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La sombre histoire d’Hollywood

Il était une fois à Hollywood …

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« Once Upon A Time In Hollywood » a fait sa sortie le 14 août 2019. Ce nouveau film de Quentin Tarantino vient braquer les projecteurs sur une année charnière de l’histoire d’Hollywood : 1969.

Bien qu’elle soit peu connue, cette date était un tournant dans l’histoire du cinéma américain dans la mesure où elle avait marqué l’avènement du « Nouvel Hollywood » et l’enterrement du cinéma classique hollywoodien. Avec à l’affiche Brad Pitt et Leonardo DiCaprio, ce long métrage vient faire la lumière sur le déclin du cinéma classique hollywoodien au détriment d’un cinéma moderne et la transition difficile des acteurs de la vieille école qui se retrouvent dans une industrie cinématographique méconnue. Dépassé par la nouvelle génération de comédiens, la star de télévision Rick Dalton (Leonardo DiCaprio) et son cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date (Brad Pitt), poursuivent dans ce long métrage de… leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

Affaiblie, l’industrie cinématographique du vieil Hollywood a reçu un premier coup de poing à la suite de l’adoption en 1949 par la Cour suprême des États-Unis de la loi antitrust. Connue sous le nom « Décret Paramount », cette loi interdisait aux cinq majors (Warner Bros, Paramount Pictures, Metro Goldwyn Mayer, 20 th Century Fox et RKO Pictures) la possession de leurs propres salles de projection cinématographique. Depuis, la dégringolade d’Hollywood commence à se sentir. L’apparition de la télévision dans les années 50 avait aussi donné un coup dur à l’industrie cinématographique. Le cinéma cède sa place au petit écran et l’engouement pour le septième art commence à s’affaiblir. Désertées, les salles de cinéma avaient sombré jusqu’en 1953.

Du cinéma pur et dur …

La 20 th Fox century redéfinira l’image cinématographique avec son premier film en Cinémascope « The Robe de Henry Koster ». Et par la même occasion les studios avaient décidé de créer des nouvelles filiales de la télévision. Avant de mentionner le dernier facteur, on va évoquer les moments clés qui ont entrainé ce déclin hollywoodien par exemple la guerre du Vietnam qui avait commencé en 1955, mais aussi l’assassinat de JFK filmé par accident par l’amateur Abraham Zapruder à Dallas alors qu’à la base il voulait filmer sa visite dans la ville en 1968.

Avec toutes ces tragédies, rien ne pouvait aller pour le mieux à Hollywood. Ce qui nous conduit à notre dernier facteur responsable de l’affaiblissement économique de l’industrie cinématographique est dû à un certain sénateur américain et républicain Joseph McCarthy. Dans son époque, le cinéma va connaître un épisode sombre du Maccarthysme connu également de « Chasse aux Sorcières ». Si on devait résumer cet épisode en quelques mots : tous ceux dans l’industrie qui étaient soupçonnés d’être dans un parti communiste américain étaient licenciés à la seconde qui suit. Hollywood créera même une liste noire d’artistes auquel les studios vont interdire tous exploits par ce qu’ils peuvent être soupçonnés d’appartenir au parti communiste américain. Certains vont même dénoncer leurs amis, d’autres préfèrent l’exil ce qui fut le cas pour Charlie Chaplin.

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Étudiante en Licence Cinéma et Audiovisuel spécialité Son et Mixage à l’ESAD à Tunis en Tunisie.D’origine tunisienne

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Dossier : Comics

Joker : Le Gangster, L’anarchiste et le psychopathe.

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Créé par Bill Finger, Bob Kane et Jerry Robinson dans Batman n° 1 en 1940. On ne sait rien de lui et, avec lui, on n’est sûr de rien. Il est la némésis ultime de Batman, son contraire. Il se fait aussi appeler le « clown prince du crime ».

Le Prince du Crime

Les histoires contées sur les origines du Joker et son identité restent un grand mystère, il y a néanmoins une histoire qui revient régulièrement : l’histoire de cet acteur comique raté qui est employé par une bande pour perpétrer un petit vol dans une usine chimique. Pour nourrir sa famille, il accepte. Mais le casse est interrompu par le Batman, un nouveau justicier masqué qui sévit à Gotham City depuis quelques mois. 

