SUPERMAN/BATMAN : APOCALYPSE - LA CRITIQUE

06 Déc 2017

Nous vous présentons aujourd’hui une critique du neuvième film d’animation du DC Universe Animated Original Movies, "Superman/Batman : Apocalypse". Sorti en France en 2011, ce long-métrage animé est une adaptation du comics "Superman/Batman : Supergirl" de Jeph Loeb (Un long Halloween, Dark Victory, Spider-Man : Blue, Daredevil : Yellow…) et Michael Turner (Fathom, Witchblade, Soulfire).

Lauren Montgomery, à qui l'on doit les films d’animations Wonder Woman, Green Lantern : First Flight, et Justice League : Echec, est la réalisatrice de ce Superman/Batman : Apocalypse. Elle a également co-réalisé avec Sam Liu les films Justice League : Crisis on two Earths et Batman : Year One. Pour le scénario de cette adaptation, nous retrouvons Tab Murphy. En plus d’avoir adapté Batman Year One, il a travaillé pour Walt Disney Pictures sur les scénarios de Tarzan, Le Bossu de Notre-Dame, Atlantide et Frère des ours.

Généralement, les films d’animation DC réussissent à retranscrire les styles des dessinateurs dont les comics sont adaptés, et c’est le cas ici, de la meilleure des manières. Nous ne pouvons que saluer les traits on ne peut plus fidèles au style du talentueux Michael Turner, que ce soit pour les silhouettes, les visages ou encore les costumes. Il en va de même pour l’adaptation du scénario de Jeph Loeb par Tab Murphy, hormis quelques légers détails, la trame scénaristique est ici respectée.

Le film s’ouvre sur des plans aériens nocturnes de Gotham City, où nous entendons simultanément une libre antenne de Radio Gotham abordant la controverse de la surveillance automatique des ballons dirigeables dans les cieux de Gotham City. Nous y entendons également un bulletin d’informations présenté par la fameuse Vicky Vale, évoquant la destruction d’un astéroïde de kryptonite (référence au sixième film d’animation Batman/Superman : Ennemis Publics, qui était lui aussi une adaptation d’un arc de Jeph Loeb). Suite à cela, on y apprend que le pays est victime d’une pluie de météorites. C’est ainsi que dans le ciel de Gotham, après avoir vu les dirigeables évoqués à la radio, nous assistons à la chute d’une boule de feu dans l’une des baies de la ville. Pilotant sa batwing, le Batman amerrit, avant de plonger dans l’eau et de constater la présence de kryptonite et d’un vaisseau. Au même moment, la silhouette d’une jeune femme nue monte dans la batwing, enclenchant malencontreusement l’accélérateur. Batman est alerté de l’intrusion via sa montre connectée, et s’accroche à la batwing. Le véhicule finit par se crasher contre une passerelle, une centaine de mètres plus loin. Batman émerge de la baie afin de se diriger vers les débris en feu. La scène se coupe subitement pour laisser place efficacement au générique d’ouverture. Composé principalement des couleurs bleu, rouge et jaune, il illustre entre autres les logos de Batman et de Superman, le bouclier de Wonder Woman, des symboles kryptoniens ainsi qu’Apokolips et Darkseid. Le thème musical de ce plaisant générique est efficace, bien que stéréotypé par moments. Cette composition musicale, légèrement plus complexe sur le reste du film, est néanmoins captivante.

Nous retrouvons ensuite la jeune femme nue, importunée par des dockers aux comportements misogynes. Cette dernière, par pur réflexe, les met rapidement à terre via sa force surhumaine, avant de prendre la fuite. Elle se fait percuter par une voiture, sans avoir la moindre égratignure. La voiture, en revanche, a subi de gros dégâts suite à cette collision. C’est ainsi qu’elle attire l’attention des dirigeables de surveillance et des voitures de police. Sur l’une d’elles, la jeune kryptonienne utilise sans le vouloir son rayon laser. S’ensuit alors une course-pousuite qui lui fera découvrir un autre pouvoir : celui de voler. Ce n’est pas pour autant qu’elle maitrise sa gravitation, percutant un dirigeable. Batman, impuissant, assiste à la chute de l’engin qui est rapidement maîtrisé grâce à l’arrivée de Superman. Pendant ce temps, le chevalier noir rattrape la jeune femme et l’expose à un fragment de kryptonite afin de la rendre inconsciente.

