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Le Roi : Au diable l’Histoire (Critique)

« Le Roi » par Netflix réussit en 2h20 à travestir l’Histoire tout en offrant un beau divertissement.

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Timothée Chalamet incarne pour Netflix le roi d'Angleterre Henry V, vainqueur de la bataille d'Azincourt en 1415. / © NETFLIX
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Le Roi, de Netflix et coproduit par Plan B (la société de production de Brad Pitt) est une aberration historique doublée d’extrapolation déjà pourtant bien employée par Shakespeare.

Tandis que « Le Roi » est adapté de la pièce de théâtre Henri V de Shakespeare, présentée pourtant par ce dernier comme « le belliqueux Henri », Netflix charme toute l’Angleterre en s’employant a faire de nouveau paraître l’un de leurs célèbres monarques historiques comme épris de justice, pacifiste et fuyant toute querelle. Une boutade s’il en est, qui se perd dans le ridicule lorsque, fraîchement couronné Roi, Henri V demande à sa cour pour quelle raison on lui parle de Guerre contre le Royaume de France. La réponse, on croit la connaître, en pleine guerre de Cent Ans.

Timothée Chalamet incarne pour Netflix le roi d’Angleterre Henry V, vainqueur de la bataille d’Azincourt en 1415. / © NETFLIX

TOUT EST FAUX

Le scénario ira de mal en mal,  tout est faux. Gascoigne n’a jamais conseillé Henri V, mais son père. De ce fait, il n’est pas poignardé par son roi comme le veut la scène finale. Ni même que Louis de Guyenne, troisième Dauphin de France, fils de Charles VI n’ait jamais participé à la Bataille d’Azincourt, encore moins tué sur le champs de bataille dans un combat tournant au ridicule. Il en va de même pour l’Archevêque qui n’a jamais mis les pieds à Azincourt.

DU GRAND DIVERTISSEMENT

Outre l’aberration historique, et la très mauvaise adaptation de la pièce de Shakespeare, « Le Roi » qui nous fait le bonheur de ne pas s’intituler comme l’œuvre du poète, est un bon divertissement si vous arrivez à faire l’impasse sur l’absence inégalable de véracité historique.

Le Français arrogant, vaniteux. Un point de vue très british

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En effet, que ce soit dans les costumes ou la prise de vue, le film se jette corps et âme dans la bataille, donnant une dimension épique aux scènes de guerre. Souffrant malgré tout de certaines longueurs qui se complaisent dans l’ineptie du scénario coécrit par Joël Edgerton et David Michôd. Les acteurs, heureusement, font belles figures, Robert Pattinson dans le rôle du Dauphin souffre quant à lui du scénario affligeant de son personnage (non parce que, le roi fou, c’était son père).

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« Le Roi » sort de sa joute comme le grand perdant, faisant suite à l’ambition de Netflix de produire des films historiques comme le très réussi Outlaw King. La plateforme de streaming conserve cependant sa réussite dans l’esthétique et la mise en œuvre de ses scènes épiques. On regrettera la Bataille d’Azincourt qui va généreusement copier Game Of Thrones (cette scène) :

Game Of Thrones

En définitive, « Le Roi » reste un film de divertissement très regardable, on repassera pour sa véracité historique et son absence de fidélité de l’adaptation shakespearienne déjà bien allègrement hypothétique. « Le Roi » plonge le spectateur dans le moyen-âge au travers de sublimes décors et costumes.

On ne se sentira pourtant jamais concerné par les personnages comme Catherine de Valois (Lily Depp) bien loin d’être aussi franche et pure, ou tout bonnement, le frère d’Henri V qui mourut en réalité après l’accession au trône du roi Henri. C’est aussi le cas d’Oldcastle qui inspira à Shakespeare le personnage fictif de Falstaff, compagnon de débauche du jeune Henri, interprété par Joël Edgerton et stratège de la bataille d’Azincourt (dans le film) alors que chez Shakespeare, le monarque lui tourne le dos dès son arrivée sur le trône. En réalité il mourra tout seul dans une taverne.

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Analyse rétrospective

Top 10 films 2019 d’un membre de la rédaction

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Un membre de la rédaction vous propose son top 10 films de 2019. N’hésitez pas à proposez votre point de vue sur ce top en commentaire ainsi que le vôtre !

