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Dossier : Comics

TORTUES NINJA – COWABUNGA DOSSIER

Comics sombres et violents, séries animées, merchandising et longs-métrages, notre ULTIME dossier sur les Tortues Ninja.

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Vous rêviez d’un bon dossier bien fat pour occuper vos vacances de fin d’année ? Le voici. Du comics d’origine sombre et violent, en passant par les séries animées, le merchandising et les longs-métrages, on fait le point complet sur les TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES. Commandez une pizza ou deux, car la lecture va être longue et savoureuse, truffée d’anecdotes enrichissantes afin de devenir incollable sur le sujet. COWABUNGA !!!

LA GENÈSE

Tout commence en 1982 lorsque Peter Laird, 28 ans, auteur et dessinateur pour un petit magazine de comics local nommé Scat, et Kevin Eastman, jeune artiste passionné de 20 ans, se rencontrent grâce au magazine. En effet, dans l’espoir de vivre de sa passion, Eastman crée un portfolio de ses créations et se rend dans les locaux de Scat. Malheureusement, les éditeurs lui informent l’arrêt prochain de leur magazine, mais jettent tout de même un coup d’œil à son portfolio, y trouvant des similarités entre son art et celui de leur artiste phare, Peter Laird. Forts sympathiques, les éditeurs lui communiquent l’adresse de Laird. Eastman ne perd pas de temps pour lui envoyer un courrier. Laird racontera plus tard : « Un des types de Scat lui donna mon adresse et il m’écrivit une lettre bien sympathique. Je lui répondis « Oui, bien sûr, viens, on parlera et on se montrera nos œuvres ! ». C’est donc après des échanges par courrier et par téléphone qu’Eastman rend visite à Laird dans son studio. Partageant la même vision et le même culte au King des comics Jack Kirby (cocréateur de Captain America, des Quatre Fantastiques, Thor, Hulk, Avengers, X-Men et créateur de Darkseid et du Quatrième Monde), les deux artistes deviennent amis. Un an plus tard, Peter et sa compagne proposent à Kevin de louer une de leurs chambres afin de collaborer ensemble. C’est dans une pizzeria à Wells qu’ils cherchent un nom à leur future entreprise. Après plusieurs suggestions, le nom de Mirage Studios est retenu, symbolisant leur situation puisque leur espace de travail ne ressemble en rien à un studio, mais à un mirage, la maison de Laird étant leur véritable lieu de création.

Après quelques semaines, le duo crée le Fugitoïde, un scientifique du nom de Honeycutt dont l’esprit se retrouve dans l’une de ses créations robotiques. Souhaitant un format inédit pour le premier numéro, sous forme de comics qui se déplie après lecture afin de révéler une ultime case géante de la taille d’un poster, le duo essuie les refus des éditeurs, jugeant le concept irréalisable. Ils décident alors de publier leur propre revue de comics, « Gobbledygook », en noir et blanc, comprenant des chapitres du Fugitoïde et d’autres récits, tirés à 150 exemplaires pour chacun des deux premiers numéros.

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En novembre 1983, lors d’une nuit de travail intensif sur un chapitre du Fugitoïde pour le troisième numéro de « Gobbledygook », le duo ressent le besoin de marquer une pause. Eastman, au lieu de poser son crayon, saisit une feuille. Animé par une subite inspiration, il se met à dessiner une tortue trapue et masquée se tenant sur ses deux pattes arrière, armée de nunchakus (à gauche sur l’illustration ci-dessous). Il montre le dessin farfelu de cette « tortue ninja » à Laird, ce qui leur procure un éclat de rire. En effet, le croquis a un symbole très contradictoire : un reptile est réputé pour sa lenteur et sa lourde carapace, tandis qu’un ninja est rapide et discret. « Peter a alors dessiné une tortue à son tour, bien plus cool » (à droite sur l’illustration ci-dessous) se souvient Eastman. « J’ai dû faire encore mieux. J’en ai donc dessiné quatre avec des poses dramatiques. C’était un crayonné, mais Peter l’a encré, en rajoutant les adjectifs “mutantes et adolescentes” à “tortues ninja”. Nous étions morts de rire cette nuit-là, c’était vraiment l’idée la plus débile du monde ». Les jours passent et le duo ne peut pourtant s’empêcher de penser à ce concept décalé. Le Fugitoïde leur procurant une perte d’inspiration, ils décident alors de faire de leur troisième comics un récit entièrement consacré à ces Teenage Mutant Ninja Turtles, uniquement dans le but de se faire plaisir.

Ils en font une parodie des épisodes de Daredevil (la période Frank Miller), tout en puisant dans l’univers de leur idole, Jack Kirby, ce qui n’empêche pas le récit d’être particulièrement sombre et violent. Une tortue est d’ailleurs illustrée en deuxième de couverture, tenant une pancarte avec l’inscription « This book is dedicated to Jack Kirby and Frank Miller ». Puisque le mentor de Matt Murdock s’appelle Stick (bâton), celui des Tortues Ninja est nommé Splinter (écharde). Les ninjas de La Main étant entre autres les ennemis de Daredevil, ceux des Tortues sont les ninjas du Foot (pied), clan dirigé par Oroku Saki, alias Shredder. Le récit fait en plus de cela un véritable clin d’œil à Daredevil, puisqu’un jeune homme sauve un vieil aveugle qui est à deux doigts de se faire écraser par un camion contenant des substances radioactives. Le freinage du camion laisse échapper le fameux flacon de substance qui provoque la mutation des tortues. Les artistes décident de les nommer selon les prénoms de leurs artistes favoris de la Renaissance : Leonardo (Leonardo di Ser Piero da Vinci dit Léonard de Vinci en français), Donatello (Donato di Niccolò di Betto Bardi, dit Donatello), Michelangelo <ou Michaelangelo selon les versions> (Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit Michel-Ange en français), et Raphael (Raffaello Sanzio dit Raphaël). Les tortues ayant le même aspect, d’autant plus avec l’impression toujours prévue en noir et blanc, ils décident des les différencier en leur attribuant des armes respectives : Des katanas pour Leonardo, un bô (bâton en bois ou en bambou) pour Donatello, les fameux nunchakus pour Michaelangelo, et des saïs pour Raphael

Eastman s’occupe du scénario et de la mise en page, tandis que Laird affine le scénario et les dialogues. Ensuite, ils travaillent à deux sur les dessins selon leur propre méthode. Sur ce comics de quarante pages, chacun contribue aussi bien à l’encrage qu’au crayonné, améliorant le travail de l’autre. Le processus de création intense se termine après deux mois et demi. Ne souhaitant pas effectuer de démarche auprès des éditeurs, ils comptent à nouveau l’imprimer eux-mêmes, cette fois non pas à 150 exemplaires comme ils l’avaient fait pour Gobbledygook, mais à 3000. Le devis de l’imprimeur étant établi à 2050 dollars, le duo se rend compte de l’impossibilité à payer cette somme, leur manquant 1300 dollars. Un oncle d’Eastman se propose alors de leur prêter la somme manquante, permettant à leur premier comics officiel de voir le jour. Grâce au prêt, le duo insère des publicités du comics dans le Comic’s Buyer Guide, la première revue de presse comics. En plus de cela, les artistes envoient une lettre accompagnée d’un extrait de deux pages de leur comics à plus de 200 organes de communication. Suite à cela, le duo est contacté par un rédacteur d’United Press International pour une interview dans leur « studio ».

La première apparition officielle du comics, vendu à 1,50 dollar, se fait le 5 mai 1984 au Mini-Con de Portsmouth. Au fil des semaines, une popularité étonnante se crée pour Teenage Mutant Ninja Turtles, à tel point que les 3000 exemplaires s’écoulent, certains acheteurs revendant même leur exemplaire bien plus cher, élevant ce premier comics au stade d’objet collector. Les artistes se voient donc dans l’heureuse obligation de lancer un autre tirage, cette fois au nombre de 6000 exemplaires. Les bénéfices permettent de rembourser le prêt de l’oncle d’Eastman. Les nouveaux fans réclament alors un numéro deux, au grand étonnement du duo qui pensait publier un one-shot qui ne trouverait pas son succès. Les créateurs travaillent alors sur les prochains numéros. À peine le second sortit en octobre 1984, faisant apparaître les personnages d’April O’Neil et de son supérieur, le scientifique Baxter Stockman, ils reçoivent 15 000 précommandes pour le numéro 3. Sorti en mars 1985, il sera tiré à plus de 50 000 exemplaires, faisant d’Eastman et Laird de véritables artistes professionnels.

