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Nos critiques

Joker : La perfection existe bel et bien

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Joaquin Phoenix en Joker
Lecture 3 mins.

Cette nouvelle interprétation de la Némésis du chevalier noir avait de quoi laisser les spectateurs dubitatifs. Jared Leto et son incarnation coupée au montage dans Suicide Squad et Heath Ledger, parfait, malgré son temps d’apparition à l’écran plutôt mince, ce nouveau projet sentait l’origin story inutile et dispensable au possible. De plus, Batman étant le grand absent de l’histoire, bien des doutes subsistaient dans l’esprit et le coeur des fans, intrigués par ce nouvel opus du DCCU. Sans le vouer à l’échec, il avait tout du pétard mouillé, voire du four absolu.

C’est pourtant bel et bien un chef-d’oeuvre que nous offre le duo Todd Phillips/Joaquin Phoenix. La maîtrise technique et esthétique du premier complète et sublime l’interprétation virtuose du second. Une claque inattendue doublée d’une magistrale leçon de cinéma.

Un rythme lent mais sans temps morts, une réal à l’ancienne, sans fioritures, ni effets spéciaux superflus, qui feraient taches dans un cadre ou tout sonne vrai et désespérément juste. Ajoutez à cela, une multitude de références et d’influences cinématographiques diverses et vous obtenez un film proche de la perfection, porté par la performance époustouflante de Phoenix qui marquera l’esprit des spectateurs par sa subtilité et sa justesse.


Alors que le public est toujours traumatisé par l’interprétation d’Heath Ledger dans le Dark Knight de Christopher Nolan, il est ici impossible de faire une comparaison avec les précédentes versions du Joker à l’écran. Il est question de construire et apprivoiser un monstre, une icône de la pop culture, avec ses codes et son imagerie tenace dans l’esprit du public. Cette version s’affranchit totalement de ces contraintes, dans une approche pure et dure,raffinée à l’extrême.

Le personnage est sorti du carcan narratif des comics assez convenu, pour être jeter sans ménagement dans un Gotham à l’agonie, une cité à bout de souffle ou règne un chaos palpable bien que sous le contrôle d’une élite totalement déconnectée de l’homme de la rue. Bien que le récit soit simple, la mise sous tension de l’ensemble par Phillips lui donne des allures de bombe à retardement. Une folie finement amenée par un réalisateur qui utilise toute sa panoplie pour atteindre la perfection à chaque plans. Et une mention spéciale pour les moments suspendus, ou le personnage danse avec lenteur et une sensibilité à fleur de peau. Du grand art.

Warner, qui semblait désespérément embourbé dans la pale copie de la concurrence en terme d’adaptation de comics, fait table rase de ses erreurs avec ce Joker flamboyant aux allures de « mea-culpa ». Excuses qui seront à coup sûr acceptées par un public impatient de voir le studio renouveler ce tour de force pour les prochains chapitres du DCCU. Des dialogues à la technique en passant par une bande-son en parfaite harmonie avec l’action (Rock n Roll part.2 ,Gary Glitter), le métrage ne laisse rien au hasard et affiche une perfection quasi indécente.

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Nos critiques

La Reine Des Neiges 2: Ultimate Princess.

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Lecture 3 mins.

Après le succès colossal du premier épisode des aventures d’Elsa et sa bande, un deuxième opus sonnait comme une évidence dans les oreilles vénales de Mickey. Le résultat est inégal sur de nombreux points.

Elsa et sa sœur Anna se lancent dans une aventure loin d’Arendelle. Kristoff, Olaf et Sven, se joignent à elles pour trouver ensemble des réponses aux événements qui trouble la tranquilité de leur royaume. Sur ce maigre point de départ, le film peine à trouver son rythme et le spectateur aussi. Un premier tiers poussif et gorgé de chants inutiles, qui auront raisons de nombreux adultes « accompagnateurs ».

Les trop nombreux et oubliables chants, l’humour inégal, et le ton global du film empêchent le récit de se hisser au niveau de son prédécesseur. Pourtant, la qualité visuelle place la barre bien au-dessus du premier volet. Là où le premier film avait « traumatisé » son public par son « libérée, délivrée » et un ton très sombre, ce second volet est plus (trop ?) léger dans le traitement des personnages et ne marquera les esprits que par sa technique ébouriffante.


Pas d’antagoniste, pas d’histoire d’amour, hétéro ? Homo ? Le mystère reste entier autour d’Elsa et c’est très bien ainsi, car la quête de réponses, forme le gros de l’histoire. L’idée de placer Elsa à contre-pied de la princesse classique est bonne, mais c’est sans compter sur son entourage qui parasite son évolution en permanence. À partir du moment où Elsa se retrouve seule, le film décolle enfin dans une scène qui équivaut visuellement à l’impact qu’avait eu la chanson phare du premier opus. Une envolée, d’une grâce et d’une fluidité telles, que les défauts du film paraissent bien anodins au final.