Outsiders : Avengers Endgame des Frères Russo et Bienvenue à Marwen de Robert Zemeckis

En soi, Avengers Endgame marque la fin du MCU tel qu’on l’a connu. Et même si le film prend cent fois moins de risques qu’Infinity War, ce retour dans le passé fait beaucoup de bien. Un divertissement grand spectacle efficace. Pour ce qui est de Bienvenue à Marwen, c’est un peu plus difficile à expliquer. Il s’agit d’un film qui prend à contrepied le message véhiculé par les trailers. C’est un long-métrage très pessimiste, très douloureux, mais qui est d’une beauté organique tellement extraordinaire. Là aussi, Zemeckis semble livrer le condensé de toutes ses précédentes œuvres…

Notre critique d’Avengers : Endgame est ici. Vous pouvez retrouver mon avis détaillé sur Bienvenue à Marwen !

10 – Xmen : Dark Phoenix de Simon Kinberg (5 Juin)

Fracassé par les critiques, remonté à la va-vite, humilié au box-office… Ce dernier film sur les mutants campés par Michael Fassbender, Jennifer Lawrence ou encore James McAvoy a unanimement été qualifié d’échec artistique et commercial. Pourtant, la noirceur du récit et la tension omniprésente qui entoure nos héros se révèle hyper efficace. On a le sentiment que personne n’est à l’abri. La mise en scène léchée et la musique soignée nous permettent de ressentir cette dernière aventure des Xmen comme un « jugement dernier ». Seul les antagonistes un peu bidons font perdre de l’impact à ce long-métrage, où la méchante aurait dû être uniquement Jean Grey.

9 – À couteaux tirés de Rian Johnson (27 Novembre)

Forme de Cluedo grandeur nature, Rian Johnson livre un petit film à la mise en scène sobre et efficace, avec un suspens haletant qui ne cesse de surprendre son spectateur au travers de détours dramatiques et de secrets narratifs complètement fous. Le tout est porté par une pléiade d’acteurs formidables (Daniel Craig, Chris Evans, Ana de Armas, Toni Collette, Michael Shannon, Christopher Plummer pour ne citer qu’eux). 

8 – Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino (14 Août)

Surprenant puisque Quentin Tarantino a une mise en scène et une manière de penser et concevoir ses films assez radicale. Cela ne plait pas à tout le monde (encore moins à quelqu’un comme moi). Pourtant, et cela semble être la grande mode cette année, lui aussi se permet de créer une fresque rétrospective de son cinéma, cumulant les références avec intelligence, maturité, soin et maestria. Le cynisme et l’humour densifient la réussite du scénario dont les grandes envolées lyriques des différents personnages ne servent pas juste qu’à mépriser le spectateur. Du très grand art, oui carrément. Notre critique ici !

7 – Edmond d’Alexis Michalik (9 Janvier)

Une surprenante réussite ! A partir d’un sujet casse-gueule qui ne peut pas plaire à tout le monde, Alexis Michalik livre une œuvre décapante et fidèle à la retrancription de l’époque d’Edmond Rostand. Le réalisateur parvient à rendre le tout dynamique en modernisant l’humour. Thomas Solivérès livre une performance remarquable et remonte la pente après un désastreux « Spirou et Fantasio ». Avec « Le mystère Henri Pick », Edmond prouve que la comédie Française peut réussir à être fraîche, divertissante tout en étant intelligente. 

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Résumé : Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ». 

6 – Joker de Todd Philipps (9 Octobre)

Joker de Todd Philipps, c’est probablement l’OFNI qui aura marqué de son empreinte l’année 2019. Plus un film psychologique qu’un film de super-héros, il propose une vision d’auteur époustouflante sur l’origin story du Joker. Grand favori pour la course aux oscars, Joker est aussi à couvrir de louanges pour l’énorme performance de Joaquin Phoenix. Mon avis en vidéo est à retrouver ici !

5 – Music of my life de Gurinder Chadha (11 Septembre)

Typiquement le genre de feel-good movie qu’il faut voir si vous êtes dans une mauvaise passe. « Music of my life » vous pousse à la créativité, à la joie de vivre et à l’unique ambition d’être heureux. La réalisation détonne et se dévoile au rythme des musiques rocks de Bruce Springsteen. Un super film à voir de toute urgence ! Critique ici !

Résumé : 1987, Angleterre.
Javed, adolescent d’origine pakistanaise, grandit à Luton, une petite ville qui n’échappe pas à un difficile climat social. Il se réfugie dans l’écriture pour échapper au racisme et au destin que son père, très conservateur, imagine pour lui. Mais sa vie va être bouleversée le jour où l’un de ses camarades lui fait découvrir l’univers de Bruce Springsteen. Il est frappé par les paroles des chansons qui décrivent exactement ce qu’il ressent. Javed va alors apprendre à comprendre sa famille et trouver sa propre voie…

4 – Green Book : Sur les routes du sud de Peter Farrelly (23 Janvier)

Vainqueur à l’unanimité des Oscars 2019, « Green Book » mérite amplement ce titre. Porté par deux acteurs exceptionnels, ce film est une vaillante comédie qui parvient à émouvoir et à captiver son spectateur autour de son duo de personnages, tout en distillant de précieux messages contre le racisme et pour l’amitié ! Une réussite totale !

