Logan - notre critique d'un film qui fera date [Sans spoilers]

28 Fév 2017

Bal mortifère et dernier baroud d'honneur d'un Hugh Jackman qui quitte son rôle de sauvage griffu, "Logan" est le Marvel le plus mature dans sa conception dramatique et une des plus grosses réussites du genre super-héroïque. Rendant tout son fil narratif dense et intelligent, Logan s'éloigne des archétypes décevants de 90% des films de supers-héros actuel. Premier de sa catégorie cette année, il place la barre (trop) haute pour les Gardiens de la Galaxie, la Justice League ou Wonderwoman qui ne pourront jamais surpasser une telle proposition de cinéma qui dépasse les strates même de sa portée initiale.

Après deux opus de Wolverine décriés, inégaux et poussifs, James Mangold frappe un coup de force magistral qui ébranle totalement nos préjugés sur les films de supers-héros. Aux antipodes d'un Blockbuster lambda, le film propose un ton dramatique osé, une photographie et ambiance inédite ainsi qu'une violence très crue qui ne nous est pas montrée avec des pincettes.

Visuellement, "Logan" propose quelque chose d'ambitieux. Mangold capte une photographie assez poisseuse et sale, jouant beaucoup avec les multiples décors désertiques mis à sa disposition. Plus fort qu'un Jonas Cuaron qui monopolisait la même utilisation de ces déserts dans Desierto, Mangold en fait un terrain de jeu qui semble se coupler au personnage de Logan. Le décor, comme son/ses protagonistes, est littéralement malade et sur la fin. On multiplie de plus les jeux sonores et visuels à plusieurs reprises, choses que vous verrez dans le film pour ne pas spoiler.

Au niveau du scénario, le film reste assez classique, le noeud de l'intrigue se forgeant autour du personnage de X23. Le fil rouge du film reste plutôt standard et convenu mais le destin de ces personnages que nous suivons depuis quasiment deux décennies transcende littéralement l'histoire de base. La manière ensuite de concevoir et traiter l'action efface certaines maladresses scénaristiques.

Le côté bestial de Logan nous est enfin servi à sa juste valeur. Le personnage vieillit, s'affaiblit mais ne perd rien de son authentique sauvagerie. Des scènes de boucherie sont présentes et justifient totalement les arcanes du personnage. Charles-Xavier est tout aussi efficace dans l'émotion qu'il sait transmettre tout comme la jeune Dafne Keen dans le rôle d'X23. Mais LA star reste Hugh Jackman. Le personnage de Wolverine n'a plus aucun secret pour lui et dans un dernier tour de piste mythique, il explose les compteurs, survole nos espérances et nous entraîne de plein fouet dans cette dernière balade.

Pour revenir à la source même de l'atmosphère du film, ce dernier ne fait pas dans la dentelle. Rude et sans concession au-delà d'un simple gore retrouvable dans d'autres longs-métrages, "Logan" se permet des instants de cruauté assez morbides et difficiles mais traîne surtout des personnages malades et à bout de souffle tout le long, créant inéluctablement une atmosphère lourde et suffocante (qui réussit toutefois au film).

Dernière danse pour celui qui fut notre Logan depuis 17 ans. Devant un film à l'ambition d'auteur nouvelle, Mangold explose les compteurs en prenant tout le monde à revers. Logan n'est pas qu'un simple film de supers-héros, c'est UN grand moment de cinéma. Tout simplement.

 

Dernière modification le mercredi, 01 mars 2017 10:20
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LEPROF

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