En avril, le duo lance le premier numéro d’une minisérie en quatre tomes, racontant une histoire différente pour chaque tortue. Ce premier tome, basé sur Raphael, la « tête brûlée » de la fratrie, relate sa rencontre avec le fameux justicier au masque de hockey, Casey Jones, qui deviendra rapidement son ami, mais aussi un personnage récurrent. Le quatrième numéro de la série régulière présente le fameux institut TCRI, créateur de la substance radioactive à l’origine de la mutation de Splinter et des Tortues Ninja, tout en intégrant le personnage du Fugitoïde. Suite à cela, Eastman et Laird regroupent leurs récits du Fugitoïde des deux premiers numéros de Gobbledygook dans un hors-série, ce qui leur permet de souffler un peu, n’ayant plus une minute à eux depuis la parution du premier numéro de TMNT. Cependant, la pause est de courte durée et les deux artistes se retrouvent submergés par les retards de parution suite à la demande toujours plus croissante des lecteurs. Le « mirage » est terminé pour le duo qui est forcé de se rendre à l’évidence pour la suite : ouvrir un véritable studio d’artistes est une nécessité pour répondre à la demande du lectorat. Au fil des mois, Eastman et Laird n’ont d’autres choix que de quitter les crayons, afin de gérer les promotions, interviews, conventions et licences.

 

QUATRE TORTUES D’ENFER DANS LA VILLE

À la fin de l’année 1986, Mark Freedman, l’agent de Mirage Studios, signe un contrat avec la société Playmates pour une gamme de jouets Tortues Ninja. Cependant, Freedman cherche un moyen de convaincre les boutiques de jouets d’acheter cette future gamme. En effet, Playmates, malgré son accord, lui rappelle que les comics TMNT sont réputés pour être sombres et violents, sans parler de la potentielle apparence des jouets des Tortues Ninja qui pourraient effrayer les enfants et indigner les parents. Il n’a d’autre choix que d’envisager une histoire légère tout en diminuant le côté violent, une décision purement marketing, à mille lieues des idéaux artistiques de base d’Eastman et Laird. Cependant, ces derniers, débordés et encore novices dans le monde des licences, donnent leur approbation.

Suite à une réunion entre Playmates, Eastman, Laird et Freedman, la société accepte de financer cinq épisodes pour une série animée. Quelques semaines plus tard, International Video Entertainment rejoint Playmates dans le financement du projet. Quant au studio Murakami-Wolf-Swenson, il prend la décision de développer le projet, et le studio japonais Toei, lui, est contacté pour l’animation. Chuck Lorre, scénariste de la série animée MASK, qui cocréera et co-scénarisera plus tard The Big Bang Theory, est contacté pour rédiger l’histoire des cinq épisodes. Indisponible, il refuse tout en proposant le nom d’un de ses amis, David Wise (à ne pas confondre avec le compositeur de jeux vidéos). Lorre apportera tout de même sa contribution en coécrivant les paroles de la chanson du générique inoubliable. Wise, fan du comics et scénariste des séries animées Transformers et Les Maîtres de l’Univers (qui scénarisera par la suite les épisodes « The Clock King », « The Strange Secret of Bruce Wayne » et « If you’re smart, why aren’t you rich ? » de la série animée Batman) fait appel à sa petite amie, Patti Howeth, afin de coécrire le scénario avec lui.

Lors d’une réunion entre Playmates et la direction artistique, il est décidé d’attribuer à chaque tortue des boucles de ceinture avec leurs initiales respectives afin de les différencier. Cependant, les bandeaux, de couleur rouge pour chacune d’elle depuis que les comics TMNT sont passés à la couleur, posent problème. Les tortues du dessin animé, mais aussi de la gamme de jouets se voient alors dotées de leur propre code couleur : bleu pour Leonardo, violet pour Donatello, orange pour Michaelangelo, tandis que Raphael conserve le rouge d’origine. Steve Varner, qui avait été engagé pour sculpter des jouets selon les comics, modifie leurs aspects afin de se rapprocher du design de la série animée. Le sculpteur Scott Hensey le rejoint par la suite, s’occupant principalement des bad guys de la gamme.

David Wise effectue une modification concernant April O’Neil. Le personnage, qui était l’assistante du scientifique Baxter Stockman, devient ici journaliste. Wise ne cache pas s’être inspiré de Loïs Lane concernant ce changement. Afin de ne pas choquer les enfants concernant les combats entre les Tortues et le chan du Foot, le scénariste décide d’en faire des robots. Ainsi, les blessures causées par les armes des tortues seront « inexistantes » pour les jeunes spectateurs. Pour justifier le fait que Shredder ait accès à une technologie robotique concernant ses combattants, le personnage du général Krang est intégré au récit, avec, bien sûr, une apparence moins menaçante que celle des comics.

Concernant la substance radioactive à l’origine de la mutation de Splinter et des Tortues, elle a ici des effets différents puisqu’elle transforme les animaux en hybrides couplés à l’espèce avec qui ils sont rentrés en contact pour la dernière fois. De ce fait, Hamato Yoshi n’est plus le maître de Splinter, mais Splinter lui-même. Afin d’intégrer de nouveaux mutants, Playmates et Wise demandent à Laird de leur dessiner des croquis. Ce dernier crée donc un phacochère, une taupe, un rhinocéros et un taureau. Le phacochère et le rhinocéros sont alors retenus pour les personnages de Bebop et Rocksteady. Ces noms viennent tout simplement des styles de musique (le bebop étant un style de jazz crée en 1945, tandis que le rocksteady est un des précurseurs du reggae issu du ska). Enfin, David Whise ajoute ce qui deviendra l’élément le plus caractéristique des Tortues Ninja : la pizza. Il choisit ce mets qui est à ses yeux, la nourriture préférée des enfants. Playmates et la direction artistique de la minisérie animée créent ensuite le fameux logo qui deviendra aussi bien un puissant symbole de la pop culture que du merchandising. Bien évidemment, une campagne marketing est lancée afin de promouvoir l’arrivée prochaine du projet animé.

Les cinq épisodes sont diffusés du 28 décembre 1987 au 1er janvier 1988. Bien évidemment, les enfants étant en vacances, le succès est au rendez-vous. Les médias consacrent ensuite des articles concernant cette nouveauté télévisuelle. Le journaliste sportif Mike Lupica va même jusqu’à dire : « Ma nouvelle série préférée pour 1988 est un dessin animé que je n’ai pas encore vu, s’appelant Teenage Mutant Ninja Turtles. Peu importe l’histoire, rien que pour le nom, c’est ma nouvelle série préférée. » Des rediffusions étant alors prévues pour la minisérie, Playmates programme alors le lancement de la gamme de jouets pour l’été 1988.

Une alliance se crée ensuite avec le groupe W afin de financer une seconde saison de treize épisodes. Le premier épisode de cette suite, intitulé « Le retour de Shredder », est diffusé le samedi 1er octobre 1988. Par la suite, 26 épisodes seront commandés. En parallèle, les ventes de jouets établissent un très bon score. À noter qu’entre 1989 et 1991, TMNT est la série animée la plus regardée aux États-Unis. Au fur et à mesure, le succès extrêmement grandissant de la série fera des Tortues Ninja un des plus grands succès que le monde du merchandising ait connu, sans oublier son statut devenu culte au sein de la pop culture. La série débarque en France en 1990, diffusée sur Canal +, puis sur France 3 et France 2. Dans certains pays européens, le titre devient Teenage Mutant Hero Turtles, le nom Ninja symbolisant une violence malvenue pour le jeune public. Au total, la série animée culte au charme inoubliable comprendra 193 épisodes pour 10 saisons jusqu’en 1996. Par conséquent, Mirage Studios ne sera plus la seule à posséder les droits de la licence.