Passé l’émerveillement de la technique irréprochable, les différentes petites histoires, en dehors de la quête d’Elsa, sont pauvres et reviennent parasiter l’histoire principale. Les gags inégaux d’Olaf, les sous-récits brouillons aussi cousus de fil blanc que décousus, alourdissent la progression et détournent de l’essentiel de l’histoire.On retient qu’au final Elsa,techniquement au-dessus de la mêlée de par ses pouvoirs, porte la princesse Disney à un niveau inédit jusqu’alors.

Loin d’être mauvais, ce second épisode aurait mérité que l’on s’attarde un peu plus sur l’écriture de son scénario, plutôt que de tout miser sur une esthétique à couper le souffle. L’appât du gain aura poussé Disney à nous donner un deuxième volet qui ne doit sa réussite qu’à son aspect spectaculaire. Pourtant malgré ses points négatifs, perçus uniquement par les adultes les plus exigeants, le film tient ses promesses en emportant les plus jeunes spectateurs dans une quête pleine d’aventures et de rebondissements. Une histoire comme Disney en a le secret, un petit manège émotionnel, porté par la grâce de son héroïne. A voir si vous avez conservé votre ame d’enfant, qui ne se soucie pas des détails qui dérangent tant les adultes.

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Analyse rétrospective

Gros doss’ – Pourquoi La vie rêvée de Walter Mitty est un film qui fait du bien…

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La vie rêvée de Walter Mitty (The Secret life of Walter Mitty en V.O) est un film réalisé par Ben Stiller et sorti le 1er Janvier 2014. Petit succès critique et commercial d’estime (188M de dollars de recettes pour un budget initial de 90M et 970 000 entrées en France), le film à depuis, très vite disparu des radars. Basé sur le livre initial de James Thurber, « La vie rêvée de Walter Mitty » raconte l’histoire de Walter Mitty, un homme ordinaire, enfermé dans son quotidien, qui n’ose s’évader qu’à travers des rêves à la fois drôles et extravagants. Mais confronté à une difficulté dans sa vie professionnelle, Il doit trouver le courage de passer à l’action dans le monde réel. Il va embarquer alors dans un périple incroyable, pour vivre une aventure bien plus riche que tout ce qu’il aurait pu imaginer jusqu’ici. Et qui devrait changer sa vie à jamais.


L’unique souhait de revenir sur ce long-métrage assez ancien désormais (qui va avoir quasiment 6 ans) est sans équivoque. A l’instar du film « Beauté Cachée » de David Frankel, que nous avons précédemment traité sur notre site, « Walter Mitty » reste, à un degré moindre du film porté par Will Smith, profondément mal-aimé et profondément oublié, alors que tout le halo positif qui règne à l’intérieur de ce long-métrage mériterait à juste titre de plus grandes louanges.

Durendal, youtuber cinéma, dans son avis sorti en 2014 sur le film « Walter Mitty » a profité de son large audimat pour qualifier le film de « merde » qui nous vend du rêve avec du « basique ».

Orson Welles, au contraire, disait ceci :

« Ce qui est merveilleux au cinéma, ce qui le rend tellement supérieur au théâtre, c’est qu’il possède beaucoup d’éléments qui peuvent nous vaincre mais aussi nous enrichir, nous offrir une vie qui ne vient de nulle part ».


En soi, cet avis sur Walter Mitty pourrait se résumer à cette unique tirade de Welles. Parce qu’en soi, la trajectoire de vie emprunté par le personnage de Walter Mitty pourrait sortir de nulle part. Dans la vie de tous les jours, qui pourrait tout laisser tomber et partir à la poursuite de quelqu’un autour du monde pour un souci professionnel ? Le film cherche à montrer un état de fait tout simple. Si l’on est enfermé dans une routine qui nous assaille par sa pénibilité, il suffit de se donner les moyens de plonger dans l’inconnu et de saisir toutes les opportunités qui se présentent à soi. Le cheminement du personnage est en quelque sorte une toile de fond symbolique dans la vie de chacun. Timide et rêveur, c’est un personnage qui, au fur et à mesure de l’avancement du récit, commence à prendre des décisions insensées, juste poussé par son désir de contredire une sentence profonde de son esprit qui est « Je suis bien dans mon confort, je ne veux rien changer ». A de multiples reprises, Walter se retrouve dans une situation où deux choix s’offrent à lui : Prendre une décision importante ou renoncer et rester dans son état de confort du moment (Lorsqu’il hésite à partir sur les traces du photographe, à prendre l’hélicoptère avec le pilote bourré, à sauter au milieu de la mer…) Tout est fait en concordance avec notre vie de tous les jours.

Le cinéma que propose Ben Stiller au travers de cela est clairement un cinéma construit pour essayer de nous enrichir. Bien enraciné dans les carcans du feel-good movie, Ben Stiller essaie de nous montrer que nous sommes la seule barrière à la réalisation de nos rêves, et qu’en saisissant toutes les opportunités destinées à nous enrichir, on peut sortir d’une vie routinière et casanière.
Alors oui, concrètement, le choix de privilégier un long-métrage avec comme message symbolique : « vivez vos rêves, c’est trop cool » c’est forcément simple, et beaucoup de films savent le faire (The Greatest Showman pousse à la création artistique et les feel-good movies en règle générale s’accordent sur ce choix) mais « La vie rêvée de Walter Mitty » le fait avec plus de légèreté, voire de naïveté qui te pousse à voir les choses différemment. Le ridicule potentiel de certaines scènes (la scène où Walter s’imagine avec sa collègue de boulot vieux, assis sur un banc) s’accorde simplement avec une réalité que chacun à déjà pensé dans sa vie.

