Punisher: Un retour désequilibré.

21 Jan 2019

Suite directe d’une saison 1 qui aura su marquer les spectateurs par sa violence, sa noirceur et sa réalisation soignée, cette saison 2 tire malheureusement à côté de la cible.

Malgré un démarrage efficace, qui nous montre un Frank Castle en vagabondage dans l’arrière-pays façon Rambo et laissait espérer une suite d’événements bien sombres et violents. Le soufflé retombe après les 3 premiers épisodes et le show enchaine les longueurs et autres lieux communs pour délayé et rallonger un scénario assez maigre et mal conçu, malgré quelques efforts écrasés par le manque de justification des actes des personnages. Une perte de puissance que la saison ne parvient pas à compenser par la suite.

La saison pèche par son manque d’ambition et son manque de budget. Si la violence est présente et tout aussi brutale et graphique que la première saison, elle n’en reste pas moins convenue et sans surprise. L’ensemble est alourdi par les cas de conscience et les remises en question perpétuelles des différents protagonistes. Car on ne suit pas que Frank et cela finit par noyer le personnage principal dans une succession de sous-récits qui, bien qu’intéressants, n’ont pour seule fonction que de combler les lacunes d’une histoire qui aurait, encore une fois, pu tenir en 8 épisodes. Les différents intervenants, tous brisés, brouillent un story arc déjà assez faible dans une succession de faux problèmes très dispensables dans lesquels s’enlise un anti-héros qui perd de son envergure au fil des épisodes. Le Punisher est une machine de guerre implacable, qui malgré son code de conduite, ne s’encombre que très rarement de partenaires.

Le cast fait tout son possible, Bernthal le premier, pour faire passer l’ennui provoqué par le manque d’implication flagrant des showrunners. Le Punisher est tout en violence et brutalité contenue, avec parfois trop d’humanité due à son rapprochement avec les autres personnages. Une humanité qui éloigne au fur et à mesure le personnage de sa version papier, extrême et sans concession. Même chose avec Billy Russo, toujours interprété par un Ben Barnes impeccable, qui devient un amnésique légèrement balafré au comportement erratique, perdu dans une improbable romance avec sa psychiatre.

Une différence visuelle et comportementale très éloignée de son homologue de papier qui ne peut que décevoir les fans qui attendait avec impatience un Jigsaw brisé et incontrôlable, tant mentalement que physiquement dans la lignée du Punisher:War Zone de Lexi Alexander, dans lequel Dominic West interprétait un Billy Russo/Jigsaw psychotique et totalement défiguré. Une liberté scénaristique qui ne convainc pas et retire tout le charisme de la némésis qu’il est censé incarnée. Si le reste du casting parvient à donner le change et offre une galerie de personnage intéressant, mais pas inoubliable, tous les efforts sont plombés par une réalisation standard et sans réelle saveur. On enchaine les épisodes sans grande conviction et malgré quelques moments un peu plus dynamiques, la saison se termine assez mollement sans grand final titanesque.

Sans être une catastrophe, cette seconde saison, très conventionnelle, ne marquera pas les esprits. Bien que les différentes séries Marvel-Netflix tirent leurs révérences les unes après les autres, on attendait un peu plus de ce potentiel chant du cygne du Punisher. Il est regrettable de constater que les showrunners  préfèrent bâcler une bonne production, plutôt que de terminer avec panache une série qui avait suscité un tel engouement auprès des fans avec une saison 1 exceptionnelle.

Dernière modification le dimanche, 27 janvier 2019 14:49

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookie.
Afin de réaliser des statistiques anonymes de visites, vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts et vous permettre de partager des informations sur les réseaux sociaux