 

LES COMICS POPULAIRES

Fin 1987, Mirage Studios prend conscience qu’un titre tous public reflétant l’ambiance de la série animée est nécessaire. Il décide alors de créer Teenage Mutant Ninja Turtles Adventures, un récit en trois numéros adaptant la première saison du programme animé. Afin que le titre puisse être distribué de manière plus étendue que les librairies spécialisées pour atteindre son public, Freedman contacte Marvel, DC, et Archie Comics. Ce sont finalement ces derniers qui acceptent de signer le contrat stipulant qu’Archie s’engage à publier et distribuer le titre Teenage Mutant Ninja Turtles Adventures créé et produit par Mirage. Le récit en trois numéros est publié d’août à octobre 1988. Il connait un tel succès qu’une série régulière est lancée en 1989. Au fil du temps, le titre s’éloigne de la série animée afin de créer son propre univers. Parmi les nouveaux personnages créés pour l’occasion, certains sont utilisés dans la série animée ou la gamme de jouets. Cette série de comics est également publiée en France, sous les titres Tortues Ninja et Cowabunga. Connaissant un succès sans précédent auprès du jeune public, des hors-séries et titres dérivés sont créés, tels TMNT Presents April O’Neil ou encore Mighty Mutanimals. La série de comics prendra fin en octobre 1995, en même temps que le phénomène Tortues Ninja

 

« HEY DUDE, THIS IS NO CARTOON »

En 1988, Mark Freedman, qui avait déjà tenté de lancer un film Tortues Ninja, sans succès, entend parler du film Batman de Tim Burton dont la sortie est prévue en été 1989. Cela le motive à prendre de nouveau les choses en main afin de démarcher d’autres sociétés de production. Il trouve finalement un accord avec la société hongkongaise Golden Harvest qui est à l’origine du succès international des films de Bruce Lee et Jackie Chan. Ensemble, ils se mettent d’accord sur le ton du film : plus adulte que le dessin animé, plus proche du comics d’origine. Golden Harvest s’associe par la suite à Limelight Entertainment pour la production du film. L’irlandais Steve Barron est engagé pour la réalisation. Ayant entre autres réalisé les clips « Burning Up » de Madonna, « As the world falls down » de David Bowie et « Billie Jean » de Michael Jackson, c’est surtout son expérience avec l’animatronique sur les épisodes de la série du célèbre marionnettiste Jim Henson (créateur entre autres du Muppet Show), Monstres et Merveilles, qui lui fait décrocher ce poste. Barron, qui a côtoyé Brian Henson, le fils de Jim sur le tournage de Monstres et Merveilles, le contacte afin d’apporter son savoir-faire sur le film. C’est ainsi que l’une des sociétés de Jim Henson, The Jim Henson’s Creature Shop, participe à la création des costumes et marionnettes, tandis que Brian devient le marionnettiste en chef et le coordinateur des effets animatroniques.

Barron écrit une première ébauche de l’histoire, avec pour unique source les comics TMNT. Les seuls éléments du dessin animé intégrés au film sont les codes couleurs des tortues, uniquement pour les bandeaux autour des yeux, ainsi que l’April O’Neil reporter. Bobby Herbeck et Todd Langen sont engagés pour écrire et développer le scénario définitif, tandis que l’état de Caroline du Nord apporte une petite contribution au financement du film. Le budget du film s’élève alors à 13,5 millions dollars, un chiffre certes faible pour un projet si ambitieux, mais qui garantit, grâce à Golden Harvest, une liberté artistique totale, chose extrêmement rare dans le monde du cinéma où les adaptations sont en général contrôlées par d’importantes sociétés de production. Robin Williams, grand fan des TMNT, conseille à la production d’engager Judith Hoag pour le rôle d’April O’Neil. Venant tout juste de tourner avec elle pour le film Cadillac Man, il estime qu’elle serait l’incarnation parfaite pour le personnage. Judith Hoag est donc engagée par la production. Pour l’excellent personnage de Casey Jones, c’est le comédien canadien Elias Koteas qui décroche le rôle. Au Creature Shop, deux types de costumes sont conçus pour les tortues : ceux pour les scènes dites normales, très sophistiquées, notamment pour les masques animatroniques, et les autres pour les cascades, plus souples avec des masques dépourvus de technologie animatronique. 

Le tournage s’effectue dans les studios de Caroline du Nord de juillet à septembre 1989, excepté pour quelques plans tournés à New York (Times Square, l’Hudson et l’Empire State Building), ville où se situe le récit des Tortues Ninja. Chaque masque des tortues est animatronique, contrôlé par une trentaine de moteurs dissimulés dans la carapace et dirigés par un seul animateur. La collaboration entre les comédiens en costumes et les animateurs est donc primordiale. Pour cela, en plus des répétitions, les costumes sont équipés de radio afin de permettre une communication sur les tournages, ce qui ne pose aucun problème puisqu’il est décidé de doubler les voix par d’autres comédiens en postproduction, exception faite pour Josh Pais, qui interprète physiquement et vocalement Raphael. Seul le personnage de Splinter n’est pas incarné par un comédien. En effet, le sensei est une authentique marionnette, conçue par Peter Brooke. La bouche de Splinter est animée par la main de Kevin Clash, assis à l’intérieur de la marionnette. Quant aux bras, ils sont dirigés par deux autres marionnettistes. Pour les comédiens et les cascadeurs tournant dans les costumes des tortues, le tournage en plein été est éprouvant, chacun étant obligé de consommer quotidiennement quatre litres d’eau. Des tentes frigorifiques sont alors montées pour les pauses entre les prises. Les costumes pesant initialement vingt kilos atteignent le poids de vingt-trois kilos au fil de chaque journée, stockant la sueur des comédiens. Eastman et Laird, qui ont suivi la préproduction, viennent de temps à autre sur le tournage, appréciant bien plus le traitement du film, fidèle aux comics, que celui de la série animée.

Les cascadeurs, pour la plupart d’origine chinoise, sont exploités, touchant seulement 50 $ par jour. Lors de la projection de Raphael dans la poubelle, le nez de l’un d’eux, interprétant le personnage lors du combat contre Casey Jones, se fracture, écrasé par le masque et les parties animatroniques. Un autre cascadeur, incarnant un membre du clan des Foot, effectuant notamment la démonstration de nunchakus face à Michaelangelo, est choisi pour le remplacer. Les quatre comédiens incarnant les tortues effectuent des caméos dans le film en dehors de leurs costumes. Josh Pais (Raphael) interprète le passager du taxi qui entre justement en collision avec Raphaël. David Forman (Leonardo), incarne un membre du clan des Foot lors d’une scène dans leur entrepôt. Leif Tilden (Donatello) joue le rôle du messager du clan des Foot giflant April. Quant à Michelan Sisti (Michaelangelo), il incarne le fameux livreur de Domino’s Pizza. Une référence au Batman de Tim Burton a été supprimée peu avant le tournage. Raphael sortant du cinéma devait à la base prononcer la réplique  « Cool, car. Stupid costume ». À noter que le comédien Sam Rockwell (La ligne verte, Confession d’un homme dangereux, Iron Man 2), âgé de 21 ans à l’époque, interprète un des membres du clan des Foot. D’ailleurs, sa réplique face au chef Stern à la fin du film, « Check out the East Warehouse on Lairdman Island » est un clin d’œil à Eastman et Laird.

Pour assurer le montage, Sally Menke, qui deviendra plus tard la monteuse de Quentin Tarantino, est engagée. Au fil des jours, les points de vue artistiques divergent entre Golden Harvest et Barron. Ce dernier se rend compte que sa vision artistique n’est plus partagée. En effet, Golden Harvest trouve le prémontage beaucoup plus sombre qu’il ne l’imaginait, regrettant de lui avoir laissé une trop grande liberté sur le tournage. Au final, Barron quitte la postproduction, et la talentueuse Sally Menke se voit remplacée. La Fox doit distribuer le film, mais se rétracte peu de temps avant la sortie. C’est finalement New Line qui est chargé de la distribution. Pendant ce temps, Freedman démarche toutes les enseignes de pizzeria afin d’établir un partenariat, en vain. Quelques jours avant la sortie du film, Freedman, enthousiaste, organise une projection du film au sein de Playmates. Les avis sont négatifs, la société préférant la vision plus optimiste et lumineuse de la série animée. Le long-métrage sort aux États-Unis le 30 mars 1990, et devient numéro un lors de son premier week-end. Malgré quelques avis critiquant le langage grossier et la violence du film, les retours sont globalement enthousiastes et positifs. Teenage Mutant Ninja Turtles rapporte au total 135 266 $ aux États-Unis, et 201 966 $ dans le monde entier, remboursant plus de 15 fois son budget, un record qui en fait le film indépendant le plus rentable à cette époque. Suite à cela, Pizza Hut, qui faisait partie des enseignes ayant refusé un partenariat, revient finalement sur sa décision, réunissant un budget publicitaire de 20 millions de dollars pour promouvoir la sortie vidéo. À ce jour, ce long-métrage est considéré par les fans comme LE seul film authentique des Tortues Ninja.

 

DEUX SUITES DÉCEVANTES

Les chiffres définitifs et inattendus du box-office concernant le film Tortues Ninja sont à peine dévoilés que Golden Harvest et New Line Cinema décident de réaliser un second volet, pour un budget de 25 millions de dollars. Souhaitant profiter du phénomène TMNT avant que celui-ci ne s’épuise, ils programment la date de sortie de cette suite pour l’année suivante. L’un des scénaristes du premier opus, Todd Langen, est de nouveau engagé. Celui-ci a pour consigne d’écrire un scénario moins sombre, se rapprochant plus de l’ambiance légère de la série animée, tout en incluant les personnages de Bebop et Rocksteady, et en supprimant le personnage de Casey Jones, trop « violent » et peu exploité dans le programme animé.