C’est là que l’acteur raté trébuche lors de l’altercation avec le Bat’ et tombe dans une cuve de produits chimiques. Face à cette chute le jeune Batman ne peut rien faire pour sauver l’acteur. Pourtant, il survit, mais accompagnés de séquelles : sa peau a blanchi, ses cheveux ont verdi et les muscles de ses joues sont (muscles zygomatiques) paralysés; dessinant à tout jamais sur son visage un rire grimaçant. Face à ça il perdit la raison et se nomme désormais le Joker. Et attribue son état à Batman et jure de se venger quoi qu’il en coûte.

Méchant emblématique des comics il est considéré comme étant l’opposé de tout ce que peut-être Batman, il en devient son adversaire le plus détraqué à qu’il aura à faire tout au long de ses aventures.

Au cours de son histoire le premier Joker sur nos écrans fut le Joker incarné par Cesar Romero dans la série télé Batman en 1966, qui a donné suite un film du même nom la même année avec le même casting de la série.

Mais pas seulement puisque l’on a pu voir le clown le plus dégénéré de Gotham à travers énormément de films, jeux vidéos, ou encore film et séries d’animations au fil des décennies et dernièrement dans la série Gotham. C’est notamment le célèbre interprète de Luke Skywalker, Mark Hamill, qui a prêter sa voix au Joker dans la série d’animation Batman des années 90”, également dans la saga de jeux vidéos Batman Arkham et dans bien d’autres animations encore.

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Dégénéré et difficile à cerner le Joker est profondément atteint psychologiquement, grâce à Tim Burton, Christopher Nolan et David Ayers ont tous les trois réussis à nous montrer 3 facettes du Joker totalement différentes et les voicis.

Le Gangster

Sous l’impulsion de la Warner, Tim Burton s’empare du personnage de Batman. Que ce soit pour le justicier – incarné par Michael Keaton – ou pour le Joker – joué par Jack Nicholson, le réalisateur prend clairement le parti pris de s’inspirer du travail d’Alan Moore ou encore de celui de Franck Miller avec les films d’animation Batman : Dark Knight et Batman: Year One.

Interprété par Jack Nicholson qui auparavant était apparu déjà dans un quelques classiques du grand écran comme “Vol au-dessus d’un nid de coucou” en 1975 ou encore le célèbre “Shinning” en 1980. Son costume trois pièces comme les gangster des années 30’, il tient bien compte de respecter les couleurs du Joker. Le réalisateur Tim Burton reprendra même l’idée de la chute dans des produits chimiques comme origine de l’aspect clownesque du Joker.

L’anarchiste

Lorsque en 2005, Christopher Nolan décide de remettre les aventures du chevalier noir sur grand écran avec la trilogie The Dark Knight, il fera le choix de s’éloigner des comics et se permettre quelques dérives. Le Joker fera son apparition au deuxième volet de la saga dans Batman : The Dark Knight (2008), interprété par Heath Ledger, cette adaptation du Clown des crimes est ce qui s’éloigne le plus de l’esprit de la BD. Puisque pour son sourire le Joker n’aura jamais eu à faire aux produits chimique, mais causé par son père alcoolique qui lui coupa les extrémités de sa bouche pour lui faire un sourire de l’ange.

Moins dans le banditisme et dans la clownerie que celui de Jack Nicholson, ceci sera excusé à l’écran par l’incroyable interprétation de Heath Ledger. Même si la clownerie est très peu présente on se rapprochera plus de bouffonnerie comme la scène mythique du tour de magie sur un membre de la pègre. On se retrouve donc avec un anarchiste, névrotique et nihiliste, brûlant allègrement des millions de dollars et fait exploser un hôpital pour le simple plaisir de sa satisfaction personnel.

Le Psychopathe

Sans parler de ses critiques et de son piètre succès au box-office, en 2016 sort le tant attendu Suicide Squad et signe le « grand retour » du Joker à l’écran après l’excellente interprétation de H.Ledger dans The Dark Knight. Cette fois-ci joué par le chanteur du groupe 30SecondToMars, Jared Leto.

Vu sous une autre facette, le Joker de David Ayers est certainement une suite logique de ce que l’on a pu connaître auparavant. Après être un gangster, un anarchiste, il perd la tête et devient un psychopathe où il entraîne sa psychologue dans sa chute lors de sa détention à Arkham, elle deviendra sa petite amie commettra des crimes à ses côtés sous le nom de Harley Quinn.

