JUSTICE LEAGUE : AUX ORIGINES - LA REVIEW

13 Déc 2017

" Justice League : Aux origines" est un recueil édité en France en 2012 et réédité cette année par Urban Comics, regroupant les épisodes 1 à 6 formant le premier arc de Justice League, à l’aube de The New 52. Le récit a été adapté au sein du DC Universe Animated Original Movies sous le titre de Justice League : War. Pour la réécriture et l’illustration de cette origine servant de pierre angulaire au relaunch The New 52 en 2011, DC Comics avait besoin de deux immenses talents derrière les crayons : le scénariste Geoff Johns, responsable de The New 52, et le dessinateur Jim Lee. Il est d’ailleurs important de rappeler que c’est par le biais de ce récit que Geoff Johns fit de Cyborg un membre fondateur de la Justice League. »

Il y a cinq ans, nul ne connaissait l’existence des surhommes, et encore moins celle des superhéros… Avec l’apparition de Superman, Batman, Green Lantern et Wonder Woman, les autorités, effrayées par la puissance de ces individus, les déclarèrent hors-la-loi. Cependant, lorsque Darkseid projeta de conquérir la Terre, les humains durent se placer sous la protection de leur héros. Voici le récit de la première union des plus grands justiciers qui allait bientôt devenir la célèbre Ligue des Justiciers.

GREEN LANTERN : Personne ne nous aime. 

BATMAN : Tout le monde nous craint. Nuance.

GREEN LANTERN : Tu as l’air de trouver ça bien.

BATMAN : Pas bien. Nécessaire.

Le récit débute au cœur de l’action nocturne à Gotham City. Un parademon est poursuivi par Batman sur les toits de la métropole. Ce dernier, considéré comme une menace, est lui-même poursuivi par les hélicoptères du GCPD. Le Chevalier noir réussit malgré tout à se lancer dans un affrontement contre le paredemon, subitement interrompu par l’arrivée de Green Lantern, neutralisant la menace extra-terrestre. La rencontre entre le justicier et le superhéros nous propose un échange inédit, les deux protagonistes ayant une psychologie, un comportement et une expérience différents, rendant leur collaboration improvisée aussi riche que divertissante.

GREEN LANTERN : Fais-toi à l’idée, Batman… Green Lantern peut tout gérer. Et toi, tu sais faire quoi ? Pas voler, déjà.

BATMAN : Non.

GREEN LANTERN : Force surhumaine ?

BATMAN : Non.

GREEN LANTERN : Attends voir. Ne va pas me dire que… tu n’es qu’un pékin moyen déguisé en Dracula ?

BATMAN : Et ça, ça fait quoi ?

GREEN LANTERN : Mon anneau ? Hé, comment tu me l’as ôté ?

BATMAN : Vu qu’il n’y a pas de touche dessus, il doit obéir à la force mentale non ? Et… là-dessus, je te bats.

Pensant que Superman est lié aux parademons et à une motherbox, le duo improbable poursuit son enquête à Metropolis, ce qui donne lieu à un bref combat contre le kryptonien, également suspicieux à leur égard. Au fur et à mesure des pages, le récit introduit plus subtilement les personnages de Cyborg, Flash, Wonder Woman et Aquaman, bien que l’histoire ne laisse aucun temps mort. En effet, la volonté éditoriale était de présenter, assembler et conclure de façon rapide et efficace cette renaissance et ses personnages, tel un divertissement destiné aux non initiés. C’est pour cela que les rencontres et les relations des protagonistes se font uniquement via la progression de l’enquête et surtout, via l’action. Fort heureusement, malgré ces contraintes narratives, la psychologie des personnages et les dialogues sont très travaillés, notamment dans les trois premiers numéros, bien que l’humour répétitif de Green Lantern puisse en rebuter certains, ainsi que les trop nombreuses références à la pop culture, prétexte pour capturer continuellement l'attention d'un nouveau lectorat. En revanche, on apprécie la référence à Patrick Duffy et Victoria Principal, destinée aux plus de 35 ans (concernant les séries "L’homme de l’Atlantide" et "Dallas").