Résumé : En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité. Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.

3 – Creed II de Steven Caple Jr (9 Janvier)

Il est peut être moins puissant émotionnellement que celui sorti en 2016 mais reste terriblement galvanisant. Creed 2 délivre un message très costaud sur les difficultés de la vie et offre une réalisation prenante où le parcours d’Adonis Creed peut résonner avec chacun d’entre nous. Le long-métrage permet aussi une sortie de route en douceur pour notre bon vieux Rocky. Diablement efficace ! 

2 – Hors Normes d’Eric Toledano et Olivier Nakache (23 Octobre)

Il est de mon humble avis que le duo de réalisateurs Français vient de frapper encore plus fort qu’Intouchables. Humain, modeste, poignant, authentique, fort, bien joué, terriblement actuel et réel… Le long-métrage est un regard important sur notre société. Une fresque héroïque de ceux qui œuvrent au quotidien pour que tout le monde puisse vivre dignement. L’une de mes plus grosse claque de la décennie de la part du cinéma Français. 

Le résumé : Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés « d’hyper complexes ». Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.  

1 – Proxima d’Alice Winocour (27 Novembre)

Un film riche, personnel, touchant, profondément bien joué, extrêmement bien réussi et dont la modestie des moyens se marie parfaitement avec le sublime scénario. Un film qui aura marqué à vie ma vision du cinéma. Proxima est à courir voir si vous ne l’avez pas encore vu. Eva Green livre une performance renversante tout comme la jeune actrice Zélie Boulant-Lemesle.

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Le résumé : Sarah est une astronaute française qui s’apprête à quitter la terre pour une mission d’un an, Proxima. Alors qu’elle suit l’entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d’hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans. 

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Actualités

Star Wars: L’ascension De Skywalker – L’honneur est sauf.

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Il est enfin sorti. Après des semaines d’attente, d’espoir et de craintes, ce nouveau chapitre vient clore la postlogie entamée en 2015 avec le Réveil de la Force, opus qui avait laissé bon nombre de fans dubitatifs mais curieux quant à l’avenir de la saga. Le chapitre suivant n’avait fait qu’alourdir le dossier et ne faisait que renforcer la haine de cette nouvelle trilogie. J.J. Abrams se devait de rectifier le tir. Une pression énorme, émanant principalement d’une fan base très capricieuse et exigeante, reposait sur les épaules de cette conclusion qui souhaitait corriger les lacunes de l’épisode 7 et les erreurs du 8, tout en apportant réponses et satisfaction à un public peu enclin à accepter de nouvelles déceptions.

Au delà de la qualité brute du film, d’un point de vue technique, Abrams rempli le cahier des charges d’un Star Wars abouti malgré son manque de finesse et de développement. Le manque de temps se fait cruellement sentir tout au long du métrage, qui aurait bien mérité une heure supplémentaire afin de pouvoir poser les émotions dans la durée et retrouver le souffle épique propre à la saga, et approfondir les éléments clés du récit. Un survol scénaristique qui créé un sentiment de frustration et d’incohérence que les spectateurs les plus tatillons ne laissent plus passer aujourd’hui. Mais ce n’est pas à « CE » public que Star Wars s’adresse. La cible étant principalement les 10-15 ans, il est évident que le public plus agé et plus aguerri cinématographiquement va se sentir floué voir exclu par le : »cherche pas, c’est magique! C’est la Force! ».

Chercher de la cohérence dans Star Wars, c’est déjà passer à côté de l’essentiel. Oui, c’est cousu de fil blanc et les scènes sont toutes plus téléphonées les unes que les autres. L’originalité ne sera pas au rendez-vous pour les spectateurs trop occupés à théoriser sur les événements du film au lieu de les prendre pour ce qu’ils sont. C’est un Star Wars réussi, avec ses imperfections. Il rattrape les erreurs du Derniers Jedi en taclant ses absurdités. Un récit simple, qui renoue avec le style Star Wars. Les combats spatiaux et les duels au sabre laser sont présents bien que trop courts. Il est difficile de rivaliser avec l’intensité du duel Anakin/Obi Wan sur fond de « Duel of the fates » de John Williams dans La Revanche Des Siths. Le drama est présent mais se disperse dans certaines sous intrigues dispensables, tout en apportant les réponses aux principales questions.