Suite aux divergences artistiques avec Steve Barron lors de la postproduction du précédent film, les producteurs engagent le réalisateur Michael Pressman, en lui donnant la directive de réaliser le film aussi vite que possible, et de manière à coller au style grand public du scénario. Le marionnettiste Brian Henson, déçu de la vision des producteurs et de leur comportement envers Barron, prend la décision de ne pas renouveler l’expérience, laissant cependant le Jim Henson’s Creature Shop collaborer avec Pressman. Laird et Eastman sont eux aussi consternés, ayant apprécié la tonalité sombre de Barron, fidèle à leur création. Lorsque le duo apprend que les personnages de la série animée, Bebop et Rocksteady, doivent apparaitre dans cette suite, un bras de fer contre les producteurs s’engage. Finalement, Laird et Eastman obtiennent le dernier mot, bien que les deux mutants soient malgré tout remplacés par deux créatures assez similaires, Tokka et Razhar. Pour couronner le tout, Golden Harvest et New Line Cinema font le choix de ne pas renouveler le contrat de Judith Hoag, qui avait pourtant interprété une authentique April O’Neil. Selon eux, la gent masculine n’appréciait pas le physique de l’actrice lors des projections tests. Ils engagent alors la comédienne Paige Turco.

La bande originale du film TMNT ayant elle aussi rapporté beaucoup d’argent, notamment grâce à « This is what we do » de M.C Hammer et « Turtle Power » de Partners in Kryme, il est décidé de mettre Vanilla Ice à contribution, tout lui demandant d’interpréter la chanson spécialement écrite pour l’occasion, lors de la scène précédant le final. Le seul choix véritablement judicieux des producteurs concerne le combattant Ernie Reyes Jr. Ce dernier, qui était la doublure combat de Donatello sur le premier film, se voit proposer un véritable rôle, celui du livreur de pizza et pratiquant d’arts martiaux, Keno. David Warner, quant à lui, est engagé pour incarner le Professeur Perry de la société TGRI. Par la suite, le comédien continuera à travailler sur les adaptations de comics puisqu’il incarnera Jor-El dans la première saison de la série Loïs et Clark, et prêtera sa voix à Ra’s Al Ghul dans la série animée de Bruce Timm et Paul Dini, ainsi qu’aux personnages de Herber Landon et Crâne Rouge dans la série animée Spider-Man de 1995. Dans le script original, le Professeur Perry révélait à la fin du film être un robot contrôlé par un utrom (les extra-terrestres du comics dont fait partie le général Krang). Afin de ne pas rendre le film trop violent, les tortues utilisent très peu leurs armes, à l’image de Michaelangelo, qui utilise des chapelets de saucisses à la place de ses nunchakus dans la première scène du film. Le film rapporte 20 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture, pour finir avec un total de 79 000 dollars aux États-Unis. Un score honorable, mais très inférieur aux 135 266 dollars rapportés sur le premier film.

Un troisième opus est mis en chantier, pour une sortie programmée en mars 1993. Golden Harvest investit dans un budget de 17 millions de dollars. Stuart Gillard est engagé afin d’écrire et réaliser le film. Le scénario, basé sur l’arc « Masks » des comics TMNT, envoient les Tortues Ninja dans le Japon du XVIIe siècle. Afin de réduire les dépenses, la production, décide de ne plus collaborer avec le Jim Henson’s Creature Shop. Elle se tourne alors vers la All Effects Company, préférant ainsi le profit à la qualité des costumes. Elias Koteas est de nouveau engagé afin d’interpréter une seconde fois Casey Jones, ainsi que son ancêtre Whit Whitley. Paige Turco, l’April O’Neil du second volet, est appelé afin de reprendre le personnage.

Le film, lors de sa sortie en salle, est extrêmement critiqué pour sa réalisation inexistante et son scénario plus que médiocre, sans oublier les costumes qui sont à mille lieues de la qualité proposée par les deux premiers films. Il engrange un total de 42 millions de dollars aux États-Unis.

 

MARKETING DE FOLIE

Si vous êtes né(e) avant 1995, vous avez certainement connu l’hallucinante Tortue-Ninjamania qui a également touché la France. Figurines des films et de la série animée, magazines, stickers, déguisements, jeux vidéos, jeux électroniques, disques vinyle, cassettes vidéos, yaourts, glaces, fèves en porcelaine, lampe-torche, vêtements, pin’s, chewing-gum, etc. Les produits dérivés TMNT ont commencé aux États-Unis en 1988 avec Playmates, le fabricant des figurines de la série animée. La même année, un contrat est signé avec Konami. L’éditeur et développeur sort deux jeux vidéos cultes en 1989. Teenage Mutant Ninja Turtles sur la NES de Nintendo, qui est encore aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs jeux vidéos de la console, mais aussi l’un des plus difficiles. Le jeu alterne parcours extérieur vu du dessus et explorations de bâtiments et d’égouts en défilement parallaxe. Il va jusqu’à décrocher le prix du jeu de l’année dans le magazine Nintendo Power. Le second jeu, portant le même nom, est un « beat them all » sur borne d’arcade. Le jeu est d’ailleurs disponible depuis mars 2017 sur la plate-forme de téléchargement Xbox Livre Arcade. En 1990, le jeu NES est édité sur Amiga, Amstrad CPC, Commodore 64, DOS, MSX et ZX Spectrum, tandis qu’un nouveau jeu voit le jour, cette fois sur Game Boy. Konami sortira six autres jeux vidéos jusqu’en 1993, sur borne d’arcade, Game Boy, Super Nes et Mega Drive.

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La Tortue-Ninjamania s’accroît, avec des milliers de produits dérivés. Des montres aux vêtements, en passant par les céréales et les kits de rasage, c’est une réelle folie internationale. Eastman se souvient : « À partir du moment où il y a eu beaucoup d’argent en jeu, tout le monde réclamait une plus grosse part du gâteau. Notre pourcentage sur les revenus des ventes était très faible. Nous gagnions dix cents pour chaque dollar. » Malgré tout, Laird et Eastman ont le privilège de s’accorder certains plaisirs. Laird possède 32 motos, tout en acquérant l’un des premiers Hummer commercialisés. Il va même jusqu’à sponsoriser une équipe de course de motos professionnelles, la Team Mirage, aux couleurs des Tortues Ninja.

Profitant du phénomène TMNT, les producteurs Steve Leber et Bob Bejan produisent un spectacle musical sponsorisé par Pizza Hut, nommé Teenage Mutant Ninja Turtles : Coming Out Their Shells. Au programme ? Les Tortues Ninja interprétant des chansons en playback tout en combattant Shredder, avec les apparitions de Splinter et d’April. Le show fait ses débuts le 17 août 1990 au Radio City Music Hall, retransmis à la télévision en pay-per-view. Des tournées sont organisées dans le monde entier, dont on peut retrouver les publicités dans les magazines Tortues Ninja, passant même par des petites villes françaises comme Troyes. Une cassette vidéo et une bande originale sont également commercialisées, ainsi qu’un making-of de 30 minutes.

 

UNE NOUVELLE « IMAGE »

Face à la conclusion de la série animée en 1996 et à la baisse des ventes des produits dérivés, Mirage souhaite donner un second souffle aux tortues par le biais du support de base : les comics. Les Tortues Ninja font une apparition avec le personnage Savage Dragon, créé par Erik Larsen chez Image Comics. Appréciant le travail de Larsen, Eastman et Laird lui proposent de créer un nouveau titre Tortues Ninja qui serait publié par Image. Ne pouvant accepter suite à son implication sur son comics Savage Dragon, il oriente le duo vers le scénariste Garry Carlson et le dessinateur Frank Fosco. Larsen illustrera tout de même quelques couvertures du nouveau titre en plus de faire quelques propositions artistiques. En guise de prologue à ce nouveau récit, Image lance la minisérie Bodycount avec les deux meilleurs personnages de la franchise : Raphael et Casey Jones. Afin de faire oublier l’image de ces dernières années proposée par la série animée et les comics Teenage Mutant Ninja Turtles Adventures, cette minisérie se montre extrêmement réaliste, sombre et gore, pour le plus grand bonheur des fans de la première heure. Le nouveau titre TMNT est ensuite publié en juin 1996, dans un format en noir et blanc, contrairement à Bodycount, afin de rester fidèle aux premiers comics de Mirage. Peter Laird reste impliqué sur les premiers épisodes, avant de laisser l’équipe créative s’occuper de ce nouveau titre, étant en overdose de sa création. Se voulant authentique et réaliste au maximum, cette nouvelle vision est saluée, mais est également sujette à controverse. En effet, au fil des numéros, Raphael est défiguré et dirige temporairement le clan du Foot, Leonardo perd une main, et Donatello est tué, revenant à la vie sous une forme cybernétique, à l’image de Cyborg chez DC. Bien qu’ils servent la nouvelle directive artistique, ces choix ont avant tout été appliqués pour différencier les tortues sur le format noir et blanc. Carlson justifie sa vision en expliquant qu’une vie faite de violences et menée par les tortues devait obligatoirement amener des conséquences réalistes. « C’était presque le seul but de cette série : prendre ses distances avec le dessin animé et rappeler aux gens que les Tortues Ninja avaient débuté dans un style inspiré par les histoires de Frank Miller. Tout ce que nous avons fait a été présenté à Mirage et Peter Laird, avec qui il était agréable de travailler. Une de leurs suggestions a été de frapper fort dès le début en tuant Maître Splinter. Je suis bien content qu’on n’ait pas suivi cette voie, les fans n’auraient pas apprécié. » Pendant ce temps, Mirage travaille sur un quatrième film, et pour l’occasion, Laird et Eastman écrivent un script introduisant une cinquième tortue nommée Kirby, en hommage à leur idole, Jack Kirby. Au final, New Line abandonne le projet, et c’est alors que Saban Entertainment entre dans la partie…

