LES INDESTRUCTIBLES 2 - LA CRITIQUE EN AVANT-PREMIERE

30 Jui 2018
Quatorze ans que les fans attendaient une suite, et la voici qui débarque dans nos salles obscures ce Mercredi, et en version Imax pour les plus chanceux. Le résultat valait-il la peine d'attendre 14 ans ? Brad Bird est-il toujours aussi doué en matière de réalisation (que ce soit animation ou live) ? Jack-Jack nous a t-il conquis ? Notre verdict !
 
Fiche technique et casting :

Réalisation et scénario : Brad Bird
Direction artistique : Ralph Eggleston 
Photographie : Jeremy Lasky
Montage : Stephean Schaffer
Composition musicale : Michael Giacchino

Robert Parr / Mr Indestructible : Craig T Nelson (VF : Gérard Lanvin)
Helen Parr / Elastigirl : Holly Hunter (VF : Déborah Perret)
Violet Parr : Sarah Vowell (VF : Louane)
Dashiell « Dash » Parr / Flèche : Huck Milner (VF : Timothé Von Dorp)
Lucius Best / Frozone : Samuel L. Jackson (VF : Thierry Desroses)
Edna Mode : Brad Bird (VF : Amanda Lear)
Le Démolisseur : John Ratzenberger (VF : Serge Biavan)
Rick Dicker : Jonathan Banks (VF : Jean-Bernard Guillard)
Winston Deavor : Bob Odenkirk (VF : Laurent Maurel)
Evelyn Deavor : Catherine Keener (VF : Caroline Maillard)
 
 
 
Le film le plus long des Studios Pixar (118 minutes) démarre sur les chapeaux de roue en reprenant là où le premier film s'était arrêté, et le spectateur ne peut que constater d'entrée de jeu qu'il y a un grand avantage d'avoir patienté 14 années : l'évolution graphique de Pixar. Un plaisir entier pour les yeux, et ce, jusqu'au générique de fin. Ce qui frappe réellement la rétine, en plus des textures vestimentaires finement travaillées, sont les sublimes décors paraissant plus vrais que nature. Quelle richesse, quels détails, une pure merveille. Revoir notre famille de super-héros favorite de cette manière est un régal.

Les Indestructibles 2 suit ensuite son cours, mais dès la quinzième minute, nous devinons à l'avance ce que nous réserve le fameux plot twist. Soyons objectif, malgré des thèmes abordés avec plus ou moins de profondeur, le scénario est assez faible, et cela pourra décevoir certains fans de la première heure... En revanche, pour la psychologie des personnages, c'est un sans faute. Ce qui était le coeur du premier opus est plus que jamais exploité : les différentes relations entre les membres de cette famille.
Le "girl power", chose inédite jusque là pour nos Indestructibles, est très présent et plus que bienvenu à travers le fabuleux personnage de Helen Parr alias Elastigirl. Mais ce n'est pas pour autant que Robert "Bob Parr/Mr Indestructible est délaissé, puisqu'il a, ici, une psychologie finement travaillée, probablement la plus complète de tous les personnages.
 

Côté réalisation, Brad Bird sait nous en mettre plein la vue, bien qu'il ait un léger problème dans ses valeurs de plans concernant les scènes d'actions (sans oublier le montage de Stephean Schaffer parfois trop rapide sur celles-ci, empêchant de savourer pleinement les détails et la beauté de l'animation, notamment sur la première partie du film). Le point fort de Bird est la forte ambiance du genre espionnage-rétro qu'il a su construire, chose qui l'avait influencé dans le premier volet (la saga des James Bond, les deux séries Mission Impossible) et qu'il amplifie parfaitement dans ce nouveau film pour notre plus grand plaisir. Michael Giacchino illustre musicalement ce style avec une maîtrise supérieure au film précédent, et c'est cette combinaison qui fait le charme du dernier Pixar, à mille lieux du genre super-héroïque qu'ils auraient pu continuer d'exploiter. Nous consommons assez de ce genre, c'est pour cela que nous leur sommes très reconnaissants de nous proposer leur propre marque de fabrique concernant cette licence.

Ne clôturons pas cette critique sans aborder la mascotte du film : Jack-Jack. Il est à lui tout seul un pur divertissement de A à Z, et probablement le personnage le plus drôle et le plus mignon de cette décennie, tout film confondu. Croyez-nous, que vous soyez petit ou grand, vous ne pourrez que craquer devant sa frimousse, ses expressions et... ses innombrables pouvoirs, bien entendu ! Nous vous conseillons la version originale afin de ne pas gâcher votre plaisir. Vous n'êtes pas sans savoir que la voix française de Mr Indestructible fut Marc Alfos, doubleur, entre autres, de Russel Crowe et Ron Perlman, décédé en 2012. Le studio de doublage Dubbing Brothers n'a pu choisir Emanuel Jacomy, qui est sans nul doute l'un des dix meilleurs doubleurs français depuis plus de trente ans (Denzel Washington, Pierce Brosnan, Forest Whitaker, etc), en plus d'être le remplaçant officiel de Marc Alfos. Jacomy a pourtant doublé plus d'une dizaine de long-métrages Disney et Pixar, livrant les parfaites interprétations de La Bête, Eurêka, Wilbur, Phoebus ou encore Tarzan, sans oublier qu'il avait d'ailleurs prêté sa voix à Mr Indestructible dans le jeu vidéo Disney Infinity. Pour des raisons évidemment commerciales, c'est Gérard Lanvin qui a été désigné pour incarner le personnage. Ce dernier n'est pas mauvais pour autant, mais sa performance est à mille lieux de celles d'Alfos et Jacomy. Cela illustre encore une fois LE sérieux problème qui touche le monde du doublage français depuis une vingtaine d'année, les doubleurs se voyant remplacer par de grand noms, qu'ils soient comédiens populaires, chanteurs, chanteuses (Louane pour cette version de Violet Parr, Lorie pour la précédente version...), humoristes ou encore youtubeurs.
 
 
En conclusion, une suite au scénario prévisible, mais aux psychologies et relations travaillées, voir plus que dans bon nombre d'adaptations de comics grand public. Un réel plaisir pour les yeux, qui ne fait que confirmer l'évolution visuelle de Pixar au fil des années. Une ambiance rétro/jazz sur fond d'espionnage, une mascotte aussi divertissante qu'adorable, un humour extrêmement efficace et une composition musicale riche et plaisante. Cette suite, si elle n'est pas parfaite, a malgré tout le mérite de ramener nos chers Indestructibles sur le devant de la scène avec panache et élégance.
 
7,5/10
 
Dernière modification le samedi, 08 septembre 2018 09:22
Jay

Cinéphile et passionné de comics depuis son plus jeune âge, Jay Viallet est également le scénariste et réalisateur de la série digitale BADY TRASH.

 

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