Bruce scanne le corps de la jeune femme avant que celle-ci ne se réveille et dégrade une partie du matériel de la batcave. Elle s’envole mais est vite immobilisée par Superman. Constatant qu’elle s’exprime uniquement en kryptonien, il engage une conversation avec elle dans leur langue natale. C’est ainsi qu’il apprend qu’elle se nomme Kara Zor-El et est par conséquent sa cousine. Nous assistons dans la scènes suivante à un certain désaccord entre Bruce et Clark à propos de Kara, mise en quarantaine dans la forteresse de solitude le temps qu’elle maîtrise ses pouvoirs. Bruce se montre très dur, méfiant et cynique envers elle, tandis que Clark tente de lui faire comprendre qu’elle n’est pas une menace, étant arrivée sur Terre sans sa volonté, comme lui des années auparavant. Ensuite, direction Metropolis, où Clark fait découvrir à sa cousine les activités des êtres humains via une scène légère et charmante, conclue par cette réplique du kryptonien "Et bien voilà. Shopping, malbouffe, tu es une authentique terrienne ». Le récit suit son court sur Themiscyra, où les amazones s’occupent de former Kara.  

Le récit permet d’introduire Apokolips. Nous y retrouvons avec un réel plaisir cet univers créé par Jack Kirby, dont quelques-uns des protagonistes du "Quatrième Monde", tels Darkseid, les parademons, le plaisant personnage de Mamie Bonheur, doublé par Edward Asner qui l’avait déjà interprété dans la série animée Superman, ainsi que ses Folles Furieuses. Suite au départ de Big Barda sur la Terre, Mamie Bonheur tente tant bien que mal de trouver un nouveau leader adapté pour la troupe des Folles Furieuses. Darkseid l’oblige alors à jeter son dévolu sur Kara.

La trame scénaristique suit son cours sur les 50 minutes restantes, de manière fidèle et agréable. Elle permet de revoir Big Barda, évoquée plus haut, qui est un personnage que DC semble avoir oublié ces derniers temps. Le film propose les meilleurs animations du DC Universe Animated Original Movies en terme de combats, violents à souhait, très fluides et travaillés. Il en va de même pour les couleurs et les décors, riches et authentiques On retiendra la bataille des amazones accompagnées de Batman et Superman contre une troupe de Doomsday sur Themiscyra. Mention également à l'entraînement sanglant des folles furieuses, aux combats sur Apokolips et à l’affontement final dans la ferme des Kent. Les psychologies des personnages et leurs relations parfois tendues suite à des avis divergents, que ce soit entre Kara et les amazones, Kara et Bruce, Bruce et Clark ou Diana et Clark, sont extrêmement bien retranscrites.

En ce qui concerne le doublage en version originale, il est tout simplement excellent. En effet, nous avons droit aux doubleurs originaux de la « Trinité ». Le légendaire Kevin Conroy (Batman la série animée, les jeux vidéos Arkham…) prête sa voix à Batman. Tim Daly, voix originale de la série animée Superman créé par Bruce Timm et Curt Geda double Superman. Susan Eisenberg, quant à elle, retrouve Wonder Woman après l’avoir doublée dans la série animée Justice League (qu’elle interprète également dans les jeux vidéos Injustice). A noter que Supergirl est doublée par la comédienne Summer Glau (Arrow, Firefly, Les 4400).

En conclusion, malgré quelques pépites plus ambitieuses les unes que les autres au fil des années, livrées par DC au sein de son univers animé, Superman/Batman : Supergirl, sorti il y a 6 ans, reste encore à ce jour l’un des meilleurs films du DC Universe Animated Original Movies. Le choix d’adapter de manière très efficace un récit plus dense que la moyenne est à saluer, tant au niveau de l’animation que du scénario et de sa psychologie des personnages, permettant une nouvelle introduction intelligente de Supergirl au sein de l’univers DC telle que Jeph Loeb l’a écrite. L’univers du Quatrième monde avec Darkseid, Barda, Mamie Bonheur et les Folles Furieuses agrémente ce plaisant récit.

9,5/10

Dernière modification le dimanche, 10 décembre 2017 11:25
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Jay

Cinéphile et passionné de comics depuis son plus jeune âge, Jay Viallet est également le scénariste et réalisateur de la série digitale BADY TRASH.