.

Ainsi, vous êtes en parfait droit d’aimer ce reboot de Power Rangers, d’apprécier le « divertissement » que l’on vous a proposé mais par les temps qui courent et la multiplication des Blockbuster qui se fait de plus en plus présente à Hollywood, VOUS, spectateurs, avez le droit, en payant votre place de cinéma, de voir un film à gros budget qui peut vous divertir tout en transmettant ne serait-ce qu’une once de crédibilité ou d’intelligence, et même Transformers a cette once dont nous parlons. Mais ce genre de longs-métrages abjects qui n’a pour but que de transposer un univers télé sur grand écran sont néfastes. On peut en faire, mais pourquoi le servir au public sans chercher à proposer un renouveau visuel, graphique ou scénaristique ? Nous concluons sur le fait que nous respectons l’avis de toute la communauté Geeks Lands et que nos critiques ne prône pas l’universel, elles cherchent avant tout à vous proposer un retour sur chacun des films que nous avons vu et que vous êtes libre de donner le vôtre en retour !

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