Sans trop savoir pourquoi à la fin du montage de film, apparemment beaucoup de scène du Joker ont été coupés, d’où la déception de l’acteur Jared Leto au vu du résultat final. Et comme avait pu le dire à plusieurs reprises, David Ayers, réalisateur du film, le Joker était censé le grand méchant du film Suicide Squad d’où le manquement de critique sur le personnage. Puisque les fans en veulent plus à la Warner qu’à la prestation de l’acteur, car dès lors de la bande annonce l’aspect psychopathe du Joker était bel et bien présent et montrait un très gros potentiel à venir…

Le Joker

Ovationné d’une stading-ovation de 8 minutes au festival de Venise dernièrement, l’adaptation de l’histoire du Joker de Todd Philipps, réalisateur de la trilogie Very bad trip, ne cesse d’avoir des critiques élogieuses et pourrait même ce hisser jusqu’aux Oscars en février pour la récompense du meilleur acteur pour l’interprétation du joker par Joaquin Phoenix.

Et une nomination de Joaquin Phoenix à l’Oscar de Meilleur acteur serait une première pour une adaptation de comics. Après avoir perdu 23 kilos, une expérience « qui rend fou » comme il a pu le déclarer à Venise.

Reste plus qu’à attendre le 9 Octobre prochain pour savoir si la version du Joker donnée par Phoenix et Phillips comblera les fans des comics, souvent très attachés à l’histoire original et aux liens du personnage avec Batman. Même si pour le coup Joker tente de faire exister le personnage à la recherche de son existence sans sa némesis, le Chevalier noir de Gotham.

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HASBRO: Plastique éthique ou manoeuvre en toc ?

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De Mr.Patate à Mon Petit Poney, en passant par le Monopoly ou encore La Bonne Paye, Vous avez probablement eu affaire à un produit de la firme américaine au moins une fois dans votre vie. Enfants en bas âge, jeunes adultes et collectionneurs vétérans, Hasbro ratisse large pour toucher un public toujours plus important, tout en gardant la famille comme coeur de cible.

Mel Brooks avait déjà bien compris.

Outre le Play-Doh et Mon petit Poney, la marque propose un merchandising destinés aux plus jeunes pour le jeux, comme aux plus âgés, pour la collection. Et quoi de mieux qu’un geek pour s’adonner au plaisir solitaire de la collection d’objets liés à ses univers favoris. Dans ce domaine, il faut bien avouer que la firme u.s. a tout compris. Ses partenariats avec Disney et Paramount Pictures, permettent à Hasbro de proposer un large choix de jouets et figurines issues de plusieurs grandes franchises du cinéma. Pour les plus grands, les gammes Marvel Legends et Star Wars Black Série offre un catalogue important d’action figure( figurines articulées) à un prix et une taille corrects, malgré un contrôle qualité pas toujours performant. Un produit très prisé des collectionneurs par son prix abordable par rapport à des figurines de plus grandes tailles de type Hot Toys, permettant de se procurer une collection conséquente à moindre cout.

Exemple de diorama massif avec des Marvel Legends, à la SDCC 2017.

Son dynamisme et sa modulabilité permettent également de se lancer dans la customisation, la création de dioramas, la photo, voire même l’animation en stop-motion. Des hobbies qui regroupent un grand nombre de fans, au talent variable, mais toujours dans un esprit de créativité. Le revers de la médaille est que là ou il y a collection, il y a spéculation. Certaines pièces atteignent parfois des sommes astronomiques, de par leur rareté, l’exclusivité d’une édition, ou simplement l’année de production.

Exemple de custom autour de The Mandalorian.

Toujours dans l’optique de toucher un plus large public, Hasbro possède des filiales dans le monde du jeux vidéo avec Hasbro Interactive, et le cinéma avec Hasbro productions. Avec un succès mitigé dans les deux secteurs. Bien que la franchise ciné des Transformers aie été un succès à son lancement, elle est sur le déclin depuis le troisième opus, malgré un sursaut d’intérêt avec le sympathique Bumblebee.

L’aspect familial de ses productions est sans aucun doute la raison du manque d’enthousiasme du public français. Les Transformers étant une institution pour le public américain. Mais l’intérêt est avant tout de vendre du jouet. De dessin animé publicitaire, la franchise est devenue une série de films publicitaires.

Plus besoin de placement de produit lorsque le sujet est le produit.