 

THE NEXT MUTATION

Saban Entertainment qui a, entre autres, créé les séries Power Rangers, se montre intéressé par le script du quatrième long-métrage. L’idée est d’en faire une série télévisée. Au final, la cinquième tortue, qui devient un personnage féminin pour l’occasion, est la seule idée utilisée du script de Laird et Eastman. Son nom n’est alors plus Kirby, mais Venus, en référence à la Venus de Milo. 26 épisodes sont produits et lancés, créant une nouvelle controverse chez les fans. La série de piètre qualité élimine Shredder dès le premier épisode, afin de laisser place à un nouveau némésis : Le Seigneur Dragon. De nombreux bruitages cartoonesques, tels des bruits de singes ou de chèvres, sont utilisés, aussi bien lors des scènes de combats que dans des situations normales, sans parler des effets spéciaux très pauvres, rivalisant avec ceux des différentes séries Power Rangers. La psychologie des tortues devient affligeante, à tel point que Michaelangelo n’est même plus considéré comme la tortue la plus légère. Saban ira même jusqu’à réaliser un épisode crossover avec les Power Rangers. Tandis qu’Eastman approuve cette série et cette cinquième tortue féminine, Laird devient furieux, au point de refuser à Saban la production d’une seconde saison. La relation entre les deux artistes devenant très tendues au fil des années, elle prend fin suite à leurs avis opposés concernant cette série.

 

NOUVEAUX HORIZONS

En 2000, Eastman et Laird signent un accord stipulant que ce dernier acquiert les parts d’Eastman pour la propriété intellectuelle de TMNT, ainsi que Mirage Studios en tant que société. Quant à Eastman, il conserve une participation aux bénéfices en rapport avec les droits d’exploitation de la franchise. Pour Laird, cet accord est l’occasion de lancer un quatrième titre TMNT, loin des divergences artistiques trop présentes ces dernières années avec Eastman. Il entreprend alors la création de ce nouveau récit avec Jim Lawson, ayant pour désir de créer une longue saga ininterrompue plutôt que divers numéros indépendants se succédant, comme ce fut le cas sur les derniers comics Mirage au début des années 90. Le comics, lancé en décembre 2001, relance l’intérêt des fans auprès de la franchise. 4Kids Entertainment propose alors à Laird de produire une nouvelle série animée. Ce dernier tient à être clair si un contrat se signe, il doit avoir le contrôle total au niveau des droits d’approbation, ce qui n’était pas le cas sur les précédents longs-métrages et l’ancienne série animée. 4 Kids Entertainment acceptent, et le projet se développe. Lloyd Goldfine, qui a écrit un épisode de la série animée Conan The Adventurer, ainsi que le fameux court-métrage animé G.I. Joe : Sgt. Savage and His Screaming Eagles: Old Soldiers Never Die et deux épisodes de Yu-Gi-Oh !, est désigné pour être le showrunner. Ce dernier collabore étroitement avec Laird, afin de concevoir un scénario très fidèle aux comics d’origine. L’artiste afro-américain Chuck Patton est choisi pour réaliser la série. Il a travaillé sur de nombreux comics DC, mais aussi sur les séries animées The Adventures of Super Mario Bros, Double Dragon, Teen Titans et Spawn. Ce dernier suggère à ses artistes d’étudier les comics de Mirage ainsi que l’architecture de la ville de New-York, lieu du récit, mais aussi des studios d’animation.

La nouvelle série animée est diffusée en février 2003. Si elle déçoit un bon nombre de téléspectateurs par un ton très éloigné de la première série animée culte, elle ravit en revanche les fans du comics original. Le programme propose en effet un scénario plus adulte et complexe, mettant en avant des combats avec de véritables mouvements de ninjutsu. À l’inverse de la première série animée, les psychologies des tortues sont fidèlement respectées, nous offrant un Raphael on ne peut plus nerveux et impulsif. Tout comme le comics d’origine, Baxter Stockman redevient ce scientifique afro-américain, et April O’Neil n’est plus reporter mais son assistante, quant à Casey Jones, il est ici un personnage à part entière, patrouillant de temps à autre avec Raphael dans le New York nocturne. Pour aller encore plus loin dans la fidélité, la série adapte au fil des saisons de nombreux arcs du comics original, y compris « Les Tortues dans l’espace » introduisant Le Fugitoïde. Tout comme les adaptations précédentes, la série est accompagnée de figurines, toujours fabriquées par Playmates, et d’autres produits dérivés, ainsi qu’un comics qui ne dépassera pas le septième numéro, l’éditeur Dreamwave publiant ces récits se retrouvant rapidement en faillite.

Après deux saisons, le réalisateur Chuck Patton quitte l’aventure, remplacé par Roy Burdine, qui avait travaillé jusque là sur les story-boards de la série et qui réalisera plus tard 8 épisodes de The Avengers : Earth’s Mightiest Heros et 24 épisodes de Ultimate SpiderMan. En plus de cela, c’est un véritable fan de la première heure, collectionnant les comics TMNT depuis leur première apparition. La série animée va même jusqu’à adapter, le temps d’un épisode post-apocalyptique de la saison 3, quelques éléments du comics controversé publié par Image. Peter Laird considère les quatre premières saisons comme la meilleure adaptation TMNT avec le premier film de Steve Barron.

Pendant ce temps, les droits d’exploitation d’Harvey Goldest expirent, ce qui permet à Laird via Mirage Studios de s’associer avec Imagi Animation Studios pour un lancer un tout nouveau long-métrage en images de synthèse. Warner Bros est intéressé pour financer le film. Afin de garder le contrôle créatif, Laird décide de coproduire le film avec Warner. John Woo est impliqué et se montre intéressé pour réaliser le film, mais quitte finalement le projet afin de travailler sur une de ses productions. Kevin Munroe, réalisateur de jeux vidéo et de films d’animation, se voit alors confier la réalisation après une entrevue avec Peter Laird. Il profite également de l’entretien pour se faire dédicacer son exemplaire du premier numéro de TMNT. Différents types de scénarios sont mis en place : les tortues dans une aventure spatiale, la suite directe de la trilogie originale, etc. Finalement, l’équipe choisit d’établir un scénario avec son propre univers, bien qu’il puisse se regarder comme une histoire se déroulant quelques années après la trilogie. Dans le premier jet, Raphael meurt après le twist final, ramené ensuite à la vie par la technologie de Winters. Laird fait part de son mécontentement, et exige que cette conclusion soit modifiée. Le film se conclut finalement sur la réplique de Raphael « We strike hard and fade away into the night », qui est aussi la toute dernière réplique du premier numéro de TMNT. De nombreux clins d’œil sont également faits à la première trilogie. Lors du Comic-Con de San Diego en 2006, l’équipe annonce officiellement que la voix de Splinter est doublée par Mako Iwamatsu (La canonnière du Yang-Tse, Conan le Barbare, Robocop 3, Crying Freeman, Sept ans au Tibet, Pearl Harbor). Malheureusement, le comédien décède le lendemain de l’annonce, faisant de TMNT son tout dernier film. Parmi le casting, on retrouve également Patrick Stewart pour la voix de Max Winters, Chris Evans pour Casey Jones, Laurence Fishburne en narrateur et Sarah Michelle Gellar pour le rôle d’April O’Neil. McDonald’s participe au marketing du film, avec huit figurines proposées dans le Happy Meal. Le marketing viral crée également un compte MySpace pour chaque tortue. Le film d’animation sort aux États-Unis le 23 mars 2007, et devient numéro 1 lors de la première semaine d’exploitation. Il récolte au total 54 millions de dollars aux États-Unis et 96 millions à l’international.

