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Critiques Cinéma

A BEAUTIFUL DAY – LA CRITIQUE

Violence, choix artistiques et interprétation unique

A BEAUTIFUL DAY – LA CRITIQUE
A BEAUTIFUL DAY – LA CRITIQUE

Quatrième long-métrage de Lynne Ramsay (réalisatrice de l’excellent « We need to talk about Kevin » avec Tilda Swinton et Ezra « Flash » Miller), « A beautiful day » met en scène le talentueux Joaquin Phoenix (Walk the line, Her, Inherent Vice, Gladiator), accompagné de Ekaterina Samson, Judith Roberts (Orange in the new black), John Doman (Gotham, Blue Valentine, Sur Ecoute) et Alessandro Nivola (The Neon Demon, American bluff, Volte/Face).

Disons le d’emblée, car c’est une évidence, Joaquin Phoenix crève l’écran par son jeu et sa présence, dont le physique rappelle celui de son faux documentaire I’m Still Here réalisé par Casey Affleck. Phoenix ne voulait pas tomber dans les clichés du physique harmonieux et entretenu que l’on trouve dans bon nombre de longs-métrages hollywoodiens, bien au contraire. Dans ce film, nous avons affaire à un exécuteur, mais aussi à un être rempli d’humanité et de traumatisme. Le Prix d’interprétation qu’il a reçu cette année au Festival de Cannes est amplement mérité. Son regard, sa respiration, ses pleurs, sa démarche et sa corpulence forment une addition de jeu authentique, tel un Robert De Niro ou un Chistian Bale. Mentionnons également la performance de Judith Roberts dans le rôle de sa mère, aussi drôle qu’attendrissante.

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L’écriture en revanche, ne méritait probablement pas le Prix du scénario au Festival de Cannes. Sans être faible, elle rappelle le scénario de Taxi Driver dans sa première partie. Le protagoniste est lui aussi un vétéran tentant de sauver une adolescente d’un trafic sexuel. Malgré cela, le récit fonctionne pour le style du film, et surprend même dans sa seconde partie.
L’évolution y est intéressante, dont la relation entre le personnage de Phoenix et sa mère. Il contient également quelques trouvailles propres au cinéma de genre, comme la fameuse scène de la chanson dans la cuisine, la mort particulière de l’antagoniste incarné par Alessandro Nivola, le temps de présence à l’écran de ce même personnage ou encore la scène de Phoenix et de son pistolet au restaurant.

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La photographie et l’étalonnage sont appréciables, mais la mise en scène est clairement plus intéressante, privilégiant le hors champ pour certaines scènes de violence, malgré leur brutalité. La réalisation va jusqu’à utiliser le found footage le temps d’une séquence, via de multiples caméras de surveillance, avec un montage efficace tant sur le plan visuel que sonore. Mention à la scène sous l’eau, où la photographie et le cadrage sont, c’est le cas de le dire, à couper le souffle.
L’utilisation des plans serrés, notamment au début du film, est forte et appuie le style particulier de la réalisatrice. Jonny Greenwood, membre de Radiohead qui avait déjà composé pour The Master et Inherent Vice, nous livre un score percutant, aux notes parfois dissonantes, ne faisant qu’un avec le long-métrage. Une composition efficace qui submerge le spectateur, rappelant par moment celle de Pusher 3 de Refn.

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À tous les niveaux, A beautiful day est clairement un cousin du cinéma de Nicolas Winding Refn, avec ses choix artistiques qui lui sont propres. Le genre de film à visionner le soir seul ou entre cinéphiles à mille lieues des standards d’Hollywood, et que l’on digère ensuite dans l’obscurité en restant devant le générique de fin. Ajoutez-y une performance authentique de Joaquin Phoenix et vous avez là un honnête film de genre. À ne pas mettre devant les yeux du grand public qui n’y trouverait probablement aucun intérêt.

8/10

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