Comme tous les géants du divertissement, la compagnie cherche à agrandir son potentiel et élargir sa zone de chalandise en proposant toujours plus de contenus, aussi divers que variés. Et quoi de mieux pour augmenter son catalogue que de racheter celui des plus petites compagnies. Le 22 Aout dernier, Hasbro a fait l’acquisition d’Entertainment One (E-One), firme canadienne propriétaire entre autres des droits de Peppa Pig et et de PJ Mask pour les plus petits, mais également du célèbre label musical Death Row Records créé par Suge Knight et qui lança la carrière d’artistes tels que 2PAC, Snoop Dog ou encore Dr Dre. Le catalogue du label avait été racheté en 2013 par E-one pour 6 millions de dollars.

Un mash-up improbable, et pourtant…

L’ajout du catalogue d’E-One à celui d’Hasbro renforce ses positions sur le marché du divertissement. Selon les dires du dirigeant d’Hasbro, Brian Goldner, la compagnie va tirer profit des capacités de divertissement immersif d’E-One pour porter son portefeuille de marques sur tous les écrans du monde, attirant les joueurs, les fans et les familles. Une politique d’acquisition et d’expansion relativement agressive qui n’est pas sans rappeler la méthode Disney.

Dans un registre moins négatif, Hasbro a décidé d’élargir son programme de recyclage de jouets et jeux de la marque au territoire européen. Un acte vertueux en soi, qui doit cependant maquiller une manoeuvre qui profite aux actionnaires avant tout. En partenariat avec Terracycle, compagnie spécialisée dans le recyclage de déchets difficilement recyclables. Nommé « jouetcyclage« , le programme de collecte permet de transformer la plupart des jouets Hasbro et leur donner une seconde vie. L’opération est gratuite via le site Terracycle.com et prendra place également en physique dans les magasins de l’enseigne Picwic Toys, remplaçant de Toys R’ Us.

Geek sans éthique n’est que ruine de l’âme.

Premier programme de recyclage de jouet en France, elle permet à Hasbro d’offrir une solution, simple efficace et pratique à ses clients, tout en s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire visant à réduire l’impact environnemental de leur produits et ce de leur conception à leur fin de vie. Tous les jeux et jouets de la marque sont acceptés, hors jeux électroniques. En échange de jouets on obtient des points convertibles en dons financiers pour l’association choisie par les collecteurs. Pour participer sans passer par les points de collecte physiques, il suffit de s’inscrire, imprimer une étiquette d’expédition et envoyer gratuitement le colis à Terracycle. Les frais étant pris en charge par Hasbro. Les jouets collectés seront triés, puis transformés en nouveaux matériaux et produits, réduisant ainsi le besoin de fabriquer du plastique vierge.

RIP TOYS R’ US

Dans le même esprit de diminuer son empreinte environnementale, Hasbro va retirer progressivement les plastiques dits  » de confort et protection » de ses emballages. L’ambition étant d’éliminer tous ces plastiques d’ici la fin 2022. Un comble pour un commerçant de plastique, de vouloir s’en passer. Selon qu’on soit dans l’optimisme face à de telles initiatives, aussi farfelues soient-elles (LEGO cherche à remplacer son plastique par une alternative à base de canne à sucre, mais si ça fonctionne ce n’est pas stupide.), ou que l’on perçoive ces manoeuvres comme une vulgaire mode économique surfant sur le greenwashing dans l’unique but de redorer son blason et poursuivre son business avec une conscience blanchie, l’action reste louable sur le fond. Des petits pas vertueux, de la part de géants industriels.

Malgré un marché du jouet assez morne en Europe en général, et en France en particulier, la firme américaine garde une longueur d’avance sur la concurrence par sa prise de conscience éthique et écologique de leurs produits associée à une politique d’expansion dynamique qui élargit son impact en le diversifiant. Bien que l’on puisse supposer que derrière l’exemple à suivre se cache un plan profitable, on salue le geste en espérant qu’il soit sincère à défaut d’être désintéressé.

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SHE-RA et les princesses au pouvoir. Un reboot comme on les aime

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Diffusée depuis le 13 novembre 2018 sur Netflix, She-Ra et les princesses du pouvoir avait tout pour repousser les fans de la série d’origine de l’époque, perdre la nouvelle génération dans son imbroglio de princesses aux pouvoirs magiques et autres créatures, et affichait un visuel trop enfantin pour être prise au sérieux de prime abord. La curiosité et une grande dose de nostalgie ont aidées à y regarder de plus près.

Le ton est parfois vraiment cartoonesque…

Après avoir ravalé les aprioris (et sous la forte pression des enfants de la maison), le visionnage de la série se révèle largement moins poussive que prévue. Les 3 saisons disponibles actuellement s’enchainent avec un plaisir allant crescendo au fil d’une trame narrative qui passe de la gentille histoire de princesse à une vraie quête, pleine de ramifications et abordant des thèmes sociaux actuels d’une manière subtile, sans jamais verser dans la morale grasse et indigeste.