La série animée, quant à elle, effectue un changement radical avec la saison 5 en accueillant le Tribunal Ninja, des guerriers japonais apprenant aux Tortues Ninja les arts mystiques afin de vaincre Shredder, revenu à la vie sous la forme d’un démon. La saison 6, intitulée Fast Forward, continue de faire baisser la qualité, tant sur le plan visuel que scénaristique. Avec un design simplifié, elle raconte le récit des tortues projetées dans le futur. Conscient des critiques et des pertes d’audience, 4 Kids propose un nouveau design, tout en ramenant les tortues dans le présent. Hélas, cette dernière saison, loin des premières, se conclut après treize épisodes. Frustrés de ne pas avoir pu livrer une conclusion digne de ce nom, Lloyd Goldfine, Roy Burdine et leur équipe créative se réunissent afin de réaliser un récit qui leur tenait à cœur depuis les premières saisons : la rencontre de leurs tortues avec celles de la première série animée. Laird étant contre cette idée, change d’avis après la lecture du scénario qui introduit également les Tortues Ninja en noir et blanc du comics original. Cependant, un petit problème survient pendant la postproduction : les doubleurs originaux de la première série animée ne peuvent participer à l’aventure, appartenant à LA Union Voice en Californie. Le téléfilm d’animation, nommé Turtles Forever, est programmé pour 2009, année qui marquera le vingt-cinquième anniversaire de TMNT. Sa diffusion ravit à la fois les fans du comics et ceux de la première série animée.

 

NICKELODEON ET IDW

La quatrième série de comics, démarrée en décembre 2001 par Laird et Lawson, s’arrête en 2009 après 31 numéros. En effet, la production est devenue chaotique au fil des années, le duo n’ayant rien écrit en 2007, publiant seulement deux récits en 2008 et 2009. Les productions de la suite du film d’animation et de la série étant arrêtées, Laird constate que l’ère des Tortues Ninja touche à sa fin. Les droits d’exploitation sont alors vendus à Viacom (qui détient Nickelodeon).

Viacom s’associe en 2011 avec IDW Publishing (G.I Joe, Transformers) pour lancer un tout nouveau comics. Le rédacteur en chef Chris Ryall est désigné pour en être le scénariste, rejoint par le dessinateur Dun Duncan et la coloriste Ronda Pattison. À l’instar de leurs comics G.I Joe et Transformers, pour lesquels ils avaient fait appel à Simon Furman et Lary Hama, l’équipe de IDW contacte Kevin Eastman afin de le faire participer à cette nouvelle aventure. Ce dernier devient alors coscénariste et dessinateur des couvertures du comics. Le nouveau titre est publié en août 2011, attirant anciens et nouveaux fans. En effet, il propose une réécriture intéressante des origines des TMNT, tout en incluant de nouveaux personnages tel que Old Hob. En parallèle, IDW publie de nouveau les comics originaux de Laird et Eastman, ainsi que certains tomes de Teenage Mutant Ninja Turtles Adventures.

Dans les studios de Nickelodeon, Ciro Nieli, fan des TMNT depuis les années 80, qui a travaillé sur les séries animées Teen Titans et Avengers : Earth’s Mightest Heroes, est engagé pour être le producteur de la prochaine série animée. Afin de se démarquer des diverses adaptations de TMNT, Nickelodeon décide d’en faire un dessin animé en images de synthèse. D’anciens membres ayant travaillé sur Teen Titans et Avengers rejoignent l’aventure. Les influences sont nombreuses, allant de Frank Miller à John Carpenter en passant par les séries japonaises X-Or et Kamen Rider. Pour le doublage, nous retrouvons Sean Astin (Les Goonies, Le Seigneur des Anneaux, Stranger Things) dans le rôle de Raphael, Jason Biggs (Orange Is The New Black, American Pie) dans le rôle de Leonardo, ainsi que Rob Paulsen (le doubleur de Raphael dans la série animée originale) pour le rôle de Donatello. La nouvelle série animée, au design plus que discutable, rencontre un succès auprès des jeunes téléspectateurs dès sa programmation le 29 septembre 2012, et permet bien évidemment un marché prolifique grâce aux produits dérivés.

 

MASSACRE CINÉMATOGRAPHIQUE

Les Tortues Ninja se retrouvant de nouveau sur le devant de la scène grâce aux comics et à la série animée, Nickelodeon décide de confier la production à Paramount Pictures afin de lancer un nouveau long-métrage live. Le studio fait alors appel à la société de Michael Bay, Platinum Dunes. Bay confie la réalisation à son fanboy Jonathan Liebesman (Le Choc des Titans). Naturellement, Bay et Liebesman engagent Megan Fox pour interpréter April O’Neil. Par la suite, Whoopi Goldberg (La Couleur Pourpre, Sister Act, Le Roi Lion), Will Arnett (30 Rock, La Grande Aventure Lego, Lego Batman, BoJack Horseman) et William Fichtner (Strange Days, Heat, Armageddon, The Dark Night, Prison Break) sont engagés pour tenir les rôles de Thompson, Vernon et Eric Sacks. Pour les voix de Leonardo et de Splinter, Bay choisit Johnny Knoxville (Jackass) et Tony Shalhoub (Bienvenue à Gattaca, Monk, Cars, No Pain No Gain). Concernant la composition musicale, elle est confiée à Brian Tyler (Fast and Furious, The Final Cut, Expandables, Iron Man 3, Avengers : L’Ère d’Ultron, Power Rangers). Concernant l’origine d’April O’Neil et son lien avec les Tortues Ninja, les scénaristes s’inspirent du comics de IDW, probablement la seule bonne idée du long-métrage. Pour donner vie aux tortues, Bay et Lieberman font le choix peu surprenant d’utiliser le motion-capture plutôt que la technologie pourtant plus authentique de l’animatronique, faisant d’elles de géantes tortues, très loin de leur taille d’origine. Une suite est déjà annoncée, deux mois avant la sortie du film. Après de nombreuses réécritures, le long-métrage sort aux États-Unis le 20 novembre 2014. Il récolte dans ce pays 191 204 754 $, et 494 333 584 $ à travers le monde. Malgré cela, les critiques sont plus que mitigées devant ce résultat typique d’un spectacle grand public, à l’instar de Transformers. Notons d’ailleurs que pour ce Shredder robotisé, les bruitages des films Transformers sont utilisés.

Quant au second opus, il intègre pour la première fois dans un film live les personnages de Krang, Bebop, et Rocksteady. Lieberman, très critiqué pour sa réalisation du premier film, est finalement remplacé par Dave Green, qui ne fera pas mieux. Quant à Stephen Amell (Arrow), il est engagé afin d’incarner un Casey Jones superficiel aux cheveux courts. Le titre Teenage Mutant Ninja Turtles : Half Shell est finalement remplacé par Teenage Mutant Ninja Turtles : Out of the Shadows. Le seul plaisir de ce film est la courte apparition de Judith Hoag, l’April O’Neil originelle du long-métrage de Steve Barron. Le film sort le 5 juin 2016 aux États-Unis. Il y récoltera 82 051 601 $, et 245 623 848 $ à l’international, un échec aussi bien commercial que critique. Les fans de TMNT n’ayant pas apprécié le premier film sont d’autant plus déçus devant ce traitement navrant et indigne de la franchise.

 

À PRÉSENT

Concernant la série animée en images de synthèse de Nickelodeon, elle s’est achevée en 2017 après 5 saisons. Le studio travaille déjà sur une nouvelle série animée en 2D, Rise of the TMNT, reprenant le design de la série en images de synthèse, dont la sortie est prévue en 2018.

À ce jour, la série de comics publiée par IDW est toujours en cours de publication, ayant également donné naissance à une seconde série, TMNT Universe, et à de surprenants crossovers tels que TMNT/Ghostbusters et Batman/TMNT, en partenariat avec DC Comics, dont le premier numéro du second volume vient de paraître ce mois-ci aux États-Unis. À noter qu’en France, seuls les 4 premiers tomes de la première série ont été édités par les éditions Soleil. Le premier crossover Batman/TMNT, quant à lui, a été publié par Urban Comics en janvier 2017, en attendant la publication du second crossover fin 2018.

Concernant le troisième film de l’univers de Michael Bay, nous pouvons heureusement l’oublier. La production a, pour le moment, décidé d’enterrer cette franchise suite aux échecs critiques et commerciaux. Comme les véritables fans de TMNT, nous rêvons de voir un jour une adaptation fidèle et soignée sur grand écran, avec la technologie animatronique au détriment des effets spéciaux, tout comme l’était le long-métrage de Steve Barron. En attendant, contentons-nous des crossovers publiés par Urban et des comics en VO, sans oublier les inlassables visionnages du film de Barron en Blu-ray.