Simplement, Walter Mitty fait appel à l’enfant et la naïveté enfoui en chacun de nous, et les longues stases contemplatives du personnage qui déambule en vélo et en skate-board dans les décors magnifiés d’Islande sont juste présentes, non pas pour effectuer du remplissage, mais pour se faire écho en chacun de nous sur la possibilité de réaliser ses rêves et surtout montrer de l’instantané changement de cadre dans notre vie si l’on défausse la barrière invisible du « Je ne peux pas le faire pour x raisons ». Notre vie est, certes, régie par des obligations professionnelles, sociales, familiales, mais ce n’est que nous-même qui nous assujettissons à ces doléances. En un coup de vent (et une ellipse d’un jour à peine environ dans le film), Walter Mitty se retrouve loin de son petit chez lui, dans un avion en direction du Groenland. C’est ce message que Ben Stiller tente de faire passer.
C’est pourquoi, avec cette volonté forte de nous faire ressentir ce message poignant et légèrement naïf sur notre vie de tous les jours, Ben Stiller ne nous vend pas du « basique » mais bien une vie « sortie de nulle part » qui peut s’accorder avec la nôtre.
En dehors de cela, c’est un film profondément réussi dans sa direction artistique. La palette de musique empruntée par Theodore Shapiro (Du Of Monsters and Men, du David Bowie, du Jose Gonzalez) participe à cette atmosphère qui cherche à te faire évacuer de ton quotidien le temps d’une heure et demi, pour te montrer que tout est possible si tu t’en donnes les moyens.

Hormis le fait de vivre ses rêves, le long-métrage aborde toujours d’autres pistes, et montre que faire tomber ses propres barrières mentales permet aussi d’effectuer bon nombre de choses différentes (comme rester insoumis face à l’autorité abusive et déraisonnable ; aborder quelqu’un pour qui on ressent de l’amour sans paraître ridicule ou que cela paraisse malvenu…).

Loin de vendre du rêve avec du basique, « La vie rêvée de Walter Mitty » cherche avant tout à vendre une autre réalité qui, si l’on arrive déjà à outrepasser le versant gentillet et naïf de la ligne conductrice du récit, peut permettre de nous enrichir sur une vision de la vie qui est à notre portée.
Emouvant, touchant et rempli de vie, « La vie rêvée de Walter Mitty » est clairement un film à ne pas manquer si vous ne l’avez pas encore vu…

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Cinéma

Midway – Notre critique du dernier Emmerich

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Roland Emmerich à un style inimitable. Arguant un certain patriotisme et une certaine tendance à exacerber des clichés bien Américains, sa filmographie est un peu ambigüe. Souvent inclassables, ses longs-métrages peuvent aussi être profondément pathétiques et ridicules (Coucou White House Down et Independance Day : Resurgence !). Il revient avec Midway, nouveau film sur la seconde Guerre Mondiale se situant après les événements de Pearl Harbor, et qui relate le conflit entre Japonais et Américains. Emmerich tente de penser son film avec une envergure plus historique que celle de magnifier la crétinerie. Et même s’il n’évite pas certains écueils drastiquement faciles, il parvient à proposer un grand spectacle fun et jouissif, à regarder sans prise de tête.


Le récit visuel est proposé en in medias res, c’est-à-dire qu’Emmerich choisit de nous plonger directement dans l’action, en reconstituant de façon accélérée les événements de Pearl Harbor qui conduisent vers la bataille de Midway. Plus cohérent narrativement parlant, le film prend le temps de poser les bases de son histoire et de ses personnages, même s’il ne faut pas se mentir sur le fait que ça reste du Roland Emmerich, et que ce dernier n’aura pas changé du jour au lendemain ses partis-pris de réalisation.


Hormis les scènes de combat en avion, le film cumule moins de CGI abusifs que ses prédécesseurs. Il n’y a que peu de surenchère. L’action accompagne uniquement l’histoire, un détail que n’avait plus respecté Roland Emmerich depuis longtemps (Depuis Anonymous on dirait…)
Au niveau du casting, le réalisateur parvient à proposer un melting pot de quelques acteurs de série B voire de Blockbusters plutôt réussis. Woody Harrelson s’en sort sans briller tout comme le monolithique Ed Skrein et le talentueux Luke Evans.
On peut retenir uniquement cela de « Midway », un film qui fait le travail, sans se transcender et qui parvient à devenir un divertissement somme tout assez correct, qui se regarde sans prise de tête un dimanche après-midi pluvieux.


Midway, de Roland Emmerich, un film toujours en salles depuis le 24 Octobre 2019.

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