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La Nuit au Musée – Retour sur une saga passée inaperçue

 

Zoom sur la saga « La nuit au musée » sous une optique de lecture différente.

La Nuit au Musée – Retour sur une saga passée inaperçue
La Nuit au Musée – Retour sur une saga passée inaperçue

– Il est temps de vivre une nouvelle aventure

– Aucune idée de ce que je vais faire maintenant…

– C’est ça qui est excitant !

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Tel sont les dernières répliques qui ferment la boucle narrative de la saga « La nuit au musée » orchestrée par Shawn Levy en 2006 et s’échelonnant sur trois films en 9 ans, pour se finir en 2015. Mettant en têtes d’affiches des acteurs comiques Américains renommés comme Ben Stiller, Owen Wilson, Rami Malek ou le tristement regretté Robin Williams, la nuit au musée a aussi vu défiler un boulevard d’acteurs au portillon pour distiller au public des caméos et des petits rôles sans prétentions, avec en tête Ricky Gervais, Jonah Hill, Mickey Rooney, Ben Kingsley, Alain Chabat ou encore, Hugh Jackman.

La trilogie de la nuit au musée est un Blockbuster familial, un film à gros budget accès sur le divertissement (fait indiscutable). Mais j’avais envie de parler de cette trilogie d’une autre façon. Plus qu’une simple série de films voulant amasser du pognon, il faut reconnaître que Shawn Levy a tenté de bâtir un univers enfantin, où toutes les générations pouvaient se retrouver et s’identifier au cœur de l’aventure tant cette galerie de personnages principaux sont calibrés pour faire perdurer cette stase de développement personnel et nous inviter à entrer dans une danse joviale et euphorique. Derrière son côté pompeux à grand spectacle, la saga distille un message personnel prépondérant, celui de l’enfance et du rêve de voir nos aspirations concrétisées.

Car qui ne rêve pas se retrouver dans un musée qui germe sous nos yeux ? Un musée où chacun de ses ressortissants devient un ami proche, qui nous guide dans nos choix, notre vie et notre futur ? C’est avant tout le leitmotiv de la Nuit au Musée. Celui d’un parcours initiatique, d’un homme perdu dans sa vie quotidienne qui, au travers de l’amoncellement de personnalités diverses qui composent l’exposition du Museum d’histoire naturelle de New York, apprendra à évoluer vis-à-vis de sa place dans le monde, et aiguillera mieux ses choix de vie.

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En un sens, les clefs de lecture du film, si on les placent autour de cet axe d’étude, se révèlent assez vite. Larry Daley le protagoniste, est un grand enfant. Un homme perdu dans sa vie de tous les jours au moment du premier volet (2006). Sa femme est désormais en couple avec un riche trader et il entretient des rapports difficiles avec son fils. Il trouve en ce boulot de veilleur de nuit, une voie du salut qu’il n’espérait plus. En apprenant à joindre ces personnalités totalement disparates entre elles, Larry va s’attacher à un monde spécifique en marge de notre société de tous les jours, il a trouvé ses amis qui, pour la plupart, vont redynamiser sa vie.

Le premier volet est un peu une phase de découverte, Larry découvre son nouvel environnement et s’y adapte. L’enjeu spécifique du premier film avec la menace des trois vieux gardiens n’est en rien un présage de maturité créative dans l’arrière-plan du long-métrage au niveau de son message. Ce n’est qu’au travers des deux autres volets que Shawn Levy développera un background sous forme de missive émotionnelle et réflective sur le cheminement édificateur de l’enfant et du jeune adulte. Avant sa conclusion en 2015 qui illustre parfaitement mon propos, le second volet en 2009 pose déjà quelques prémices de la fin projetée de cette saga, et par conséquent de la magie de l’enfance. Au début du film on voit que le personnage de Larry a quitté le musée et s’est redirigé vers l’invention de babioles inutiles.