Fière et forte, la parfaite Badass de bonne famille.

L’histoire de base reste inchangée. La planète Etheria vit sous l’oppression de la Horde, un empire galactique conquérant. Sur cette planète vit Adora, enlevée peu après sa naissance par le leader de la Horde, Hordak. Elle fut élevée pour devenir capitaine de ses forces armées, afin d’anéantir la rébellion dirigée par un groupe de princesses et régner sur Etheria. Lors d’une mission, elle fait la découverte d’une épée magique qui la transforme en la puissante guerrière She-Ra.

Il faut avouer que ça à mal vieilli…

Malgré quelques détails l’éloignant de la série d’origine, ce reboot fonctionne par le soin apporté à l’histoire et ses personnages. Loin de la volonté de vendre du jouet à licence comme à l’époque où les dessin-animés étaient créés dans le seul but d’accompagner et promouvoir une gamme d’action figure et autres comics. Cette nouvelle version se devait d’avoir quelque chose à raconter, car reconnaissons-le, la She-Ra des 80’s n’avait pas grand-chose à dire et passait ses épisodes à se sortir de guet-apens foireux à grands coups de tatanes, et retournait se relaxer dans son grand château une fois la menace écartée. Une époque où les scénaristes n’avaient pas à se soucier de l’impact de la violence des situations, ni même de la portée morale que véhiculaient les personnages. Ils étaient surpuissants, il y avait des gentils, des méchants, et les gentils gagnaient toujours en explosant les méchants. Une simplicité qui ne fonctionnerait plus à l’heure actuelle, surtout lorsque l’on cherche à relancer une licence à la renommée mondiale.

GIRL POWER!

Ici le traitement scénaristique est la clé qui maintient l’ensemble dans une réelle harmonie, à condition bien sûr d’y adhérer. Les thèmes et les personnages sont abordés de manière à rendre le monde de She-Ra idéal, avec une réelle équité, et un rapport homme/femme sain, et ce malgré son féminisme flagrant. La série aborde certains thèmes très ciblés pour le public adolescent comme: la jalousie, l’amitié et les premières trahisons, mais également des thèmes plus adultes comme la guerre, le colonialisme et le génocide. La série affiche surtout une énorme représentation LGBTQ sans pour autant en faire une apologie nauséabonde.

« Ne fait pas cette tête Adam, ton relaunch arrive bientôt. »

Les points les plus faibles résident ici, dans l’apparence globale de la série et son manque de rapprochement avec la série dont She-Ra est le spin-off : He-Man/Musclor et les maitres de l’univers. Bien que ce fait soit une volonté des créateurs de la série, dans le but de permettre à leur héroïne de poser ses bases sans être parasité par la présence de son frère Musclor, et laissé ainsi Adora se découvrir seule et assoir dans le même temps son statut d’icône féministe. Le choix était audacieux mais s’avère payant tant la série est réussie et ne nécessite pas de l’appui de l’univers étendu pour fonctionner.

Une amitié mise à dure épreuve au fil des épisodes.

L’inspiration visuelle très moderne et japanisante déroutera les plus anciens téléspectateurs, rappelant Steven Universe ou même Sailor Moon. Habitués à une She-Ra très, voire trop, sexuée. A mi-chemin entre Wonder Woman et les personnages féminins de Conan le barbare dessinés par Barry Windsor-Smith. On se retrouve ici face à une version adolescente en pleine construction émotionnelle. Construction qui, encore une fois, parvient à esquiver les poncifs mièvres du genre en faisant des personnages de vrais héros et méchants en devenir. Mention spéciale pour Catra, qui se trouve être un excellent anti-héros dans une relation sœurs-ennemies vraiment convaincante.

MOTU bientôt de retour…

Bien que la série ne soit pas sans défaut, c’est un excellent reboot que propose Noëlle Stevenson et les studios Dreamworks Animations, avec une She-Ra tout aussi babas qu’à l’époque. Un retour gagnant qui permet à la nouvelle génération de spectateur de découvrir un univers étonnamment riche et varié, et aux anciennes générations, de replonger en enfance dans une version rafraichie et redynamisée. De quoi rassurer pour le retour prochain de Musclor et les maitres de l’univers: Révélation.

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