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Certes, le film pêche par endroits et aurait pu prendre mille autres directions autrement plus satisfaisantes et d’autres bien plus décevantes. Mais il faut reconnaitre que malgré ses maladresses et ses gros sabots scénaristiques, cette conclusion fait son office et nous offre, sur le tard, du Star Wars comme on en attendait depuis l’épisode 7. Loin d’être le meilleur de la saga, cet opus reste le meilleur de cette postlogie.

Si les critiques négatives pleuvent déjà de toutes parts, il est bon de rappeler que la prélogie avait eue un accueil assez négatif du public de l’époque. Tenter de faire découvrir à un adulte néophyte la saga originale, c’est prendre le risque de le voir s’emmerder « modèle géant ». Star Wars change, mais reste le même, c’est aux fans vieillissants de s’adapter et de comprendre que ces films ne s’adressent pas qu’à eux. Avec son fan service aussi gras que plaisant, cette trilogie s’adresse autant à eux qu’à la nouvelle génération de spectateurs, au même titre que la prélogie.

À chaque trilogie un épisode se démarque et pose la légitimité des deux autres chapitres; la prélogie avait La Revanche Des Sith, la trilogie avait L’Empire Contre-Attaque, et cette postlogie a L’Ascension de Skywalker. Chacun de ces films cache derrière la volonté d’un merchandising à outrance, une constance qui se ressent sur l’intégralité de la saga.

Le virage dû au Derniers Jedi rend le récit laborieux, mais la volonté de séduire à nouveau le public est présente pour un résultat plus qu’honnête et ranime la flamme vacillante de la saga. N’en déplaise à certains réfractaires, qui avaient probablement déjà enterré cette postlogie dès son premier épisode, n’allant que de déception en déception. Cet épisode n’en demeure pas moins un bon Star Wars.

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Nos critiques

La Reine Des Neiges 2: Ultimate Princess.

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Après le succès colossal du premier épisode des aventures d’Elsa et sa bande, un deuxième opus sonnait comme une évidence dans les oreilles vénales de Mickey. Le résultat est inégal sur de nombreux points.

Elsa et sa sœur Anna se lancent dans une aventure loin d’Arendelle. Kristoff, Olaf et Sven, se joignent à elles pour trouver ensemble des réponses aux événements qui trouble la tranquilité de leur royaume. Sur ce maigre point de départ, le film peine à trouver son rythme et le spectateur aussi. Un premier tiers poussif et gorgé de chants inutiles, qui auront raisons de nombreux adultes « accompagnateurs ».

Les trop nombreux et oubliables chants, l’humour inégal, et le ton global du film empêchent le récit de se hisser au niveau de son prédécesseur. Pourtant, la qualité visuelle place la barre bien au-dessus du premier volet. Là où le premier film avait « traumatisé » son public par son « libérée, délivrée » et un ton très sombre, ce second volet est plus (trop ?) léger dans le traitement des personnages et ne marquera les esprits que par sa technique ébouriffante.

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Pas d’antagoniste, pas d’histoire d’amour, hétéro ? Homo ? Le mystère reste entier autour d’Elsa et c’est très bien ainsi, car la quête de réponses, forme le gros de l’histoire. L’idée de placer Elsa à contre-pied de la princesse classique est bonne, mais c’est sans compter sur son entourage qui parasite son évolution en permanence. À partir du moment où Elsa se retrouve seule, le film décolle enfin dans une scène qui équivaut visuellement à l’impact qu’avait eu la chanson phare du premier opus. Une envolée, d’une grâce et d’une fluidité telles, que les défauts du film paraissent bien anodins au final.

Passé l’émerveillement de la technique irréprochable, les différentes petites histoires, en dehors de la quête d’Elsa, sont pauvres et reviennent parasiter l’histoire principale. Les gags inégaux d’Olaf, les sous-récits brouillons aussi cousus de fil blanc que décousus, alourdissent la progression et détournent de l’essentiel de l’histoire.On retient qu’au final Elsa,techniquement au-dessus de la mêlée de par ses pouvoirs, porte la princesse Disney à un niveau inédit jusqu’alors.

Loin d’être mauvais, ce second épisode aurait mérité que l’on s’attarde un peu plus sur l’écriture de son scénario, plutôt que de tout miser sur une esthétique à couper le souffle. L’appât du gain aura poussé Disney à nous donner un deuxième volet qui ne doit sa réussite qu’à son aspect spectaculaire. Pourtant malgré ses points négatifs, perçus uniquement par les adultes les plus exigeants, le film tient ses promesses en emportant les plus jeunes spectateurs dans une quête pleine d’aventures et de rebondissements. Une histoire comme Disney en a le secret, un petit manège émotionnel, porté par la grâce de son héroïne. A voir si vous avez conservé votre ame d’enfant, qui ne se soucie pas des détails qui dérangent tant les adultes.

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