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Dossier : Comics

ROAD TO THE ENDGAME #2 : BLACK WIDOW

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À la fois redoutable et énigmatique, Natasha Romanoff, alias Black Widow, est un membre de l’équipe originale des Avengers adaptée à l’écran. Ex-espionne soviétique, Natasha n’a toutefois pas toujours été l’héroïne que tout le monde connait, interprétée au cinéma par Scarlett Jonhansson.

BLACK WIDOW – HEROÏNE À PLEIN TEMPS ?

Black Widow est un personnage créé par Stan Lee, Don Rico et Don Heck, paru pour la première fois dans le comic Tales of Suspense n°52 en avril 1964.

Ce dernier présente essentiellement les aventures d’Iron Man –depuis le n°38 -, puis y incorpore Captain America, pour ne terminer qu’avec ce dernier à l’affiche.

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Black Widow sera d’abord introduite comme une ennemie d’Iron Man, pour ensuite être convertie en super-héroine.

Au départ, Natasha Romanoff est présentée comme une espionne soviétique aux cheveux bruns courts s’opposant à Iron Man. Elle ralliera à sa cause Hawkeye, nuisant ainsi drastiquement aux intérêts et plans de l’Amérique des années 60, dans une période déchirée par les tensions de la Guerre Froide.

Elle sera convertie en super-héroine des années plus tard en 1970, et obtiendra son apparence bien connue de tous :  cheveux roux mi-longs et tenue noire.

Black Widow paraitra ainsi dans The Amazing Spider-Man n°86 avant d’avoir sa propre série : Amazing Adventures , composée de 8 épisodes d’août 1970 à septembre 1971, partageant l’aventures des Inhumains.

Natasha ne restera pas longtemps au placard, puisqu’elle jouera le rôle principal dans Daredevil n°81 à 124 (novembre 1971 à août 1975). Mais cette dernière ne poursuivra par l’aventure aux côtés du Diable de Hell’s Kitchen, ses auteurs avançant que « Daredevil fonctionnait mieux en tant que héros solo qu’en équipe ».

Plus tard entre 1980 et 1990, Black Widow fera des apparitions ponctuelles mais prononcées en tant que membre des Avengers et agent du SHIELD, et aura le droit à un One Shoot : Black Widow : Web of Intrigue  paru en 1999.

Plus récemment, le personnage apparait bien plus fréquemment dans des séries de comics telles que Secret Avengers (2010-2013), ou dans sa propre série Black Widow dont le premier numéro a été publié en Mars 2016.

En outre, le personnage de Natasha Romanoff aura partiellement servi dans une propagande implicite durant la Guerre Froide, démontrant que les agents soviétiques les plus assidus pouvaient reconnaître et adhérer aux « justes » intérêts prônés par l’Amérique en cette période, abandonnant ainsi le régime communiste pour rejoindre les rangs des services américains.

HISTOIRE DE NATASHA ROMANOFF

Natasha Romanoff est une descendante de la famille impériale de Russie, abandonnée très jeune et recueillie par un soldat soviétique, Ivan Petrovitch.

Natasha a rapidement démontré un réel talent pour l’athlétisme et la danse classique, si bien que celle-ci sera connue dans tout l’Union Soviétique comme l’une des meilleures ballerines du pays. Elle rencontrera lors de l’une de ses prestations le pilote Alexi Shostakov, qu’elle épousera.

Mais le KGB, conscient de leur potentiel, décida de recruter le couple afin de les former à la fonction d’agent secret. C’est lors d’un entrainement des plus difficiles dans la Chambre Rouge que Natasha fut conditionnée à devenir une espionne redoutable : elle apprendra notamment que son mari fut abattu lors d’un vol par les Américains, une fausse information diffusée par les membres du KGB afin d’obtenir une dévotion totale de sa part dans sa fonction.

C’est sous le pseudonyme de Black Widow que Natasha effectuera ses premières missions, ayant pour objectif d’infiltrer des usines de hautes technologies sur le sol américain et d’aider son contact, Boris Turgenov, à l’assassinat du professeur Anton Vanko, traitre et déserteur.

Dans ses tentatives de sabotages des usines de hautes-technologies américaines, Black Widow sera à de nombreuses reprises contrecarrée par Iron Man.

Elle revêtira son fameux uniforme noir lors de sa quatrième mission sur le sol américain, et rencontrera Hawkeye, un criminel recherché doué au maniement de l’arc. Leur attirance mutuelle la poussera au cours du temps, à abandonner sa dévotion pour ses missions au service de l’URSS.

C’est alors que des espions de la République populaire de Chine infiltrés la firent prisonnière, ayant pour ordre de l’URSS de lui faire subir un lavage de cerveau afin qu’elle s’attaque désormais aux Avengers. Mais Natasha parviendra à s’échapper et rejoindra Hawkeye, désormais repenti de ses crimes et membre des Avengers.  Elle révèlera sa véritable identité au SHIELD et bénéficiera d’une couverture et d’un Visa prolongé, en échange des services qu’elle rendra à l’agence.

BLACK WIDOW ET LE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE

Paru pour la première fois à l’écran dans Iron Man 2 en 2010, Natasha y apparait néanmoins en tant qu’héroïne, dans une histoire s’inspirant du passif d’Iron Man et Black Widow, mais en y modifiant le déroulé. De quoi faire un « clin d’œil » aux amateurs des comics qui en connaissent déjà beaucoup sur l’ex-espionne soviétique.

Natasha est un personnage qui aura été introduit dans de nombreux films du MCU, d’abord en tant que personnage secondaire, pour ensuite parvenir petit à petit au rang de personnage principal, notamment par la saga Avengers.

C’est un personnage qui se montrera juste dans ses décisions et ses propos, à la fois redoutable et imprévisible. MARVEL STUDIOS aura pris soin de faire évoluer intelligemment son personnage, aussi bien physiquement que psychologiquement. Natasha aura ainsi une place déterminante au sein des Avengers, nourrissant des intérêts similaires à Captain America.

Le futur spin-off de Black Widow prévu pour mai 2020 se montrera digne d’intérêt : MARVEL s’inspirera-t-il des comics pour retracer l’histoire mouvementée de l’ex-espionne soviétique, ou tournera-t-il ce passé à son avantage ?

Enigmatique mais populaire, Black Widow aura servi pour de nombreuses opportunités dans les comics. À la fois vecteur de propagande puis héroïne redoutable, le personnage aura également su évoluer d’une manière très protocolaire à l’écran, passant intuitivement de simple personnage secondaire dans certaines sagas, à un membre incontournable et emblématique des Avengers : de quoi rendre hommage à son passé dans les comics, dont l’évolution aura été similaire à l’écran.

Ainsi, Black Widow aura le droit à son propre spin-off en 2020, et se lancera dans la bataille de la dernière chance aux côtés du Captain dans Avengers : Endgame le 24 Avril prochain.

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Dossier : Comics

Shazam – Le personnage

Saviez-vous que son nom d’origine n’est autre que Captain Marvel ?

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Le personnage Shazam dont le film du même nom s’apprête à investir nos salles obscures et, très certainement, submerger le box-office mondial ne manque pas d’avoir sa petite histoire trollesque !

En effet, jusqu’en 2011 Shazam était en réalité appelé Captain Marvel. Bien que pour des raisons commerciales il était connu sous Shazam ! ou Shazam. Créé par C. C. Beck et Bill Parker, et apparu pour la première fois dans le numéro 2 de Whiz Comics en 1940. Ce héros de Fawcett Publications est publié ensuite dans le comics Captain Marvel Adventures qui lui était dédié. Oui, son personnage est conçu à l’origine avec l’idée de « narguer » Marvel.

Captain Marvel Adventures va connaître un succès sans précédent pour l’édition de comics de l’époque, publiés entre 1941 et 1953, la série de comics connaîtra un record de 14 millions d’exemplaires vendus en 1944. L’histoire prend cependant une tournure fâcheuse puisque DC Comics attaque Fawcett Publications pour plagiat et met un terme à son ascension en 1953. Shazam ayant été reconnu coupable de plagier Superman. Le personnage sera racheté par DC Comics en 1972 et s’appellera définitivement Shazam en 2011 avec la sortie de The New 52.