Saluons le choix de Johns, qui a souhaité raconter l’origine d’un des membres de la future Ligue, à savoir, Victor Stone, à travers sa vie quotidienne et sa relation avec son père menant à l’accident qui le fera devenir Cyborg. Le background du personnage se déroulant parallèlement au récit tout en le liant, permet de présenter deux scènes dramatiques plus que bienvenues, contrebalançant l’action principale, nous offrant par conséquent une lecture plus agréable.

VICTOR STONE : Tu m’avais promis d’assister au match. Les recruteurs étaient là pour moi, papa. D’après le coach, chacun m’offrait une bourse universitaire.

SILAS STONE : Et alors ? Je peux te la payer cette bourse.

VICTOR STONE : Donne-le aux bonnes oeuvres ton fric ! Je peux pourvoir à mes besoins.

SILAS STONE : C’est la nature de tes besoins qui me préoccupe mon fils.

VICTOR STONE : J’aime le sport, point. Et je suis doué, tout le monde le dit !

SILAS STONE : "Doué" ? Ouvre les yeux, Victor ! Le monde est en train de changer. Ils sont partout ! Cette nouvelle espèce humaine, capable de voler, d’abattre un mur à mains nues, de courir à une vitesse supersonique. Et tu rêves d’une carrière d’athlète ? D’athlète humain ? Tous tes exploits sont déjà dépassés.

VICTOR STONE : Alors, tu ne viendras jamais assister à mes matchs.

SILAS STONE : Non.

L’un des autres points intéressants et réalistes est la vanité présente chez certains de ces surhommes qui n’en sont qu’à leurs débuts, faisant progressivement place à une humilité suite au constat des qualités complémentaires que chacun apporte aux autres, constituant une alliance nécessaire pour faire face à Darkseid et son armée de parademons. Quant aux scènes dévoilant la naïveté de Wonder Woman, découvrant depuis peu notre monde, elles ont inspiré les scènes de Londres dans le long-métrage de Patty Jenkins, dont la fameuse scène avec le marchand de glace. Le côté tête brulée de Wonder Woman dans le présent récit rend cependant le personnage moins naïf.

Côté illustration, Jim Lee nous a habitué à mieux, bien qu’il s’en sorte correctement pour le genre de Justice League. Il est vrai que la tâche n’était pas aisée, chaque case étant extrêmement remplie de décors, civils et parademons, sans oublier les membres de la Ligue lors de son rassemblement pour l’ultime affrontement. C’est d’ailleurs dès ce moment précis que le scénario rencontre de réelles lacunes. Le récit et l’action sont trop vite expédiés, bien plus que la narration principale qui les précède. L’histoire complète aurait sans nul doute gagné en authenticité si elle s’était étendue sur deux numéros supplémentaires. Cela aurait permis d’approfondir certaines scènes, de prolonger certaines psychologies prometteuses et de rendre le final plus savoureux et épique.

En conclusion, une réécriture sympathique, mais trop hâtive, tel un blockbuster ciblant un grand public. Des psychologies et des relations intéressantes qui sont pourtant délaissées dans les deux derniers chapitres, au profit d’un affrontement final et de son action spectaculaire et expéditive. Ce récit est à mettre avant tout entre les mains de néophytes souhaitant découvrir en un arc, l’univers DC, et c’est d’ailleurs dans ce but précis qu’il a été écrit. Nous pouvons donc dire qu’il tient son rôle, mais ne se révèle pas indispensable auprès des connaisseurs.

7/10

Dernière modification le vendredi, 15 décembre 2017 12:45
Jay

Cinéphile et passionné de comics depuis son plus jeune âge, Jay Viallet est également le scénariste et réalisateur de la série digitale BADY TRASH.

 

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