LE MULTIMÉDIA DANS LE COLLIMATEUR DES GOUVERNEMENTS

25 Fév 2018

Pourtant à son paroxysme, le développement du jeu vidéo et d’internet semble se fragiliser en cette période, et pour cause : les gouvernements veulent y mettre leur grain de sel. Mais pour quelles raisons ? Souvent afin de protéger leurs intérêts et tenter d’éviter des domaines sensibles et sujets à de nombreux débats : et pourtant, certains auraient le mérite d’être à nouveau débattus…

LES ÉTATS-UNIS, BERCEAU DE NOUVEAUX CHANGEMENTS

Pourtant l’un des secteurs majeurs du jeu vidéo dans le monde avec de gros studios tels que Blizzard ou Activision entre autres, les États-Unis sont la proie de changements non négligeables dans le domaine du multimédia, notamment à travers les nouvelles politiques mises en place par la maison blanche depuis les dernières élections.

Un des premiers changements importants de ce nouveau gouvernement passe par la fin de la neutralité du Net, pourtant ardemment défendue par le précédent gouvernement. Ce principe veut que les fournisseurs d’accès internet traitent de la même manière tous les contenus transitant par leurs infrastructures.

Alors qu’internet est un pilier majeur du jeu online, des développeurs et des streamers, la fin de cette neutralité valoriserait certaines sources du trafic au détriment d’autres. Ainsi, les gros utilisateurs pourraient sérieusement le sentir passer. Les joueurs en ligne, streamers et autres pourraient être amenés à payer un surcoût afin de disposer d’un meilleur débit pour continuer leurs pratiques.

Vient également un autre débat à la suite de la terrible fusillade dans le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts le 15 février dernier.

En effet, l’achat libre d’armes à feu était pointé du doigt par la majorité des étudiants, parents de victimes et les démocrates, le président américain préfère s’attaquer à la mauvaise influence des jeux vidéo et des films sur les utilisateurs : « De plus en plus de gens trouvent que le niveau de violence dans les jeux vidéo façonne vraiment la pensée des jeunes » déclare-t-il lors d’une rencontre sur la sécurité intérieure. « Nous devons garder sérieusement un œil sur internet, car beaucoup de mauvaises choses se déroulent devant de jeunes enfants et de jeunes esprits. On trompe leur esprit ».

Les franchises comme GTA, suscitent une attention particulière du gouvernement américain

 

Ceci pourrait-il amener à terme une régulation plus poussée des jeux vidéo aux États-Unis ?

ET EN EUROPE ?

En Europe et en France notamment, la neutralité du web est fermement défendue par les défenseurs de la liberté numérique tels que l’association La Quadrature du Web. Depuis 2016, le principe de la neutralité du web est protégé en France par le droit européen, répertorié dans la loi pour une République Numérique. Toutefois, Orange tente de franchir le pas : le 11 décembre dernier, son PDG Stéphane Richard a qualifié « d’obligation » le fait de réfléchir à la mise en place d’un internet à plusieurs vitesses comme aux États-Unis. Ainsi, les plus gros consommateurs seraient voués à payer plus s’ils souhaitent consommer davantage de bande passante. « Pour cela, il faut qu’on nous laisse faire », assure S.Richard.   

 

L’AVIS DE LA RÉDAC »

               La fin de la neutralité du web aux États-Unis est en quelque sorte une atteinte à l’égalité de l’accès à internet. Elle pourrait constituer un frein à la création, une hausse possible du prix de certains jeux vidéo américains, et bien entendu, amputer le monde du multijoueur et de la compétition. Il est clair que l’objectif de la mise en place de cette nouvelle politique vise à nourrir l’économie du pays en incitant les utilisateurs à payer davantage pour acquérir un meilleur débit internet.

En France, Orange ne devrait pas parvenir à s’aligner au modèle américain, tant les droits du numérique sont défendus par les lois européennes et les associations : une bonne nouvelle pour les joueurs du pays.

               Pointer du doigt le jeu vidéo et le cinéma comme l’un des principaux responsables de la fusillade du lycée de Floride est un moyen lamentable pour esquiver la remise en question de la vente libre d’armes à feu aux États-Unis, mais également pour noyer la passivité de la police face aux appels passés par les proches du responsable du drame : quelque temps avant l’attentat, la police aurait reçu plusieurs appels les informant que Nikolaus Cruz, âgé de 19 ans et détenteur d’armes de guerre, était parti avec son matériel pour se rendre à son ancien lycée. Toutefois, la police n’a pas directement réagi à ces appels. De plus, Trump souhaiterait armer les enseignants afin de limiter ce genre d’attentat et faire preuve de dissuasion : une idée très ironique pour quelqu’un qui dénonce la violence dans les jeux vidéo.

 Les jeux vidéo et les films disposent aujourd’hui d’assez de pictogrammes pour informer les consommateurs de leurs contenus. La faute reviendrait plutôt à l’éducation en supposant que ces divertissements soient responsables.

Malgré des problèmes plus importants dans les pays concernés, la politique semble davantage s’insérer dans le monde du multimédia et de l’internet, ce qui a de quoi fragiliser les progrès réalisés dans les différents domaines depuis quelques années déjà. Les impacts, bien que nationaux aux premiers abords, se feront sentir à l’international dans la durée : de grandes compétitions internationales d’e-sport notamment, pourraient devenir beaucoup moins rentables pour les organisateurs, et les prix des jeux vidéo de studios américains pourraient à la longue gripper… Espérons que malgré les vicissitudes du temps, l’Europe ne subisse pas le même sort.

Dernière modification le dimanche, 25 février 2018 19:47
Allan

Fan de l'univers MARVEL et plus particulièrement des Gardiens de la Galaxie, Allan est un gros amateur de jeux mobile. Vous aurez plus de chance de le croiser sous le pseudo d'Allan44728 IG, et sur quelques jeux PC à ses heures perdues.