Geostorm - La critique [SPOILERS]

05 Nov 2017

Notre avis sur le très controversé « Geostorm », le dernier film catastrophe signé Dean Devlin, producteur des mastodontes de Roland Emmerich tel qu’Independance Day.

Geostorm est effectivement un film malade, gangréné par un carcan narratif obsolète et déjà vu au cinéma dans tous les films catastrophes précédemment sortis. Devlin singe la mise en scène de Roland Emmerich pour ne produire qu’au final qu’une énième production catastrophe à grand spectacle, mais qui ne marquera jamais les esprits tant il est un concentré de tout ce qu’il y a de plus cliché au cinéma. Pourtant, c’est ultra-divertissant. On n’en attendait pas plus.

Geostorm était déjà un film malade avant même sa sortie. Le long-métrage porté par Gérard Butler devait initialement sortir le 26 mars 2016, mais, en raison de nombreux reshoots, il a vu sa date de sortie repoussée à de maintes reprises à cause de conflits de calendriers au sein de la Warner (le studio privilégiait notamment les sorties de Batman V Superman ou encore la nouvelle adaptation du livre de la jungle porté par Andy Serkis, qui arrivera sur nos écrans en 2018). Malgré les multiples reports d’un film dont le tournage avait pourtant débuté en 2014, Geostorm a pu obtenir sa date de sortie pour le 20 octobre 2017. C’est à penser si la Warner voulait clairement se débarrasser de son bébé qui lui restait sur les bras depuis de nombreuses années. D’un budget faramineux de 120 millions de dollars, le film a débarqué sur nos écrans dans le silence le plus complet, dû à l’absence quasi-totale de campagne marketing (certainement pour limiter les pertes). À ce stade, voici les scores commerciaux et critiques de Geostorm :

  • 182 millions de dollars de recettes totales (pour un budget de 120 millions)
  • 15 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes
  • 5,7/10 sur IMDB
  • 4,3/10 sur Senscritique

Le pitch du film : En 2019, la Terre est menacée par des catastrophes naturelles de plus en plus destructrices. Pour y répondre, le gouvernement américain décide de faire appel à Jake Lawson et une équipe d’astronautes de renommées internationales pour construire le « Deutsche Boy », un dispositif de satellites administrés par une station spatiale internationale afin de contrôler le climat. Tout semble marcher à merveille jusqu’à ce que quelqu’un décide de se servir de « Deutsche Boy » afin d’anéantir l’humanité. Jake Lawson sera en première ligne pour réparer sa création et faire face à l’apocalypse qui menace la Terre.

Alors ? Verdict ?

Geostorm est effectivement un film raté dans ses grandes lignes. La vacuité de la narration est affolante. Tout dans ce film respire le déjà-vu et la facilité dramaturgique. Le long-métrage ne parvient jamais à proposer quelque chose de novateur, préférant se gargariser de ses scènes catastrophes, largement plombées par des effets spéciaux obsolètes qui ne s’inscrivent plus du tout dans une optique de cinéma. Les acteurs subissent ce scénario qui aligne poncif sur poncif hormis un Gérard Butler qui semble se complaire dans le tournage de séries B naïves qui mériteraient des sorties directement en vidéo (La chute de Londres, God of Egypt). On se demanderait presque comment un acteur aussi talentueux qu’Ed Harris soit venu participer à ce gros foutoir.

Le pire dans tout ça, c’est que Geostorm tente de se prendre au sérieux au travers d’une histoire semblable à un complot politique d’envergure internationale. Mais tout est sauvagement abêti par une tendance à recycler de vieilles traditions de films catastrophes. Le méchant de l’histoire est méchant, car il veut juste plus de pouvoir. Mais il n’imagine pas un seul instant qu’en détruisant toute la planète il n’aura plus rien sur quoi gouverner. Les incohérences se font aussi nombreuses. En effet, la station de ceux qui travaillent sur Deutsche Boy abrite une taupe qui travaille pour le méchant qui n’est jamais inquiété jusqu’à l’arrivée de Butler, malgré l’incessante surveillance des lieux. Avant l’explosion finale de la station spatiale, Jake parvient à trouver un vaisseau en parfait état pour s’échapper de la station alors que tout ce qui est autour de ce vaisseau est détruit, le président des USA est choqué de savoir qu’une de ses gardes du corps est fiancée avec le gestionnaire du Deutsche boy alors que cinq minutes plus tôt il lui sommait de l’épouser... Les exemples de cet acabit sont nombreux et démontrent que Geostorm est un film qui n’a aucune cohérence narrative. De plus, les relations entre les personnages sont clichées, dues notamment à des acteurs en roue libre, dans le bon comme le mauvais sens.


Malgré tout, le film reste divertissant à nos yeux. En s’assumant comme intelligente, l’œuvre de Devlin se vautre encore plus et parvient à densifier son côté décérébré et anecdotique, pour le plus grand plaisir de son spectateur. L’action est généreuse, en dépit d’effets spéciaux vraiment limites (le crash de l’avion) qui donnent clairement au film un costaud cachet de nanar.

Bien sûr, nous ne vous conseillons pas Geostorm, keep your money et découvrez-le en VOD un dimanche soir, car des sorties qui valent le coup se bousculent au portillon pour ce mois de novembre (Happy Birthdead, The Foreigner, Justice League, Flatliners, Coco, Le bonhomme de Neige...)

Dernière modification le lundi, 06 novembre 2017 00:14
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LEPROF

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