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Joker : La perfection existe bel et bien

Joaquin Phoenix en Joker
Joaquin Phoenix en Joker

Cette nouvelle interprétation de la Némésis du chevalier noir avait de quoi laisser les spectateurs dubitatifs. Jared Leto et son incarnation coupée au montage dans Suicide Squad et Heath Ledger, parfait, malgré son temps d’apparition à l’écran plutôt mince, ce nouveau projet sentait l’origin story inutile et dispensable au possible. De plus, Batman étant le grand absent de l’histoire, bien des doutes subsistaient dans l’esprit et le coeur des fans, intrigués par ce nouvel opus du DCCU. Sans le vouer à l’échec, il avait tout du pétard mouillé, voire du four absolu.

C’est pourtant bel et bien un chef-d’oeuvre que nous offre le duo Todd Phillips/Joaquin Phoenix. La maîtrise technique et esthétique du premier complète et sublime l’interprétation virtuose du second. Une claque inattendue doublée d’une magistrale leçon de cinéma.

Un rythme lent mais sans temps morts, une réal à l’ancienne, sans fioritures, ni effets spéciaux superflus, qui feraient taches dans un cadre ou tout sonne vrai et désespérément juste. Ajoutez à cela, une multitude de références et d’influences cinématographiques diverses et vous obtenez un film proche de la perfection, porté par la performance époustouflante de Phoenix qui marquera l’esprit des spectateurs par sa subtilité et sa justesse.

Alors que le public est toujours traumatisé par l’interprétation d’Heath Ledger dans le Dark Knight de Christopher Nolan, il est ici impossible de faire une comparaison avec les précédentes versions du Joker à l’écran. Il est question de construire et apprivoiser un monstre, une icône de la pop culture, avec ses codes et son imagerie tenace dans l’esprit du public. Cette version s’affranchit totalement de ces contraintes, dans une approche pure et dure,raffinée à l’extrême.

Le personnage est sorti du carcan narratif des comics assez convenu, pour être jeter sans ménagement dans un Gotham à l’agonie, une cité à bout de souffle ou règne un chaos palpable bien que sous le contrôle d’une élite totalement déconnectée de l’homme de la rue. Bien que le récit soit simple, la mise sous tension de l’ensemble par Phillips lui donne des allures de bombe à retardement. Une folie finement amenée par un réalisateur qui utilise toute sa panoplie pour atteindre la perfection à chaque plans. Et une mention spéciale pour les moments suspendus, ou le personnage danse avec lenteur et une sensibilité à fleur de peau. Du grand art.

Warner, qui semblait désespérément embourbé dans la pale copie de la concurrence en terme d’adaptation de comics, fait table rase de ses erreurs avec ce Joker flamboyant aux allures de « mea-culpa ». Excuses qui seront à coup sûr acceptées par un public impatient de voir le studio renouveler ce tour de force pour les prochains chapitres du DCCU. Des dialogues à la technique en passant par une bande-son en parfaite harmonie avec l’action (Rock n Roll part.2 ,Gary Glitter), le métrage ne laisse rien au hasard et affiche une perfection quasi indécente.

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