Dracula de Luc Besson : Comment le film a-t-il été financé ?

MathieuCinémail y a 1 mois1.1K vues

Ce mercredi 30 juillet, Luc Besson a dévoilé son nouveau film : une réadaptation du conte gothique et horrifique Dracula, avec Caleb Landry Jones, sa muse depuis Dogman, et Christoph Waltz. Un film d’auteur dont la facture est particulièrement élevée pour une production dite “française”, avec un budget de 45 millions d’euros.

Une somme qui interpelle, tant EuropaCorp, qui finance en partie le film, traverse depuis plusieurs années de douloureux déboires financiers depuis le fiasco commercial de Valérian et la Cité des Mille Planètes en 2017. Depuis, la société de production a drastiquement réduit ses activités avant d’être rachetée en 2020 par les Américains de Vine Alternative Investments.

Pour Luc Besson, si l’activité de cinéaste s’est poursuivie, ses films ont rencontré des résultats en demi-teinte : l’échec du pourtant efficace Anna en 2019 (732 000 entrées en France) suivi de Dogman en 2023 (289 000 entrées) n’auraient pas laissé présager qu’EuropaCorp lui confie à nouveau un projet de cette ampleur. Alors, dans quel état financier se trouve aujourd’hui EuropaCorp ?

Selon les chiffres de Finanzwire, EuropaCorp a clôturé son exercice 2025 avec un chiffre d’affaires net de 32 millions d’euros. Toujours selon Simply Wall St, les fonds propres de la société avoisinent zéro, tandis que sa dette nette s’élève à environ 28 millions d’euros. En parallèle, l’entreprise dispose d’environ 40 millions d’euros de trésorerie. Ce matelas lui a permis de rembourser 5,8 millions d’euros à ses créanciers au titre de son plan de sauvegarde. EuropaCorp doit donc vivre de son “cash flow” annuel, estimé à 20,6 millions d’euros, utilisé à la fois pour rembourser la dette et financer de nouveaux projets.

Le “cash flow”, ou flux de trésorerie, correspond à l’argent réellement généré par les activités de l’entreprise (ventes internationales, exploitation des films). Cela signifie que la société reste fragile et doit éviter tout nouvel échec majeur pour espérer retrouver sa pleine résilience financière.

Valérian © Europacorp
Valérian © Europacorp
Coucou, c’est moi qui ai tué la société de Luc.

Mais alors, d’où viennent les 45 millions d’euros nécessaires à Dracula: A Love Tale ?

Le film n’est pas financé uniquement par EuropaCorp : il s’agit d’une coproduction associant plusieurs sociétés : LBP Productions, TF1 Films Productions, SND, Actarus Productions, Kinology, ainsi qu’EuropaCorp.

Selon les estimations industrielles (Wikipédia évoquant une fourchette proche), EuropaCorp aurait apporté environ 15 à 20 millions d’euros, soit une mobilisation significative de sa trésorerie, mais sans risque suicidaire grâce aux préventes internationales déjà sécurisées.

En effet, selon IMDB et les communiqués d’EuropaCorp, Kinology aurait présenté le film dès le Marché du Film de Cannes, suscitant des préventes encourageantes à l’international, représentant une part importante du financement avant la sortie.

Il faudra cependant attendre les premières semaines d’exploitation en salles pour mesurer le véritable succès de ce pari ambitieux.

Rendez-vous dès aujourd’hui dans les cinémas pour découvrir Dracula: A Love Tale.

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