Sa fugace aventure au musée semble avoir dessinée la suite de sa carrière mais le personnage ne peut s’empêcher de voler au secours de ses amis lorsque ceux-ci l’appellent au secours au moment de leurs transferts au musée de Washington. Par conséquent, le personnage repart pour l’enfance et n’assume pas une concrète vie active, préférant retourner dans une abstraction magique et divine puisqu’il a noué des liens avec des figures aux premiers abords, impossibles à sociabiliser.

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Au cours du second film, Larry sera aussi confronté à des premiers signes avants-coureurs qui forgeront une évolution dans son personnage. L’aviatrice Amelia Earhart (jouée par Amy Adams) lui distillera des premières leçons de morale, se montrant plus lucide que lui sur la situation du musée et plus perspicace en prenant quelques fois pour lui des décisions radicales. De plus, son choix crucial pour sauver ou non le cow-boy Jeddediah provoquera chez lui un schisme radical sur la véritable nature de ses « amis ».

Enfin, le dernier épisode est peut-être le plus représentatif de ce cheminement de Larry pour sortir d’une enfance dans laquelle il est malgré tout à nouveau entré plusieurs fois au cours de la saga. La fin de la magie du musée était la seule disposition de concetto dramatique qu’il fallait adopter pour « boucler la boucle » instaurée par le film. Ce choix de mettre en danger la magie de ce musée était la dernière narration envisageable pour créer un minimum d’intérêt pour le dernier volet d’une saga qui, après un second opus martyrisé, s’essoufflait.

Cet enjeu plus « tendu » pour Larry dévoilait ses faiblesses et ses véritables liens avec ses amis. Le personnage apparaît comme obstiné de sauver ses amis de la fin présumée de la magie quitte à ce que sa relation avec son fils passe au second plan. Cette volonté de sauvegarder à tout prix son monde privé entre fiction et réalité passe avant les enjeux primordiaux d’une vie. Larry ne veut pas quitter le noyau de l’enfance et l’envoûtement qui s’y rattache. Cela se ressent encore plus en fin de film où, malgré la réussite finale de ce sauvetage de la tablette, les personnages choisissent de laisser celle-ci avec Ahkmenrah à Londres plutôt que la tablette revienne à New York condamnant ainsi la magie à rester en terres Anglaises. Devant cette déclaration choc de ses amis, l’ « enfant » Larry se met à pleurer, voyant ses compagnons prendre une décision difficile mais nécessaire pour qu’il passe à l’étape au-dessus et s’engage dans un poste à responsabilités.

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D’ailleurs, Theodore Roosevelt, le compagnon primaire de Larry répète avec insistance « Laisse nous partir, fils ». Le personnage semble avoir conscience que le gardien de nuit doit se créer une nouvelle aventure, peut être cette fois dans des strates plus adultes, et quitter ce macrocosme enfantin dans lequel il a pu évoluer quelques années mais où l’accomplissement de soi perd en intensité.

Malgré tout, en fin de film, on apprend que Larry, par le biais du Dr.McPhee est désormais enseignant à l’université, poste plus « mature » que celui de gardien de nuit dans ce musée spécial. Le dernier plan de la saga montre Larry, le regard tourné et nostalgique vers le musée qui l’a fait grandir qui a pu revivre le temps d’une nuit grâce à la présence de la tablette en provenance de l’exposition itinérante du musée de Londres. Ce dernier regard nous montre que malgré le cheminement vers la vie adulte, on peut toujours garder notre âme d’enfant.

Le pivot de cette construction identitaire du protagoniste reste Theodore Roosevelt. Le personnage facilite l’évolution de Larry en étant son bras droit, celui qui lui distille les bons messages moraux.

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La nuit au musée, derrière sa dimension Blockbusteresque, construit un vrai univers cohérent et juste dans son arrière-plan. S’axant avant tout comme film familial, il permet toutefois à l’enfant de se référencer aux personnages, et l’échellonnage gradué dans le temps des sorties de chaque opus leur permet de grandir avec.

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