LES POUVOIRS DE SHAZAM

Shazam dispose des pouvoirs d’un personnage biblique et de quatre personnages de la mythologie grecque et d’un personnage de la mythologie romaine qui font de lui l’un des êtres les plus puissants de la planète :

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  • La sagesse de Salomon : Shazam dispose de vastes connaissances scientifiques, y compris les langues les plus connues et les sciences et est capable de déchiffrer les hiéroglyphes. Sa grande intelligence lui permet d’agir avec le maximum d’efficacité en toutes circonstances. Il agit toujours pour le bien.
  • La force et la puissance d’Hercule : sa force physique est surhumaine, équivalente à celle de Superman, il peut déplacer des immeubles ou des tanks, voire des gigantesques montagnes.
  • L’endurance d’Atlas : invulnérable, il n’a pas besoin de se nourrir, boire, dormir ou respirer (ce qui lui permet de survivre indéfiniment dans le vide spatial), il peut résister à des impacts très violents qui pourraient tuer un humain normal.
  • La foudre de Zeus : totalement invulnérable à la magie, Shazam peut invoquer la foudre divine et la manipuler à sa guise.
  • Le courage d’Achille : Shazam ignore la peur et ne doute jamais du bien-fondé de sa cause. Il est extrêmement résistant aux attaques télépathiques, son esprit possède l’une des meilleures défenses mentales du monde de DC.
  • La vitesse de Mercure : doté d’une vitesse de déplacement et de réflexes surhumains, Shazam est également capable de courir et de voler à la vitesse de la lumière, c’est l’un des personnages les plus rapides de l’univers de DC avec Flash et Superman.

Le film Shazam sortira le mercredi 3 Avril au cinéma. Notre critique en ligne.

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Dossier : Comics

ROAD TO THE ENDGAME #1 : CAPTAIN AMERICA

L’histoire d’un justicier inébranlable.

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CAPTAIN AMERICA – alias Steve Rogers – est sûrement l’un des personnages les plus emblématiques du MCU. Avec une volonté inébranlable à vouloir maintenir la justice, Captain America a longtemps entretenu le stéréotype du super-héros modèle qui se bat pour le bon côté et ne supporte pas les injustices. Ainsi, MARVEL a su couper court à cette image grossière et fait évoluer intelligemment son personnage tout au long de la time line du MCU, situation d’autant plus visible à l’écran.

Toutefois, l’histoire de ce personnage n’a pas forcément été celle que tout le monde semble connaître…

 

 

CAPTAIN AMERICA : THE FIRST CHARACTER ?

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À l’instar de ce que beaucoup pensent encore, Captain America n’a pas été le premier personnage de Marvel Comics.

À l’époque – dans les années 1940Marvel Comics se prénommait Timely Comics, est possédait d’ores et déjà des héros tels que La Torche Humaine (1939) ou encore Namor (1939).

C’est dans une époque mouvementée par les tensions internationales émanant des prémices de la Seconde Guerre mondiale, que l’idée de créer un personnage iconique née dans la tête de Jack Kirby et Joe Simon, tous deux juifs et travaillant pour Timely.

 

À l’époque, les motivations et idées de l’Allemagne Nazie, ont décidé les deux dessinateurs à créer un héros patriotique portant haut les couleurs des Etats-Unis : Captain America.

L’objectif était à l’époque de ridiculiser les forces et hauts dignitaires de l’Axe dans des comics où Captain America représentait à lui seul toute la force et la puissance de l’Amérique.

 

Dans les années 1950, le personnage sera réutilisé pour maintenir une propagande grossière dans une ère d’après-guerre désormais nourrie par des tensions entre l’Amérique et l’URSS dont est né la Guerre Froide.

Ce dernier rencontrera bien moins de succès que précédemment, et restera ainsi plusieurs années sans paraitre au grand public.

 

Rennaissance :

C’est en 1963 avec Stan Lee que Jack Kirby décide de ressortir son personnage du placard dans une nouvelle équipe : Les Avengers, une équipe de super-héros qui introduira le premier rapprochement à long terme de héros de Marvel Comics.

Désormais, Captain America ne fut plus utilisé à des fins de propagande ou pour une utilisation politique/sociale.

 

HISTOIRE DE STEVE ROGERS

Steve Rogers naît le 4 juillet 1917 (The Adventures of Captain America, Sentinel of Liberty – 1991)  de parents d’origine irlandaise, à New York.

Issu d’une famille pauvre, Steve aura subit une enfance mouvementé, rythmée par la mort de son père alcoolique, la période difficile que traversait les Etats-Unis – La Grande Dépression-, et l’oppression que lui faisait subir les autres enfants à l’école. Il perdra sa mère atteinte d’une pneumonie à la fin de sa dernière année de lycée.

Au début des années 1940, Steve suit des études d’arts mais aspire à rejoindre l’armée américaine pour combattre l’expansion du nazisme en Europe. Pourtant, le physique et la santé fragile de Steve  ne lui permettent pas de réussir les tests d’incorporation, jusqu’à ce que ce dernier croise la route du général Chester Philips, lui proposant de participer à une expérience dans un laboratoire militaire de Washington.

Steve se voit utilisé comme un sujet de test pour le projet « Super-Soldat », recevant ainsi un sérum (le S.S.S, ou Super Soldier Serum) qui doit être exposé à des radiations afin d’en activer les effets sur le corps humain. C’est ainsi, comme il est présenté dans Captain America : The First Avengers, que Steve acquiert sa force et son endurance légendaire; il sera le seul à être le fruit de cette expérience, car le professeur Reinstein, seul détenteur de la formule jusqu’alors, fut abattu lors de l’expérience par un espion nazi infiltré, Heinz Kruger.

Steve Rogers est alors enrôlé dans l’armée en tant que simple soldat pour participer à la guerre en Europe en tant que Captain America, qui devient rapidement un symbole pour ses camarades.

 Steve est rapidement missionné aux côtés de James Barnes (Bucky) pour arrêter Crâne Rouge et George Maxon, deux agents nazis et scientifiques proches de recréer la formule approchant les résultats de ceux du projet « super-soldat ». Le Captain se voit ainsi recevoir l’uniforme bien connu de Captain America, dessiné par ses soins, ainsi qu’un bouclier de Vibranium triangulaire.

Vers la fin du conflit contre l’Allemagne Nazi, Captain et James tentent de désamorcer un missile envoyé par le Baron Zemo sur Washington, mais celui-ci explose en vol. Alors que James est laissé pour mort, Steve est plongé dans les profondeurs des eaux de l’Arctique, inanimé et dans un état comparable à celui de la cryogénisation.

Captain America sera retrouvé dans les années 1960 par Les Avengers, un groupe de héros composé de la Guêpe, Giant-Man, Thor, Hulk et Iron Man, entre autres. Il deviendra un élément de poids dans l’équipe et se liera d’amitié avec le Faucon – alias Sam Wilson – l’épaulant à combattre le mal.

 

STEVE ROGERS ET LE MARVEL CINEMATIC UNIVERSE

Marvel Studios se sera grandement inspiré de l’histoire originale de Captain America pour adapter son personnage à l’écran. Incarné par l’excellent Chris Evans, le personnage aura évolué psychologiquement au cours de la timeline du MCU, tout en essayant de conserver le personnage proche des mêmes convictions : combattre le mal et pour ce qui lui semble juste.

 

Accompagné d’une évolution vestimentaire et physique, Captain America s’accrochait d’abord aux préceptes des lois et de la justice comme tout stéréotype de super-héros, mais sortira rapidement de cette image avec Le soldat de l’hiver et plus nettement dans Civil War, une période durant laquelle il décidera de ne plus suivre les règles qui lui seront exigées suite aux évènements d’Avengers : Age of Ultron.

 

Dans Infinity War, Steve est réapparu avec un aspect physique bien différent et plus sombre que d’ordinaire, traduisant également son changement de comportement.

 

Il se pourrait que l’échec de l’équipe face à Thanos et portée par Captain America introduise l’idée que l’abandon du bouclier et des principes moraux du personnage (respect des lois, ne pas tuer ses adversaires…), symbole premier de la justice, ait amené Steve à ne plus réagir et combattre comme avant, précipitant toute l’équipe dans la défaite : ainsi, Captain America ne devrait-il pas remettre en question ses principes et sa moralité pour revenir dans le droit chemin afin de battre Thanos ?

 

Il se pourrait que cette interprétation –et donc tous les films dans lesquels Captain America apparait- traduise une évolution certes implicite mais bien réelle de la psychologie du personnage durant la progression des phases du MCU.

Quoi qu’il en soit, Captain America sera l’un des personnages clés et décisif dans le combat qu’il mènera dans Avengers : Endgame.

 

Essentiellement utilisé pour de la propagande à ses débuts, Captain America aura bien évolué dans les comics, et même à l’écran durant les différentes phases du MCU. Sauvé in extremis par un nouveau scénario imaginé par Stan Lee dans les années 1960, Steve Rogers est resté le symbole de toute une nation et du MCU, témoignant encore de son importance aujourd’hui. Il incarne ainsi chez MARVEL, le combattant assidu prêt à tout pour combattre le mal sous toutes ses formes et dévoué à ses équipiers.

Captain America reprendra le bouclier dans Avengers : Endgame pour livrer le combat de sa vie.

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